Violences du 17 octobre : Attal veut pouvoir couper les réseaux sociaux information fournie par Cryptoast 19/10/2026 à 11:56
Après les violences du 17 octobre, Gabriel Attal propose de bloquer temporairement certains réseaux sociaux en cas d'émeutes. D'autres voix réclament l'utilisation de l'intelligence artificielle dans les caméras de surveillance et un accès aux messageries chiffrées comme WhatsApp ou Signal. Des mesures qui soulèvent des questions sur la protection des libertés numériques.
Gabriel Attal veut pouvoir bloquer certaines plateformes
Au lendemain des violences du 17 octobre, Gabriel Attal réclame la possibilité de couper temporairement certains réseaux sociaux pendant les émeutes. Un ancien patron de la police demande aussi l'intelligence artificielle sur les caméras et un accès aux messageries chiffrées. Plusieurs de ces pistes existent déjà, et le droit les encadre strictement.
« Lors des émeutes, nous devons pouvoir bloquer temporairement et de manière ciblée l'accès à certaines plateformes pour stopper l'effet de meute », a écrit Gabriel Attal sur X ce lundi matin. L'ancien Premier ministre accuse les réseaux sociaux d'être devenus « le point de ralliement des casseurs ». Le gouvernement n'a annoncé aucun blocage de X, TikTok ou Snapchat à ce stade.
En mai 2024, alors à Matignon, Gabriel Attal avait fait couper TikTok en Nouvelle-Calédonie pendant des émeutes. Le Conseil d'État, la plus haute juridiction administrative, a jugé cette décision illégale l'année suivante, y voyant « une atteinte disproportionnée à la liberté d'expression ».
Le juge admet une coupure en cas de « circonstances exceptionnelles », si elle est indispensable, limitée dans le temps et qu'aucune autre solution n'existe immédiatement. Le règlement européen sur les services numériques (DSA), qui encadre les grandes plateformes, complique encore l'exercice. Selon l'avocat Alexandre Archambault, un blocage en France ne peut intervenir qu'après une procédure judiciaire.
Caméras dopées à l'IA et messageries chiffrées dans le viseur
Sur France Info, l'ancien directeur général de la police nationale Frédéric Péchenard a formulé pour sa part deux souhaits ce lundi : l'intelligence artificielle sur les caméras de surveillance et l'accès aux messageries chiffrées. Certains analystes estiment qu'une nouvelle loi sur le renseignement sera dévoilée.
La première piste existe déjà. La loi RIPOST, promulguée le 18 août dernier, prolonge jusqu'au 31 décembre 2030 l'expérimentation de la vidéosurveillance algorithmique, qui analyse automatiquement les images pour repérer certains événements à risque. Elle n'autorise pas la reconnaissance faciale des manifestants en temps réel.
Le 4 mai dernier, la délégation parlementaire au renseignement a recommandé d'étudier un accès ciblé aux conversations sur WhatsApp, Signal et Telegram. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a confié au député Florent Boudié une mission sur le sujet. Un texte proche, adopté au Sénat en 2025, avait été rejeté à l'Assemblée nationale. Ses opposants redoutaient des portes dérobées, des accès cachés qui affaibliraient la sécurité de tous les utilisateurs .
Emmanuel Macron a réclamé ce lundi des explications sur les défaillances des services de renseignement et une nouvelle stratégie de maintien de l'ordre. La veille, la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet avait proposé une commission d'enquête parlementaire sur ces violences et leur organisation.
En 2023, après la mort de Nahel, l'exécutif avait déjà choisi une autre voie en demandant à TikTok, Snapchat, Twitter et Meta de supprimer les appels à la violence publiés sur leurs plateformes.
Des puissances étrangères derrière l'amplification des violences ?
Le rôle de certains acteurs étrangers dans les violences du 17 octobre suscite également des interrogations. Dans une chronique diffusée dimanche sur France Culture, le journaliste Frédéric Martel a évoqué des informations provenant de sources policières et du renseignement territorial.
Selon lui, des influenceurs et blogueurs soutenus ou amplifiés par des puissances étrangères auraient contribué à mobiliser certains casseurs et à accélérer la propagation des violences. L'Iran, l'Algérie et la Russie sont notamment cités, sur la base d'informations recueillies auprès de responsables politiques et de sources sécuritaires.
Ces soupçons restent toutefois à confirmer. En septembre, le service français Viginum n'avait détecté aucune opération étrangère significative derrière les appels à manifester du 17 octobre. En revanche, plusieurs médias proches du Kremlin ont largement relayé les images des violences après les événements, présentant la France comme un pays plongé dans le chaos.
Sources : Tweet de Gabriel Attal sur X , Tweet de Guillaume Champeau sur X , TF1info
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