Vers une ouverture hésitante en Europe au terme d'une semaine erratique information fournie par Zonebourse 24/07/2026 à 08:30
Les principales Bourses européennes sont attendues sur une note hésitante vendredi matin au terme d'une semaine mouvementée, marquée par un regain de craintes concernant tout à la fois les prix du pétrole, l'inflation, les taux d'intérêt et les valorisations du secteur technologique, alors que les investisseurs attendent de prendre connaissance des derniers indices PMI pour le Vieux Continent.
Les premières indications disponibles donnent un repli d'environ 0,1% pour le CAC 40 parisien, mais une hausse de 0,2% pour le DAX à Francfort et de quelque 0,1% pour l'Euro STOXX 50.
Les places financières devraient entamer cette dernière séance de la semaine sur une note plutôt calme, les investisseurs continuant de digérer une série de données qui ont fait converger leurs craintes du moment, essentiellement concentrées sur l'impact économique des tensions persistantes au Moyen-Orient.
Le choc énergétique réveille la menace monétaire
Avec un baril de Brent qui semble désormais confortablement installé au-dessus de la barre des 100 dollars, les marchés redoutent une résurgence des pressions inflationnistes susceptible de mettre en péril les perspectives de croissance et de contraindre les grandes banques centrales mondiales à durcir leur politique.
Les déclarations de la BCE n'ont pas contribué à apaiser ces tensions jeudi. Si l'institut de Francfort a marqué une pause dans son resserrement monétaire, sa présidente Christine Lagarde s'est montrée prête à dégainer de nouvelles hausses de taux dans l'hypothèse où les inquiétudes inflationnistes provoquées par le choc énergétique devaient persister.
Aux Etats-Unis aussi, les marchés recommencent également à miser sur de futures hausses de taux, ce qui a provoqué une vive remontée des rendements obligataires ces derniers jours. A plus de 4,70%, le rendement des Treasuries à dix ans évolue actuellement à des sommets depuis le début de l'année 2025.
De de côté-ci de l'Atlantique, celui des OAT françaises de même échéance se tend vers 4,0210%, au-dessus du seuil des 4% qui correspond à son pire score depuis la fin 2008. Le rendement des Bunds rajoute lui 2,5 points à 3,2040%.
L'Europe résiste malgré le trou d'air sur la tech
En dépit de l'accumulation de tous ces motifs de préoccupation, l'indice paneuropéen Euro STOXX 50 a pour l'instant réussi à limiter autour de 0,3% ses pertes sur les quatre premières séances de la semaine, tout comme le CAC 40, qui accuse un repli hebdomadaire contenu de moins de 0,5% à ce stade de la semaine.
Les investisseurs semblent également vouloir reprendre leur souffle dans un contexte de crainte sur les valorisations élevées des entreprises liées au secteur de l'intelligence artificielle (IA).
La semaine a été extrêmement chargée en résultats au sein de la "tech", le bilan se montrant mitigé alors que de nombreuses entreprises comme Alphabet ont fait état d'une montée en puissance de leurs dépenses d'investissement dans l'IA, pesant largement sur le sentiment.
Les valeurs technologiques ont été parmi les plus touchées ces derniers jours. L'indice des "7 Magnifiques", qui regroupe les sept géants du secteur, a lâché 5,5% depuis le début de la semaine.
Un rendez-vous crucial pour finir la semaine
Ce climat de prudence devrait rester de mise à l'approche de la publication, dans la matinée, des indices PMI mesurant l'activité dans le secteur privé dans les principaux pays d'Europe.
Le PMI composite de la zone était revenu tout juste à 50 points en juin, témoignant d'un retour de la croissance dans la région, un chiffre toutefois inférieur à ses niveaux d'avant le choc pétrolier. Le récent regain de tensions au Moyen-Orient pourrait encore compromettre son redressement.
Les investisseurs redoutent tout particulièrement que l'indicateur fasse apparaître une nette intensification des tensions inflationnistes, ce qui pourrait justifier des taux plus élevés du point de vue de la BCE.
Sur le front des changes, l'euro poursuit sa consolidation face au dollar et revient dans la zone de 1,1379, enfonçant ainsi le support de 1,1391 qui servait jusqu'ici de plancher solide pour la paire.
Le pétrole subit de logiques prises de profits après son envolée des dernières semaines. Le Brent, qui avait grimpé de 36% depuis le 24 juin, cède actuellement 0,4% à 100,3 dollars le baril tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) recule de 0,8% à 91,5 dollars après un gain de 30% sur le mois écoulé.