Etats-Unis: Les prix à la consommation augmentent comme prévu en juillet information fournie par Reuters 12/08/2026 à 18:08
Les prix à la consommation aux États-Unis n'ont que légèrement augmenté en juillet, ce qui pourrait affaiblir les arguments en faveur d’une hausse des taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) le mois prochain.
L'inflation aux États-Unis a ralenti à +3,4% sur un an en juillet, comme prévu, montrent les données officielles publiées mercredi.
Ce ralentissement de l'inflation intervient après une hausse de +3,5% en juin.
Les prix à la consommation rebondissent sur un mois à +0,1% en juillet, également comme prévu par les économistes et après -0,4% en juin.
Hors les composantes volatiles que sont l’alimentation et l’énergie, les prix à la consommation ont progressé de 0,2% le mois dernier, après être restés inchangés en juin. Sur un an, l’indice sous-jacent a augmenté de 2,5% en juillet, contre 2,6% en juin.
Les économistes interrogés par Reuters anticipaient une hausse mensuelle de 0,1% pour l’indice général et de 0,2% pour l’indice sous-jacent.
La banque centrale américaine suit l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle pour atteindre son objectif d’inflation de 2%.
Le rapport sur l’inflation intervient après l’annonce, la semaine dernière, de pertes d’emplois inattendues en juillet. Avant cette publication, l'outil CME FedWatch évaluait à environ 46% la probabilité d’une hausse des taux de la Fed pour la réunion des 15 et 16 septembre 2026.
Les responsables de la banque centrale disposeront toutefois des données d’août sur l’inflation et l’emploi avant cette réunion. Les économistes s’attendent à une accélération de la hausse des prix à la consommation en août, sous l’effet de la récente remontée des cours du pétrole. La croissance de l’emploi devrait également rebondir à mesure que s’estompent les distorsions liées aux facteurs saisonniers.
Le mois dernier, la Fed a maintenu son taux directeur au jour le jour inchangé dans la fourchette de 3,50% à 3,75%.
La position des États-Unis en tant qu’exportateur net de pétrole, ainsi que la réduction des stocks de produits pétroliers, ont jusqu’à présent contribué à amortir l’impact du choc pétrolier provoqué par le conflit au Moyen-Orient sur l’économie américaine.
Cependant, certains économistes estiment que cette situation ne pourra pas se prolonger indéfiniment. Les États-Unis et d’autres pays devront, à terme, reconstituer leurs stocks de pétrole, ce qui pourrait maintenir les cours du brut à des niveaux élevés.
Le président Donald Trump a accusé lundi l’Iran d’être un "négociateur retors" dans une interview diffusée dans la soirée. Il a évoqué plusieurs options concernant la guerre, allant du fait de "continuer comme ça" et de laisser l’économie iranienne s’enfoncer jusqu’à une intervention militaire visant à frapper Téhéran "très, très fort".
Si le ralentissement de l’inflation observé en juillet pourrait encore réduire les anticipations d’une hausse des taux, il devrait apporter peu de réconfort aux consommateurs, les salaires ne progressant pas au même rythme que les prix.
Le coût élevé de la vie a détérioré l’opinion de nombreux Américains à l’égard de Donald Trump et pourrait peser sur les chances du Parti républicain lors des élections de mi-mandat de novembre, qui détermineront le contrôle du Congrès américain pour les deux prochaines années.
Donald Trump avait remporté l’élection présidentielle de 2024 en promettant notamment de faire baisser l’inflation et le coût de la vie, faisant de l’évolution des prix un enjeu économique et politique majeur pour son administration.
(Rédigé par Etienne Breban et Lucia Mutikani, édité par Augustin Turpin)