Vers une semaine agitée pour démarrer le mois de novembre information fournie par Zonebourse 02/11/2026 à 08:33
Après avoir connu un répit pour le moins bienvenu la semaine passée, les Bourses européennes s'apprêtent à démarrer le mois de novembre avec une semaine chargée, entre résultats du géant technologique Apple et élections de mi-mandat aux Etats-Unis, une séquence agitée qui culminera vendredi avec les chiffres mensuels de l'emploi américain, toujours très suivis par les marchés.
A en croire les premières indications disponibles, l'indice CAC 40 se dirige vers un recul de moins de 0,1%, tout comme le DAX, tandis que l'Euro STOXX 50 est attendu en hausse de plus de 0,2%.
Portés par une série de solides résultats, notamment de la part des grands groupes bancaires, les grands indices du Vieux Continent ont affiché des performances positives la semaine dernière, de l'ordre de 2% à Paris et de 2,3% pour Francfort.
Plus globalement, les places financières européennes ont également bénéficié de statistiques économiques plutôt robustes, ainsi que d'une approche a priori plus mesurée de la part des grandes banques centrales, qui jugent que le récent durcissement des conditions du crédit leur permet d'éviter d'intervenir de manière trop agressive.
Après avoir largement durci leurs politiques ces derniers mois, la Fed et la BCE ont opté pour une pause cet automne et les investisseurs se demandent si ce n'est pas le premier signe de la fin prochaine de leur cycle de resserrement monétaire.
Cela n'a pas empêché Wall Street de céder à la consolidation la semaine passée. En décrochant de 3% sur la seule journée de vendredi, le Nasdaq a essuyé des pertes hebdomadaires de quelque 2%. Sur l'ensemble du mois d'octobre, l'indice à forte pondération technologique abandonne plus de 5%.
Après maintenant deux mois de secousses, la crainte d'une correction plus profonde due à un possible éclatement de la "bulle" liée à l'IA commence à prendre de l'ampleur.
Depuis ses récents plus hauts établis à la mi-octobre, l'indice des "Sept Magnifiques" a lâché près de 8,9%, ce qui le place non loin d'un territoire de correction défini par une baisse de 10% par rapport à ses derniers sommets.
Au-delà des résultats décevants publiés par Alphabet, les investisseurs ont été pris de court, jeudi dernier, par les publications inférieures aux attentes d'Amazon et d'Intel, qui sont venues compléter un tableau de moins en moins enthousiasmant pour le secteur.
L'IA à un tournant
La vraie question, pour les observateurs, est de savoir si ce mouvement n'est que passager ou s'il est appelé à se généraliser voire à s'amplifier.
Pour Grégoire Kounowski, conseiller en investissements chez Norman K, la saison des résultats du troisième trimestre a marqué un véritable "tournant" dans l'esprit des investisseurs, qui veulent désormais savoir quand les dépenses colossales englouties dans l'IA rapporteront, mais aussi comment elles seront financées.
"Pendant trois ans, il suffisait aux géants de la tech d'annoncer des investissements dans l'intelligence artificielle pour être récompensés en Bourse" observe le professionnel. "Ce n'est plus le cas", assène-t-il.
"Les investisseurs ne sanctionnent pas l'IA en bloc, tempère Grégoire Kounowski, ils distinguent ceux qui financent leurs ambitions par leurs propres revenus de ceux qui brûlent du cash".
Dans ces conditions, les géants de la tech vont-ils continuer de plonger ou trouveront-ils au contraire la force de relever la tête ?
Techniquement, les signaux ne sont pas très bons : l'indice S&P 500 a enfoncé la semaine passée sa moyenne mobile à 50 séances à 7 699 points, puis sa moyenne mobile à 100 séances située à 7 626 points. Il demeure heureusement bien au-dessus de sa moyenne mobile à 200 séances à 7 320 points, qui lui permet, selon les chartistes, de maintenir intacte sa tendance de fond positive.
Le premier test d'importance interviendra dès ce soir, avec la présentation des comptes d'Apple, qui sera surveillée avec une grande attention par les intervenants.
Bon nombre d'analystes s'attendent à ce que la firme à la pomme fasse mieux que prévu sur son trimestre écoulé, mais s'inquiètent des prévisions qu'elle livrera au titre du trimestre fatidique de la fin d'année.
Les résultats des élections de mi-mandat seront par ailleurs décisifs d'un point de vue politique et pour la suite de la présidence de Donald Trump, aujourd'hui en mauvaise posture dans les sondages.
Les Américains sont appelés aux urnes ce mardi pour renouveler l'ensemble des 435 sièges de la Chambre des représentants, 35 des 100 sièges du Sénat ainsi que 36 postes de gouverneurs.
Selon les dernières projections et intentions de vote, l'opposition démocrate est bien positionnée pour reprendre la majorité à la Chambre des représentants, tandis que le contrôle du Sénat reste âprement disputé, les républicains cherchant à y préserver leur avantage face à de fortes poussées démocrates dans plusieurs Etats clés.
Peu de chances toutefois que l'issue du scrutin influe véritablement sur l'évolution des actions.
Historiquement, le calendrier saisonnier joue en faveur des marchés : d'après les données du Stock Trader's Almanac, novembre est le meilleur mois de l'année pour le Dow Jones et le S&P 500 (depuis 1950), mais aussi le deuxième plus favorable pour le Nasdaq (depuis 1971).
Comme le souligne l'affable Jeff Hirsch, la dynamique reste tout aussi solide lors des années d'élections de mi-mandat : depuis 1950, le Dow a progressé lors de 15 des 19 dernières années de midterms ( 2,6 % en moyenne), un ratio identique pour le S&P 500 ( 2,7 % en moyenne) tandis que le Nasdaq surperforme avec un gain moyen de 3,5%, ayant terminé dans le vert 9 fois sur 13.
Les indicateurs économiques devraient par ailleurs continuer de dicter la tendance du marché au cours des prochains jours.
Les indices PMI manufacturiers en Europe, attendus dans la matinée, pourraient notamment faire réagir les investisseurs en leur permettant de mieux cerner l'activité des entreprises industrielles et de connaître l'état de leurs carnets de commandes.
Les opérateurs surveilleront par ailleurs de près, mercredi, l'indice ISM des services aux Etats-Unis, véritable baromètre de l'activité économique américaine, avec une attention toute particulière portée à la composante des prix payés, sachant que tout nouveau signe de surchauffe viendrait confirmer la persistance des pressions inflationnistes.
Mais la statistique la plus importante de la semaine sera sans conteste le rapport sur l'emploi d'octobre qui paraîtra vendredi avant l'ouverture. Les économistes prévoient en moyenne 60 000 créations de postes sur le mois écoulé, après seulement 29 000 le mois précédent, avec un taux de chômage attendu stable.