Wall Street affiche des pertes, USA-Iran : l'escalade ou l'accord
information fournie par Zonebourse 21/05/2026 à 17:24

Plus de 90 minutes après l'ouverture de la séance, les Bourses américaines sont sous pression, au lendemain de la présentation des solides résultats trimestriels de Nvidia. Sur le plan géopolitique, Donald Trump a relaté que la situation avec Téhéran était "sur le fil". Elle pourrait tout aussi bien déboucher sur un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient que sur une nouvelle vague de frappes contre l'Iran. Vers 17h15, le Dow Jones cède 0,10% à 49 961,66 points et le Nasdaq se replie de 0,48% à 26 144,96 points.

"Nous verrons bien ce qui va se passer. Soit nous parviendrons à un accord, soit nous prendrons des mesures un peu plus sévères. Mais j'espère que cela n'arrivera pas", a déclaré le président américain devant des journalistes, depuis la base militaire d'Andrews (Maryland). "C'est sur le fil, croyez-moi. Si nous n'obtenons pas les bonnes réponses, cela peut aller très vite. Nous sommes tous prêts à agir. Il faut obtenir les bonnes réponses. Elles devront être entièrement, à 100%, satisfaisantes", a formulé aussi le locataire de la Maison Blanche.

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, par ailleurs, accusé les États-Unis de vouloir "déclencher une nouvelle guerre" contre son pays.

Les gardiens de la révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont quant à eux promis d'étendre la guerre "au-delà de la région" du Moyen-Orient, si les États-Unis et Israël attaquaient de nouveau leur pays.

En outre, l'Iran a dit "examiner" une nouvelle proposition des États-Unis dans le cadre de la visite à Téhéran du ministre pakistanais de l'Intérieur Mohsen Naqvi, dont le pays est médiateur entre les deux belligérants.

Téhéran a réaffirmé au passage ses exigences : "le dégel des avoirs iraniens bloqués" à l'étranger et la fin du blocus américain des ports iraniens.

Le chef de l'armée pakistanaise, Asim Munir, se rendra à Téhéran ce jeudi dans le cadre des efforts de médiation en cours du Pakistan dans les discussions et consultations entre Téhéran et Washington concernant cette guerre, selon l'agence de presse ISNA.

De plus, Mojtaba Khamenei, le guide suprême iranien, a sommé que "l'uranium enrichi à un niveau proche de celui nécessaire à la fabrication d'armes nucléaires reste en Iran", rapporte des sources citées par Reuters. Le leader chiite a été clair : aucun stock d'uranium enrichi ne doit quitter le pays. Les responsables iraniens estiment en effet que l'exportation de ce matériau rendrait le pays plus vulnérable à de futures attaques américaines ou israéliennes.

Cette déclaration éloigne donc la perspective d'une négociation rapide avec les Etats-Unis, alors que Trump a répété à de nombreuses reprises que l'obtention de l'arme atomique par Téhéran constituait une ligne rouge absolue.

Dans ce contexte géopolitique pesant, les cours du pétrole repartent à la hausse. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord progresse de 2,31% à 107,47 dollars. Son équivalent américain, le baril de WTI avance de 2,46% à 101,24 USD.

Concernant l'or noir d'ailleurs, le marché pétrolier pourrait entrer dans une "zone rouge", avec une pénurie d'offres en "juillet ou en août", en l'absence d'issue durable au conflit au Moyen-Orient, a averti ce jeudi le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) Fatih Birol.

Nvidia en recul malgré des prévisions trimestrielles supérieures aux attentes

Du coté des sociétés cotées, Nvidia se replie de près de 2% alors que le géant américain des processeurs a publié hier des prévisions de chiffre d'affaires supérieures aux attentes de Wall Street et annoncé un programme de rachat d'actions de 80 MdsUSD, confirmant la vigueur persistante de la demande mondiale liée à l'intelligence artificielle. Le société multinationale américaine de technologie prévoit pour son deuxième trimestre des revenus à 91 MdsUSD, à plus ou moins 2%, contre 86,84 Mds attendus par les analystes selon LSEG.

La première capitalisation boursière mondiale a dévoilé la veille également des résultats robustes au premier trimestre de son exercice décalé 2026/2027. Le bénéfice net s'élève à 58,3 MdsUSD, soit un bond de 211% sur un an. Il a plus que triplé par rapport à la même période de l'année précédente. Le chiffre d'affaires ressort à 81,6 MdsUSD, soit une forte hausse de 85% en glissement annuel.

De son côté, Walmart dévisse de 7% en dépit de bons résultats au premier trimestre de son exercice 2026-2027. Sur la période, le BPA ajusté est en hausse de 8,2% à 0,66 USD, en ligne avec l'estimation moyenne des analystes. Son résultat opérationnel ajusté s'est accru de 5,1% à 7,5 MdsUSD hors effets de change. A 177,8 MdsUSD, les ventes du numéro un mondial de la grande distribution ont augmenté de 7,3% ( 5,9% à changes constants), dont une hausse de 4,1% des ventes comparables hors carburant pour Walmart US, portée à hauteur d'environ 5,3 points par les ventes en ligne. Walmart laisse inchangés ses objectifs annuels et précise viser, pour le trimestre en cours, un BPA ajusté compris entre 0,72 USD et 0,74 USD, ainsi qu'une croissance à changes constants de 7% à 10% de son résultat opérationnel ajusté et de 4% à 5% de son chiffre d'affaires.

Le constructeur d'équipements agricoles et forestiers John Deere (-7,65%) a dévoilé un bénéfice net en baisse de 2% à 1,77 MdUSD au titre de son second trimestre 2025-2026 (clos le 3 mai), soit 6,55 USD par action, malgré des revenus en croissance de 5% à 13,37 MdsUSD.

IBM grimpe de plus de 7% après avoir annoncé la signature d'une lettre d'intention avec le Département américain du Commerce visant à construire une fonderie de puces quantiques aux Etats-Unis, avec l'objectif affiché que le pays parvienne à capter la plus grande partie de la production mondiale de wafers quantiques.

Birkenstock a annoncé jeudi avoir confié à Goldman Sachs un mandat visant à racheter pour 250 millions de dollars de ses propres actions dans le cadre d'un programme accéléré, face à un cours de Bourse qu'il estime déconnecté de ses fondamentaux.

Par ailleurs, OpenAI (détenu en partie par Microsoft) s'apprête à déposer de manière confidentielle un premier projet de prospectus d'introduction en Bourse, selon des informations confirmées par CNBC. Le spécialiste de l'intelligence artificielle, valorisé à plus de 850 MdsUSD sur les marchés privés, travaillerait avec plusieurs grandes banques d'affaires, dont Goldman Sachs et Morgan Stanley, afin de préparer cette opération. Le groupe envisagerait une entrée en Bourse dès le quatrième trimestre 2026, dans ce qui pourrait devenir l'une des plus importantes introductions de l'histoire des marchés financiers.

Inflation : la Fed anticipe de nouvelles hausses de taux

Outre la publication de Nvidia, les investisseurs ont pris connaissance des Minutes de la Fed hier. Les responsables de la Réserve fédérale américaine ont évalué lors de leur dernière réunion qu'un relèvement des taux d'intérêt pourrait devenir indispensable si la guerre avec l'Iran continuait d'entretenir l'inflation.

Malgré le fait que la Fed a finalement laissé inchangé son principal taux directeur dans une fourchette de 3,5% à 3,75%, les discussions ont démontré des divergences grandissantes au sein du comité monétaire. La réunion a été marquée par quatre votes dissidents, une situation inédite depuis 1992.

Côté statistiques, le Département du Travail des Etats-Unis indique avoir comptabilisé 209 000 nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage lors de la semaine du 13 mai, un chiffre en baisse de 3 000 par rapport au niveau de la semaine précédente (qui a été révisé à la hausse, de 211 000 à 212 000) et finalement assez proche des attentes du consensus qui tablait sur 210 000 nouvelles inscriptions.

En outre, L'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie s'est très nettement dégradé en mai en passant de 26,7 à -0,4 point, là où les analystes tablaient sur 17,6.