* REX de 4,55 mds au T2 contre 1,9 md un an auparavant
* La marge opérationnelle de la marque VW dépasse l'objectif
2020
* Pas de provisions supplémentaires pour le scandale du
diesel
par Andreas Cremer
BERLIN, 27 juillet (Reuters) - Volkswagen VOWG_p.DE a
relevé jeudi sa prévision de chiffre d'affaires pour l'ensemble
de l'exercice 2017 après avoir fait état de profits supérieurs
aux attentes au deuxième trimestre grâce à des réductions de
coûts et au lancement de nouveaux modèles à plus forte marge par
sa marque VW.
Le premier constructeur automobile européen a dit s'attendre
à ce que ses facturations augmentent de plus de 4% par rapport à
leur niveau record en 2016 à 217 milliards d'euros. Il tablait
précédemment sur une progression allant jusqu'à 4% .
Le résultat d'exploitation est ressorti à 4,55 milliards
d'euros au deuxième trimestre contre 1,90 milliard un an
auparavant et 4,49 milliards attendu par les analystes
interrogés par Reuters.
Les profits de la marque VW, la principale division du
constructeur, fragilisée par le scandale des émissions
polluantes des moteurs diesel en 2015, ont augmenté de 12% à 907
millions d'euros à la faveur de réductions de coûts,
d'amélioration de la R&D et de la production et du lancement de
plusieurs SUV à plus fortes marges.
Le redressement de la marque VW, qui a aussi souffert de
coûts de production élevés en Allemagne et de dépenses
excessives en R&D, est perçu par les investisseurs comme
déterminant pour permettre au groupe de surmonter le coûteux
scandale du diesel.
Sa marge opérationnelle a bondi à 4,4% sur la période contre
2,9% un an auparavant et dépasse l'objectif d'au moins 4% que le
groupe s'était fixé pour 2020. Mais elle demeure inférieure à
celle d'autres grands constructeurs européens comme PSA Peugeot
Citroën PEUP.PA ou Renault RENA.PA .
"Je suis fermement convaincu que notre situation financière
nous permet d'affronter la transformation de l'industrie
automobile et les grands sujets d'avenir", a déclaré le
directeur financier Frank Witter au lendemain de l'annonce par
la Grande-Bretagne qu'elle entend mettre fin à la
commercialisation de voitures à essence ou diesel à partir de
2040, un engagement également pris par Paris.
Signe de l'amélioration de sa situation, VW n'a pas annoncé
de nouvelles provisions pour les litiges encourus au titre du
scandale des émissions polluantes des moteurs diesel qui l'a
déjà conduit à mettre de côté 22,6 milliards d'euros afin de
couvrir d'éventuelles amendes, dédommagements et rappels.
Après un entretien jeudi avec la ministre de l'Environnement
Barbara Hendricks, le président du directoire Matthias Müller a
indiqué que le groupe proposerait la rénovation de quatre
millions de moteurs diesel le 2 août, lors d'une réunion entre
constructeurs et autorités portant sur les moyens d'éviter leur
interdiction dans les grandes villes.
Le rétablissement de VW est en partie terni par l'ouverture
d'enquêtes par la Commission européenne et l'autorité allemande
de la concurrence sur des pratiques anticoncurrentielles
présumées de sa part comme des autres constructeurs allemands.
VW a minimisé cette controverse après la réunion mercredi
d'un conseil de surveillance extraordinaire qui lui était
consacré en disant que la coopération entre constructeurs sur
des questions techniques était une pratique habituelle dans le
secteur. Le groupe s'est toutefois refusé à tout commentaire sur
les suspicions de pratiques anticoncurrentielles qui le visent.
Vers 10h00 GMT, l'action VW recule de 1,5% à la Bourse de
Francfort tandis que celles de ses concurrents Daimler et BMW
abandonnent respectivement 0,71% et 1,1%.
"Les résultats de VW sont conformes aux attentes. Mais les
valeurs de l'automobile vont rester sous pression du fait des
suspicions de pratiques anticoncurrentielles", a dit Frank
Schwope, analyste chez NordLB qui est à l'achat sur VW.
"VW est exposé à une amende de plusieurs milliards d'euros
si ces accusations se révèlent fondées", a-t-il ajouté.
Le groupe a confirmé ses objectifs 2017 d'une marge
d'exploitation comprise entre 6% et 7%, après 6,7% en 2016.
(Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique
Tison)