Violences: la "police ferroviaire" SNCF et RATP bientôt équipée de pistolets à impulsions électriques information fournie par AFP 19/02/2026 à 18:39
Quelques centaines d'agents de sûreté de la SNCF et de la RATP vont pouvoir être équipés de pistolets à impulsions électriques pour maîtriser les situations violentes dans les réseaux de transports, a annoncé jeudi le ministre des Transports Philippe Tabarot.
L'utilisation de ces armes, parfois appelées du nom d'une des marques les plus connues, Taser, qui sera d'abord lancée à titre expérimental, "peut être une bonne réponse", "proportionnée" face à certains actes de violence dans les transports, a estimé M. Tabarot sur TF1 .
Selon lui, l'autorisation concernerait dans un premier temps "10% des agents de la police ferroviaire", soit "300 à 400" dans "les semaines à venir".
La SNCF compte 3.000 agents dans son service interne de police ferroviaire, connu sous le nom de SUGE (Service de Surveillance Générale de la SNCF), tandis que la RATP compte un millier d'agents au sein de son Groupe de protection et de sécurité des réseaux (GPSR).
Tous sont des agents assermentés et formés, déjà autorisés au port d'armes létales.
L'autorisation de port de cette arme "non létale" s'entend "à titre expérimental" pour "une durée de trois ans à compter de la date d'entrée en vigueur" du décret, précise le Journal Officiel jeudi, selon lequel la décision servira à "accroître la maîtrise des situations à risques, réduire le recours aux armes à feu ou le risque d'atteinte corporelle sur les tiers et les agents des services internes de sécurité de la SNCF et de la Régie autonome des transports parisiens"
"Nos concitoyens nous demandent de la sécurité dans les transports" a plaidé le ministre. Selon lui, il faut que les forces de l'ordre "puissent se protéger et puissent protéger les usagers".
"Dans certains pays, le taser a prouvé son efficacité" fait valoir une source au ministère. Comme au Royaume Uni le 1er novembre dernier, lorsque les forces de sécurité s'en sont servi pour maîtriser un homme ayant blessé onze personnes dans une attaque au couteau dans le train Doncaster-Londres.
- "Dès que possible" -
En Ile-de-France, l'an passé, les vols avec violence dans les transports en commun ont baissé de 9,8% et les vols simples de 6,8% selon la Préfecture de Police de Paris. Mais les violences physiques ont augmenté de 4,8%.
Selon les chiffres de la préfecture, les violences sexuelles ont baissé de 0,9% l'an dernier dans les transports franciliens. Mais, selon une étude interne menée par la RATP en 2022, rendue publique par l'Observatoire National des Violences faites aux femmes, sept femmes sur dix ont déjà été victimes de violences sexistes ou sexuelles dans les transports franciliens au cours de leur vie, huit sur dix pour les 15-18 ans, et neuf sur dix pour les 19-25 ans.
Chiffre jugé "pas satisfaisant" par le nouveau PDG de la RATP, Xavier Piechaczyk qui a fait de la sécurité -des femmes en particulier- une de ses priorités. La RATP a d'ailleurs indiqué jeudi qu'elle allait mettre en place "dès que possible", cette "nouvelle prérogative".
"Nous avons un nécessaire impératif de progresser sur la sûreté, il faut qu'on s'en donne les moyens" a déclaré M. Piechaczyk devant la presse jeudi. "En lien avec la SUGE, nous allons définir très précisément les conditions d'emploi de ces pistolets pour que tous les voyageurs se sentent en sécurité, hommes ou femmes, quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit".
La SNCF, de son côté, a salué l'annonce de l'expérimentation qui permettra "d'améliorer les capacités opérationnelles des agents de la Sûreté ferroviaire en cas de situations à risques, grâce à ce dispositif à forte capacité de dissuasion et leur permettant d'intervenir à une distance jusqu'à 10 mètres".
Sur le plan du calendrier, la mesure entrera en application après la publication d'un autre arrêté décrivant les modalités précises d'utilisation, et d'une formation préalable des agents concernés. "A l'issue du processus, une évaluation du dispositif sera menée" a indiqué le ministère des Transports.
Cette expérimentation était initialement contenue dans la loi du 28 avril 2025 relative à la sûreté dans les Transports, portée à l'origine par l'actuel ministre des Transport Philippe Tabarot lorsqu'il était sénateur, mais elle avait été censurée pour vice de forme par le Conseil constitutionnel le 24 avril 2025.