Volkswagen-Les salariés menacent de faire grève si les accords ne sont pas respectés
information fournie par Reuters 23/10/2026 à 14:11

(Actualisé avec details, contexte et citation §7-11)

Les dirigeants syndicaux allemands ont menacé d'organiser des grèves chez Volkswagen VOWG.DE à partir de janvier, si l'entreprise ne revient pas d'ici fin octobre sur sa récente annulation des accords salariaux, marquant ainsi une escalade des conflits sociaux au sein du groupe.

"Nous donnons à l'entreprise jusqu'à la fin du mois d'octobre pour retirer cet avis de résiliation", a déclaré Thorsten Groeger, du syndicat IG Metall, lors d'une conférence de presse.

"Sinon, un processus de grande ampleur sera enclenché qui, je tiens à le préciser, ouvrira la voie à des actions collectives chez Volkswagen", a-t-il ajouté, suggérant des grèves.

Une trêve excluant toute grève au sein de l’entreprise expire le 1er janvier 2027.

Le premier constructeur automobile européen prévoit de supprimer 100.000 emplois et pourrait fermer jusqu’à quatre usines en Allemagne, alors qu’il est confronté à une concurrence chinoise de plus en plus intense, à des milliards de coûts liés aux droits de douane et à une transition coûteuse vers les véhicules électriques.

Le conflit avec les délégués du personnel au sujet des réductions prévues a atteint son paroxysme le mois dernier, lorsque Volkswagen a résilié la quasi-totalité des accords salariaux conclus avec ses salariés allemands, remettant ainsi sur la table des négociations des normes de travail établies de longue date, notamment en matière de temps de travail et d’indemnités de congés payés.

Le syndicat accuse le constructeur de se soustraire aux engagements pris dans le cadre d’un accord historique conclu fin 2024, tandis que Volkswagen affirme explorer toutes les options possibles pour réduire les coûts et préserver sa compétitivité.

Le comité d'entreprise a déclaré lundi que son directoire prévoyait de geler les salaires de 660.000 salariés à travers le monde jusqu'en 2030.

"Nous savons quelles conditions d'exploitation ont changé, mais nous savons aussi lesquelles étaient prévisibles, et nous attendons du directoire le mieux rémunéré de ce pays qu'il travaille avec nous pour trouver une solution", a commenté la présidente du comité d'entreprise, Daniela Cavallo.

Le groupe a refusé de s'exprimer sur les mesures spécifiques de réduction des coûts et de restructuration qu'elle pourrait mettre en œuvre dans le cadre des négociations salariales allemandes, qui doivent débuter au plus tard début décembre, Thorsten Groeger ayant appelé à ce qu'elles commencent dès le 24 novembre.

Une option pourrait être la création d'une "société de transfert", mise en place avec le soutien de l'Agence fédérale pour l'emploi afin de reconvertir les salariés et de les aider à trouver un nouvel emploi en dehors de Volkswagen.

(Rédigé par Christoph Steitz; Version française Rihab Latrache, édité par Augustin Turpin)