Wall Street bien partie pour prolonger sa hausse avant la Fed information fournie par Zonebourse 27/10/2026 à 13:37
Les marchés actions américains devraient poursuivre leur progression à l'ouverture de la séance ce mardi, en amont de la décision de politique monétaire de la Fed qui sera rendue demain soir à 19h. Les investisseurs réagiront aussi aux résultats de Boeing et Coca-Cola. Avant les premiers échanges, le Dow Jones devrait progresser de 0,28%. Le S&P 500 et le Nasdaq sont attendus en hausse de respectivement 0,40% et 0,59%.
Demain soir, les marchés surveilleront de près les signaux sur la trajectoire des taux de la Fed ainsi que le discours du président Kevin Warsh qui permettra d'en savoir davantage sur ses intentions.
Consensus autour d'un statu quo pour les taux directeurs
Mabrouk Chetouane, directeur stratégie marchés internationaux & Romain Aumond, macroéconomiste et stratégiste chez Natixis Investment Managers estiment ainsi que "Le taux des fonds fédéraux restera donc inchangé dans une fourchette comprise entre 3,75 et 4%. Les investisseurs continuent par ailleurs de penser qu'une hausse de taux est hautement probable en décembre prochain." Les deux analystes justifient cette pause monétaire par l'état actuel du marché du travail : "Celui-ci ne présente pas de déséquilibre substantiel et ne plaide pas en faveur de la manifestation d'effets de second tour qui pousseraient les salaires à la hausse. De plus, la croissance du PIB, dont le niveau effectif devrait être au voisinage de son potentiel, n'est pas suffisante pour pousser les prix sous-jacents à la hausse. Un tel contexte justifie pleinement le statu quo."
De son côté, Kevin Thozet, membre du comité d'investissement de Carmignac partage ce constat : "Avec tout juste deux points de base de resserrement intégrés dans les anticipations pour la réunion d'octobre, les marchés misent très largement sur un statu quo. Difficile pour autant de crier victoire ! L'inflation s'établit pour le moment à 3,7%, le chômage reste contenu à 4,2% et la croissance continue d'évoluer au-dessus de son potentiel. Les créations d'emplois ont certes ralenti en septembre, mais dans une économie de plein emploi, difficile d'y voir le signal de pressions récessives imminentes. L'inflation reste confortablement (ou plutôt inconfortablement) au-dessus de l'objectif de 2% de la Fed. A s'en tenir aux seules données économiques, une nouvelle hausse des taux ne serait donc pas déraisonnable."
Les tensions au Moyen-Orient soutiennent les cours du brut
En parallèle des enjeux monétaires, les marchés gardent les yeux rivés sur les tensions au Moyen-Orient, où les combats sont loin de s'estomper.
La coalition militaire menée par l'Arabie saoudite a confirmé ce mardi avoir abattu trois missiles balistiques tirés par les Houthis du Yémen vers l'est du royaume.
En quête d'apaisement diplomatique, l'Iran a tenu hier de "très bonnes discussions" avec des responsables du Pakistan, de la Turquie et de l'Arabie saoudite, a indiqué Mohsen Rezaï, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien. Téhéran et ces trois pays membres du pacte de défense de La Mecque ont convenu de poursuivre ces discussions après cette première réunion dans la capitale iranienne, a rapporté la télévision d'État iranienne. L'objectif est de renforcer la coopération (...), notamment en matière de paix dans la région et de sécurité.
Toutefois, le risque d'un embrasement n'est pas écarté, comme le souligne LBP AM : "Les rumeurs récentes d'une possible re-escalade dans le conflit entre les Etats-Unis, Israel et l'Iran après les élections législatives américaine de début novembre ont augmenté les pressions sur les prix des hydrocarbures. Le prix du baril de Brent s'établit proche de 117 dollars, alors que le prix du gaz en Europe casse des nouveaux records, s'approchant de 100 euros le MWh.
Dans ce climat géopolitique toujours délétère, les cours du pétrole sont orientés à la baisse. Après 13h30, le prix du Brent cède 0,69% à 109,98 dollars. Le WTI américain recule de 1,01% à 100,73 USD.
Prévisions 2026 relevées pour Coca-Cola, Boeing réduit ses pertes
Hormis les tensions géopolitiques incessantes, l'attention des marchés se portera aussi sur les résultats d'entreprises dont ceux de Boeing et de Coca-Cola.
La marque phare de sodas aux Etats-Unis a dégagé un chiffre d'affaires de 13,4 MdsUSD au 3e trimestre, en progression de 7%. La marge d'exploitation s'est élevée à 33,4%, contre 32% l'année précédente il y a un à la même période. Le bénéfice par action (BPA) a progressé de 8 % pour s'établir à 0,93 USD. Le groupe a rehaussé ses prévisions pour l'exercice 2026 : les revenus sont attendus au minimum en croissance de 5% contre environ 5% précédemment. Le BPA comparable est attendu en hausse d'au moins 11% contre une fourchette précédente comprise entre 9 et 10%.
Boeing est parvenu a considérablement réduire ses pertes au 3e trimestre 2026, en s'appuyant sur la hausse de son chiffre d'affaires et sur une forte amélioration de sa génération de trésorerie. L'avionneur a enregistré une perte nette de 116 MUSD contre une perte de 5,34 MdsUSD un an plus tôt, soit une réduction de près de 98%.
De son côté, PayPal publie un BPA ajusté en hausse de 8%, à 1,45 USD, au titre du 3e trimestre 2026, dépassant ainsi largement l'estimation moyenne des analystes, qui ressortait à 1,31 USD, avec une marge d'exploitation ajustée en amélioration d'environ 0,2 point, à 18,8%. Son chiffre d'affaires s'est accru de 2%, à 8,58 MdsUSD ( 1% à taux de change constants). Confiant dans sa trajectoire, l'entreprise américaine de service de paiement en ligne relève ses objectifs annuels, visant désormais un BPA ajusté de l'ordre de 5,60 USD pour l'ensemble de l'année 2026 (contre 5,31 USD en 2025), alors qu'il anticipait précédemment un BPA d'environ 5,38 USD.
Hier, JetBlue Airways a dévoilé ses résultats. La compagnie aérienne a enregistré un fort creusement de ses pertes au 3e trimestre, en raison de l'envolée des coûts du carburant. Malgré des résultats inférieurs aux attentes des analystes, le groupe met en avant la résistance de la demande et l'amélioration de ses recettes unitaires pour défendre les perspectives de son plan de redressement.
Hormis les résultats d'entreprises, l'actualité est dense aux Etats-Unis.
Bank of America, Blackstone, Citi et Morgan Stanley ont annoncé un montage de 63 milliards de dollars destiné à l'achat de puces d'intelligence artificielle fournies par Broadcom. Une opération gigantesque qui révèle aussi une nouvelle facette du boom de l'IA. Les fabricants de semi-conducteurs ne se contentent plus de vendre leurs équipements, ils participent désormais au partage des risques financiers.
De son côté, Applied Materials a annoncé son intention d'augmenter sa participation dans le fabricant néerlandais d'équipements pour semi-conducteurs BE Semiconductor Industries (BESI), en passant d'environ 9 à 20% du capital. Déjà premier actionnaire du groupe depuis avril 2025, l'entreprise américaine souhaite approfondir sa coopération technologique dans les procédés avancés d'assemblage des puces, notamment destinées à l'intelligence artificielle. Cette montée au capital doit lui permettre de renforcer sa position sur un marché porté par les besoins croissants en puissance de calcul.
En outre, selon des informations du Wall Street Journal, DoorDash serait en négociations avancées pour racheter Instacart dans le cadre d'une transaction valorisant le spécialiste américain de la livraison de courses alimentaires à environ 17 milliards de dollars. Un accord pourrait être conclu dès mercredi, même si l'issue des discussions reste incertaine. Les négociations parallèles menées par Instacart avec Uber auraient désormais pris fin, faisant de DoorDash le principal candidat à une acquisition.
Microsoft a lancé un nouveau programme de départs volontaires qui pourrait concerner environ 60 000 salariés aux États-Unis, au Canada, en Inde et au Royaume-Uni. Cette initiative s'inscrit dans une réorganisation destinée à adapter les effectifs et les coûts du groupe, alors que ses investissements dans les infrastructures d'intelligence artificielle continuent de progresser. Elle intervient six mois après un premier dispositif de retraite volontaire proposé en avril à environ 7% des salariés américains.