USA-Le marché de l'immobilier ancien au plus bas depuis trois ans
information fournie par Reuters 22/01/2019 à 18:22

    * Baisse de 6,4% des reventes de logements en décembre
    * L'offre de logements en vente a chuté de 10,9% en un mois
    * La hausse des prix dans l'ancien ralentit à 2,9% sur un an

    par Lucia Mutikani
    WASHINGTON, 22 janvier (Reuters) - Les ventes de logements
anciens aux Etats-Unis sont tombées en décembre à leur plus bas
niveau depuis trois ans et la hausse des prix a baissé de
rythme, deux nouveaux signes de ralentissement du marché
immobilier. 
    La National Association of Realtors (NAR), principale
fédération d'agents immobiliers des Etats-Unis, a fait état d'un
recul de 6,4% des reventes de logements le mois dernier à 4,99
millions en rythme annualisé et en données corrigées des
variations saisonnières (CVS).
    Ce dernier chiffre est le plus faible enregistré depuis
novembre 2015. Le chiffre de novembre a été révisé en légère
hausse à 5,33 millions contre 5,32 millions annoncé
initialement. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient
en moyenne pour décembre une baisse de 1,0% à 5,25 millions en
rythme annualisé.
    Les chiffres de la NAR sont donc de nature à nourrir les
craintes d'un ralentissement de la croissance de l'économie
américaine dans son ensemble, même si le blocage ("shutdown")
d'une partie des administrations fédérales depuis un mois, qui
retarde la publication des statistiques établies par le
département du Commerce, empêche de dresser un diagnostic
précis. 
    "Nous pensons que les perspectives économiques ont pesé sur
l'attitude des consommateurs et les ont conduits à s'abstenir de
s'engager financièrement dans l'achat le plus cher qu'ils feront
de toute leur vie", a commenté Chris Rupkey, chef économiste de
la banque MUFG à New York. 
    Sur l'ensemble de l'année 2018, les reventes de logements
ont diminué de 3,1% à 5,34 millions, le chiffre annuel le plus
faible depuis 2015, précise la NAR.
    Le marché immobilier américain est freiné depuis plusieurs
mois déjà par la remontée des taux des crédits ainsi que par la
pénurie de foncier et de main-d'oeuvre, qui pèse sur l'offre de
logements et favorise la hausse des prix. 
    
    L'IMMOBILIER RISQUE DE FREINER LA CROISSANCE DU PIB
    La situation s'est toutefois légèrement éclaircie récemment:
les taux des crédits immobiliers à 30 ans sont revenus à leur
plus bas niveau depuis quatre mois, un mouvement qui s'est
accéléré pendant la deuxième quinzaine de décembre, et
l'augmentation des prix des logements a ralenti.
    Le prix de vente médian des logements anciens a augmenté de
2,9% sur un an en décembre à 253.600 dollars, sa progression la
plus faible depuis février 2012. 
    Une enquête publiée la semaine dernière a par ailleurs
montré une amélioration de la confiance des promoteurs dans
l'évolution du marché. 
    Les chiffres de la NAR ont toutefois été mal accueillis à
WalL Street mardi, déjà en baisse avant leur publication en
réaction à la révision en baisse des prévisions de croissance du
Fonds monétaire international (FMI).
    Vers 17h20 GMT, l'indice Standard & Poor's 500  .SPX 
perdait 1,25% et celui du secteur de la construction et de
l'immobilier  .HGX  cédait 1,64%. 
    Si certains espèrent voir la baisse du coût du crédit
soutenir l'activité, les indicateurs publiés avant le "shutdown"
montraient déjà une dégradation. Et des économistes estiment que
l'immobilier aura pesé sur la croissance du produit intérieur
brut (PIB) au quatrième trimestre, comme c'est déjà le cas pour
la construction résidentielle depuis le premier trimestre de
l'an dernier. 
    Selon la NAR, le "shutdown" en cours, le plus long de
l'histoire du pays, n'a pas encore eu d'impact direct sur les
ventes de logements mais ce pourrait être le cas s'il se
prolongeait. 
    Le mois dernier, le nombre de logements anciens mis en vente
atteignait 1,55 million, en baisse par rapport à novembre (1,74
million) mais en hausse de 6,1% sur un an.
    Au rythme de vente de décembre, il faudrait 3,7 mois pour
épuiser ce "stock" de logements à vendre, un ratio en repli sur
un mois (il atteignait 3,9 mois en novembre) mais en hausse sur
un an (3,2 en décembre 2017). Les spécialistes du marché
considèrent qu'un stock représentant six à sept mois de ventes
traduit un équilibre entre l'offre et la demande. 
    
    Tableau  
    Les principaux indicateurs du marché immobilier américain
 
    

 (Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid
Exbrayat)