PEKIN, 21 décembre (Reuters) - Le groupe chinois Didi
Chuxing, l'un des principaux concurrents internationaux d'Uber,
a annoncé jeudi une levée de fonds de quatre milliards de
dollars (3,4 milliards d'euros) dans le cadre d'un nouveau tour
de table destiné à financer son développement hors de Chine et
dans les nouvelles technologies.
Mubadala Capital, le fonds souverain d'Abou Dhabi, fait
désormais partie des actionnaires du spécialiste des voitures de
tourisme avec chauffeur (VTC), ont dit à Reuters deux sources
proches du dossier, précisant que cette levée de fonds
valorisait la société à plus de 50 milliards de dollars.
Mubadala n'était pas disponible dans l'immédiat pour
commenter l'information.
Le géant japonais des nouvelles technologies SoftBank
9984.T , déjà présent au capital du groupe, a participé à la
nouvelle levée de fonds, a déclaré un porte-parole, sans
préciser le montant de son investissement.
"Avec de substantielles réserves de liquidités, Didi prévoit
d'augmenter ses investissements dans l'intelligence artificielle
et les technologies", a déclaré le spécialiste des VTC.
Une valorisation de plus de 50 milliards de dollars
placerait Didi au niveau d'Uber, voire au-dessus: fin novembre,
une source proche du dossier a en effet déclaré que SoftBank
proposait d'acheter des actions Uber sur la base d'une
valorisation de 48 milliards de dollars.
Didi a connu une rapide croissance à l'étranger au cours de
l'année écoulée après avoir assis sa domination en Chine avec le
rachat en 2016 des activités locales d'Uber.
Reuters a rapporté il y a deux semaines que Didi voulait
entre sur le marché mexicain en 2018.
Le groupe chinois a par ailleurs investi dans plusieurs
concurrents d'Uber à travers le monde, parmi lesquels
l'américain Lyft, le brésilien 99, l'indien Ola, l'estonien
Taxify ou encore Careem, société basée au Moyen-Orient.
Parmi les autres actionnaires de Didi figurent Apple
AAPL.O et Alibaba BABA.N .
Selon le Wall Street Journal, Didi dispose de 12 milliards
de dollars de liquidités après sa dernière levée de fonds contre
3,5 milliards il y a deux ans.
(Cate Cadell, avec la contribution de Ritsuko Ando, Benoit Van
Overstraeten pour le service français, édité par Marc Angrand)