Volkswagen face à des décisions douloureuses pour déterminer son avenir
information fournie par Reuters 09/07/2026 à 10:59

La production des modèles Golf VIII et Tiguan de Volkswagen à Wolfsburg

par Rachel More et Christina Amann

La proposition de Volkswagen de supprimer ‌des dizaines de milliers emplois et de fermer quatre usines allemandes sera soumise à un test décisif ce jeudi, les groupes contrôlant le plus grand constructeur automobile ​européen se réunissant dans la journée pour discuter de ces plans.

Dans le même temps, les salariés prévoient de manifester à travers l'Allemagne pour protester contre cette restructuration.

Confronté à des coûts élevés et à des surcapacités sur son marché intérieur, à une concurrence chinoise croissante et aux droits de douane américains sur les importations, Volkswagen ​subit une pression sans précédent pour restructurer le modèle économique qui a fait le succès du groupe pendant des décennies.

Lors de la réunion du conseil de surveillance prévue jeudi au siège de Volkswagen, dans la ​ville allemande de Wolfsburg, dont le début est prévu à 12h30 GMT, le président ⁠du directoire Oliver Blume devra convaincre les représentants syndicaux d'accepter des coupes importantes à l'échelle du groupe, qui comprend les marques Audi et Porsche.

Il ‌subit également la pression des familles Porsche et Piech qui ont vu la valeur boursière de leurs principaux investissements fondre de plusieurs dizaines de milliards d’euros ces dernières années.

Un porte-parole de Volkswagen a déclaré que l’entreprise partageait les inquiétudes des salariés quant ​à l’avenir, mais qu’elle réduisait la complexité de ses activités ‌et se concentrait sur les technologies afin de créer les conditions nécessaires à sa réussite dans un environnement de ⁠plus en plus exigeant.

"Nous rationalisons notre portefeuille d’investissements et simplifions nos structures d’entreprise", a déclaré le porte-parole dans un communiqué envoyé par e-mail. "Et oui, nous devrons également réduire nos surcapacités."

UN PLAN DE RESTRUCTURATION SANS PRÉCÉDENT

Dans le cadre de ce qui serait la plus grande restructuration du groupe à ce jour, certaines sources ont indiqué ⁠que Oliver Blume envisageait la fermeture ‌de quatre usines allemandes — Hanovre, Emden, Zwickau et le site Audi de Neckarsulm — ainsi que la suppression de 100.000 emplois.

Le conseil ⁠de surveillance de Volkswagen comprend des représentants des familles actionnaires, des syndicats et du gouvernement du Land de Basse-Saxe, une combinaison délicate qui complique la prise ‌de décision.

Lors du dernier accord de restructuration conclu par Oliver Blume fin 2024, les syndicats avaient obtenu de la direction l’engagement d'éviter toute ⁠fermeture d’usine en Allemagne, ce qui avait poussé Volkswagen à rechercher d’autres utilisations pour ses sites sous-exploités.

Cela inclut la ⁠recherche, qui dure depuis longtemps, d'un partenaire ‌dans le secteur de la défense pour l’usine Volkswagen d’Osnabrück, ainsi que la possibilité de produire en Allemagne des modèles conçus pour le marché chinois.

Les données ​de Mobility Global consultées par Reuters estiment que les usines automobiles du groupe en ‌Allemagne fonctionneront à 81% de leur capacité normale en 2026. Ce taux devrait chuter à 73% d’ici la fin de la décennie, même après le retrait prévu d’Osnabrück du réseau.

En 2026, Zwickau ​affiche les meilleurs résultats parmi les quatre sites menacés de fermeture, avec un taux d’utilisation de 88%, mais celui-ci devrait chuter à 42% d’ici 2030, selon ces données.

LE SYNDICAT APPELLE À LA SAUVEGARDE DE LA PRODUCTION ALLEMANDE

En amont de la réunion du conseil de surveillance, le principal syndicat industriel allemand, IG Metall, ⁠mobilise les salariés d’une vingtaine de sites du groupe Volkswagen à travers le pays pour protester contre ces projets et appeler la direction à préserver la production allemande.

"C'est un message clair adressé au conseil de surveillance : pas tant que nous serons là !", a déclaré dans un communiqué Christiane Benner, présidente d'IG Metall, qui occupe également le poste de vice-présidente du conseil de surveillance de Volkswagen.

"En ces temps difficiles, nous restons solidaires et exigeons que le groupe et les décideurs politiques proposent des idées et des plans pour garantir le plein fonctionnement de nos usines et nous protéger contre la concurrence déloyale", a-t-elle ajouté.

(Rachel More et Christina Amann; version ​française Matthieu Huchet; édité par Benoit Van Overstraeten)