Wall Street attendue dans le rouge, la peur de la "stagflation" fait son retour
information fournie par Zonebourse 18/08/2026 à 15:10

La Bourse de New York devrait poursuivre son repli mardi matin, les investisseurs se montrant de plus en plus prudents face à la remontée constante des prix du pétrole et à l'évolution de plus en plus préoccupante des rendements obligataires.

A ce stade de la journée, les contrats à terme de Wall Street signalent une ouverture en baisse, sur des scores compris entre 0,2% et 1,2%, après le recul de la veille.

Depuis près d'une semaine, les marchés mondiaux restent minés par plusieurs incertitudes, à commencer par l'absence totale de perspectives de résolution du conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, qui soutient les cours pétroliers et relance les craintes d'un retour des pressions inflationnistes.

Pour la première fois en deux semaines, le baril de Brent est repassé au-delà de la barre des 90 dollars. Il se traite actuellement à 91,2 dollars ( 0,4%) tandis que le WTI reprend 0,6% à 84,2 dollars.

Le risque d'une stagflation revient

Alors qu'ils misaient jusqu'ici sur le pari gagnant des "goldilocks", caractérisés par une croissance solide et une inflation maîtrisée, les investisseurs redoutent désormais que la posture géopolitique agressive du président Donald Trump maintienne durablement les prix du pétrole sous tension, alimentant du même coup l'inflation tout en pesant sur l'activité économique.

C'est en tout cas la thématique que semblent désormais jouer les intervenants : celle d'une "stagflation" marquée par une inflation plus élevée et une croissance plus faible.

"Si la croissance venait à fléchir, le soutien fondamental aux actifs risqués disparaîtrait", rappelle Henry Allen, stratège de marchés chez Deutsche Bank.

"Il ne serait même pas nécessaire d'entrer en récession franche : plusieurs passages à vide de la croissance ces dernières années l'ont bien montré", ajoute-t-il.

"On pense notamment aux vagues de vente appuyées de la période de 2015-2016 et de fin 2018, lorsque la pérennité du cycle d'expansion avait été remise en question", précise l'analyste.

Au vu du flou artistique entretenu par le nouveau président de la Fed quant à l'évolution de la politique monétaire, il reste difficile de prévoir comment la banque centrale réagirait face à ce risque croissant.

Bonne nouvelle du côté des prix, l'indice des prix à l'exportation a reculé de 1,3% en juillet, alors qu'il était attendu en légère progression de 0,2%, a annoncé ce matin le Département du Travail.

De son côté, les prix à l'importation se sont affaissés de 0,4%, alors que les analystes tablaient sur un petit rebond de 0,1%.

La volatilité remonte, les taux longs aussi

Signe de la fébrilité ambiante, l'indice VIX de la volatilité, qui avait atteint des plus bas annuels la semaine dernière, repart à la hausse, prenant près de 4%, non loin de 15,8 points.

Parallèlement, les rendements de référence se tendent de nouveau pour revenir vers des pics depuis le début de l'année : celui du dix ans américain progresse de 1,6 point de base à 4,74%, à quelques encablures de son record annuel de 4,7470%.

Il s'agit de sommets depuis janvier 2025.

Toutes ces préoccupations pourraient inciter les investisseurs à se défaire de leurs actifs risqués, à commencer par les valeurs technologiques jugées fortement valorisées.

La remontée des rendements obligataires est en effet de nature à pénaliser les actions américaines en bouleversant totalement les règles du jeu de l'investissement.

Face au renchérissement du coût du capital, les spécialistes de l'IA - qui cherchent à lever massivement des fonds à l'heure actuelle - pourraient bientôt se trouver en situation difficile pour capter les sources de financement disponibles.