Vendredi à Wall Street : fin de semaine en ordre dispersé, espoir de paix fragile
information fournie par Zonebourse 13/04/2026 à 07:38

Les indices "larges" ont fini en ordre dispersé vendredi, mais la semaine s'est soldée par des gains sans équivalent depuis novembre 2025 et la levée du "shutdown". Le Nasdaq-100 a grappillé 0,14% à 25 116 points, tandis que le S&P 500 s'est effrité de 0,11% à 6 817 points : un peu de prudence à la veille du week-end, et une désaffection pour les cycliques du Dow Jones, qui a lâché 0,56% à 47 917 points. Les replis l'ont largement emporté sur le NYSE, avec 75% à 80% de valeurs dans le rouge.

Quelques poids lourds de la "tech" ont permis à Wall Street de se maintenir - en apparence - à flot, avec AMD ( 3,55% et nouveau record absolu), Broadcom ( 4,7%), Marvell ( 7,2% et record absolu à 128,5 USD).

Nouveau record absolu pour le "SOXX" des semiconducteurs, qui s'est envolé de 2% à 386,6 USD... et de 14,5% sur la semaine, avec une véritable hystérie acheteuse sur les valeurs liées à l'IA, comme si le ralentissement de la croissance US allait doper le seul secteur capable d'apporter plus de productivité.

Cela transforme pratiquement Wall Street en marché à "choix unique" !

L'IA s'est imposée comme la locomotive hégémonique depuis 8 séances (le rallye a débuté le 31 mars) et a contribué pour plus de la moitié des 3,6% du S&P 500 et du tonitruant 4,7% du Nasdaq... qui se retrouve à seulement 3,9% de son zénith historique du 28 janvier, et au contact de ses niveaux du 25 février : la 3e guerre du Golfe n'a jamais eu lieu !

Wall Street affichait une confiance assez époustouflante dans la signature d'un accord de paix à l'issue des négociations menées sous l'égide du Pakistan à Islamabad. Un optimisme d'ailleurs injustifié, comme l'ont montré l'échec des discussions samedi, puis la menace brandie par Donald Trump de bloquer lui même le détroit d'Ormuz pour empêcher l'Iran d'exporter son pétrole et son gaz.

La "bonne nouvelle" de la fin de la semaine, c'était le repli supplémentaire de -3% du baril de pétrole "WTI", qui reculait vendredi soir de -3% vers 95,5 USD ; il aura reculé de -18% en 5 séances.

Les grands gagnants de la semaine sont les métaux précieux, avec l'or qui tutoie les 4 750 USD/oz et l'argent à 76 USD ( 4,5% hebdomadaire).

La mauvaise surprise de la fin de la semaine provient des chiffres US, mais ils ont eu peu d'impact : l'inflation est ressortie légèrement inférieure aux attentes aux États-Unis en mars, mais elle ressort sans surprise en nette accélération par rapport à février.

L'indice global des prix à la consommation (CPI) est ressorti à 3,3% sur un an, au lieu de 2,4% à fin février ( 0,9% en séquentiel, un peu moins que les 1% attendus). Mais les optimistes notent que le CPI "core" (hors énergie et produits alimentaires) a augmenté de seulement 0,1%, à un rythme annuel de 2,6% en mars, contre 2,5% en février, mais à comparer à 2,7% attendu par le consensus.

Ces chiffres montrent que la guerre contre l'Iran et la flambée des prix du brut qui s'en est suivie n'ont, pour l'instant, qu'un impact limité sur les tensions inflationnistes... que les marchés espèrent "provisoires" (alors que la plupart des experts tablent sur un pétrole ancré autour ou au-dessus de 90 USD pour plusieurs mois, avec des effets inflationnistes en cascade sur tous les sous-produits du pétrole et du gaz).

Parallèlement, le moral des consommateurs s'est nettement dégradé en mars : l'indice de l'Université du Michigan a plongé de -5,7 points et s'inscrit à un plus bas historique de 47,6 points, là où les analystes tablaient sur une baisse de 53,3 à 51,6 points.

Les dernières "minutes" de la FED ont confirmé son attitude prudente en matière d'inflation, mais aussi sa vigilance face aux incertitudes conjoncturelles, ce qui implique de poursuivre 2 objectifs contradictoires au sein d'un même mandat.