Vers une embellie de courte durée avec le plongeon de Wall Street information fournie par Zonebourse 06/11/2026 à 08:33
Les principales Bourses européennes devraient ouvrir en net repli vendredi matin dans le sillage de Wall Street, qui a lourdement rechuté la veille du fait d'une amplification de la spectaculaire vague de prises de bénéfices qui touche en ce moment les valeurs technologiques américaines.
Les contrats à terme signalent à ce stade de la journée un repli de plus de 1% du CAC parisien, mais aussi pour le DAX allemand et l'Euro STOXX 50.
Alors que les places du Vieux Continent se dirigeaient jusqu'ici vers des gains hebdomadaires relativement confortables, avec notamment des records à la clé pour l'Europe STOXX 600 ou le DAX, la semaine boursière semble sur le point de s'achever sur un avis de tempête.
La Bourse de New York a connu une séance particulièrement éprouvante jeudi, précipitée dans sa chute par un plongeon des valeurs du secteur technologique dû à un contexte d'inquiétudes concernant l'avenir des investissements massifs réalisés dans le secteur de l'intelligence artificielle (IA).
Après avoir salué mercredi la perspective d'une alternance politique avec la victoire des Démocrates au congrès, les investisseurs redoutent désormais que ce changement de majorité se traduise par un durcissement de la réglementation encadrant les centres de données.
Ces craintes ont provoqué des dégagements massifs sur les valeurs liées aux semi-conducteurs et aux infrastructures technologiques, traditionnels moteurs de la hausse des indices, mais particulièrement malmenées depuis quelques semaines.
Au coup de cloche final, le S&P 500 dévissait de 4,4% tandis que le Nasdaq 100 décrochait de 6,4%, soit sa pire performance journalière en plus de six ans.
L'indice à forte pondération technologique accuse désormais une baisse de plus de 15% par rapport à son record du 6 octobre, ce qui le fait entrer techniquement en territoire de correction. Il commence à s'approcher dangereusement de la zone du "bear market" (marché baissier), caractérisée par un repli de 20% en comparaison de ses derniers pics.
Tous les indices sectoriels du S&P ont plongé, la "tech" étant particulièrement touchée (-7,3%) tandis que l'indice de volatilité VIX du CBOE s'envolait de près de 70% au-delà de 28 points, du jamais vu depuis le début de la guerre contre l'Iran.
L'IA sème le chaos partout
La glissade s'est poursuivie dans la nuit sur les marchés asiatiques, où les inquiétudes sur la "tech" n'ont pas épargné l'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo qui chutait de quasiment 6% à l'approche de la clôture.
La peur s'est un peu moins emparée des Bourses chinoises, où l'onde de choc sur l'IA avait déjà ébranlé les indices ces dernières semaines. A Hong Kong, le Hang Seng limitait son repli à moins de 1% en fin de journée et l'indice CSI 300 des plus grandes capitalisations chinoises cédait 1,5%.
La situation actuelle s'apparente malgré tout à une perte rapide, totale et inattendue de confiance, alors que bon nombre de stratèges pressentaient que les records récemment accumulés allaient donner lieu à une correction dans un contexte de valorisations jugées tendues.
La psychologie des investisseurs aurait-elle changé pour de bon? Jusqu'alors, tout recul était facilement rattrapé par des rachats à bon compte, valeurs technologiques en tête.
"Le marché a connu une incroyable ascension récemment et une pause afin de reprendre son souffle ne constituerait ni une surprise, ni le signe d'un accès de faiblesse", tempère Andreas Lipkow, le responsable de l'analyse marché chez CMC Markets.
"Le plus important maintenant, c'est que le repli marqué des prix de l'énergie et l'apaisement des craintes autour de l'inflation permettent une amélioration durable des perspectives économiques", souligne le professionnel.
"Mais il faut reconnaître que les Bourses ont déjà intégré une bonne dose d'optimisme dans les cours", rappelle Andreas Lipkow.
Une chose est sûre, il va falloir que les fondamentaux rassurent rapidement pour que la tendance baissière puisse s'enrayer.
A Wall Street, les "futures" sur les trois grands indices signalent pour l'heure un début de stabilisation mais la tendance pourrait évoluer avec la publication très attendue du rapport mensuel sur l'emploi aux Etats-Unis.
Les économistes attendent 65 000 créations d'emplois en octobre après seulement 29 000 le mois précédent.
La débandade de Wall Street suscite des achats de sécurité sur le marché obligataire, ce qui explique que le rendement des Treasuries à dix poursuive son repli en direction de 4,83% après avoir inscrit le mois dernier des sommets de presque 20 ans.
Le marché pétrolier est lui aussi épargné par les péripéties boursières, porté par des éléments qui lui sont propres, comme les problèmes d'approvisionnement qui touchent toujours le Moyen-Orient.
Le baril de Brent avance pour l'heure de 1,5% à près de 99,5 dollars et celui du brut léger américain (WTI) gagne 0,9% non loin de 91,4 dollars.