PARIS, 21 mai (Reuters) - Le parquet national financier a
ouvert en octobre dernier une enquête préliminaire du chef de
"corruption d'agents étrangers" sur le contrat signé en 2008 par
la France et le Brésil pour la fourniture de sous-marins à
Brasilia, a-t-on appris dimanche de source proche de l'enquête,
confirmant une information du Parisien Dimanche.
Lors d'une visite officielle au Brésil en décembre 2008,
Nicolas Sarkozy et son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da
Silva avaient signé plusieurs contrats de vente de matériel
militaire français, dont quatre sous-marins d'attaque
conventionnels Scorpène, fabriqués par les chantiers navals DCNS
TCFP.PA en coopération avec l'espagnol Navantia.
Le contrat avait été évalué à l'époque à 6,7 milliards
d'euros, dont 4,1 milliards pour la France.
Selon Le Parisien Dimanche, "les magistrats français se
demandent si des pots-de-vin n'ont pas été versés pour décrocher
ce marché. Et si l'opération n'a pas ensuite donné lieu au
versement de rétro-commissions".
Le porte-parole de DCNS, Emmanuel Gaudez, a déclaré à
Reuters que l'entreprise "partout dans le monde respecte
scrupuleusement les règles de droit".
"On n'a rien à voir avec l'affaire 'lava jato'", a-t-il
ajouté.
Le scandale de corruption "lava jato" ("lavage express")
fait l'objet d'une vaste enquête au Brésil, avec des
investigations transnationales. Selon Le Parisien Dimanche, le
contrat de sous-marins a été évoqué dans le cadre de cette
enquête.
Eliane Houlette, procureur de la République financier, s'est
rendue la semaine dernière au Brésil en compagnie du patron de
l'Office central de lutte contre la corruption et les
infractions financières et fiscales (OCLCIFF).
Elle a rencontré notamment la présidente de la Cour suprême
et le procureur général du Brésil, selon le compte Twitter du
PNF.
(Sophie Louet avec Sybille de la Hamaide)