USA-Le chef de l'antiterrorisme démissionne en raison de la guerre en Iran
information fournie par Reuters 17/03/2026 à 18:29

(Actualisé avec réaction de la Maison blanche, de Trump, des démocrates et précisions)

par Erin Banco et Phil Stewart

Joseph Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme aux Etats-Unis, a annoncé mardi sa démission en raison de la guerre contre l'Iran, affirmant dans une lettre à Donald Trump diffusée sur X que "l'Iran ne représentait aucune menace imminente" pour les Etats-Unis.

Il est le premier responsable de haut rang au sein de l'administration Trump à démissionner en raison de ce conflit déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran.

"Je ne peux en toute conscience soutenir la guerre en cours en Iran. L'Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre pays et il est évident que nous avons commencé cette guerre en raison de la pression exercée par Israël et son puissant lobby", écrit Joseph Kent dans sa lettre au président américain.

La Maison blanche a déclaré que la lettre de Joseph Kent contenait de "fausses affirmations".

"Comme le président Trump l'a clairement et explicitement dit, il disposait de preuves puissantes et convaincantes sur le fait que l'Iran allait attaquer les Etats-Unis en premier", a dit Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison blanche, dans un communiqué. "Ces preuves ont été accumulées auprès de nombreuses sources et éléments."

S'exprimant devant des journalistes à la Maison blanche, Donald Trump lui-même a jugé que cette démission était une "bonne chose" au motif que Joseph Kent était "très faible sur la sécurité".

Joseph Kent n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire, pas plus que les services de la directrice du Renseignement national, Tulsi Gabbard, dont il dépend.

PARTISAN DE L'"AMERICA FIRST"

Bien que Joseph Kent soit connu pour son adhésion au principe "America First" et notoirement opposé aux interventions militaires américaines à l'étranger, sa démission semble avoir pris de court les responsables du renseignement américain.

Joseph Kent est considéré comme un proche de Tulsi Gabbard, elle-même discrète depuis le début de la guerre.

La directrice du Renseignement national n'a effectué aucune déclaration officielle sur cette guerre et n'est apparue en public qu'à l'occasion du rapatriement aux Etats-Unis des dépouilles des soldats américains tués dans le cadre de ce conflit.

Le conseil du renseignement national, qui dépend des services de Tulsi Gabbard, a émis plusieurs évaluations aussi bien avant qu'après le déclenchement des frappes israélo-américaines soulignant les risques de cette intervention militaire contre l'Iran.

Ces rapports ont notamment indiqué que le pouvoir iranien ne s'effondrerait probablement pas et qu'il riposterait probablement contre des installations militaires américaines dans la région et contre les alliés des Etats-Unis dans le Golfe.

L'opposition démocrate à Donald Trump a critiqué Joseph Kent par le passé pour sa proximité avec des personnalités d'extrême droite.

Mark Warner, sénateur de Virginie et chef de file des démocrates au sein de la commission du renseignement, a ainsi déclaré qu'il n'aurait jamais dû être confirmé à la tête des services antiterroristes.

"Mais sur ce point, il a raison: il n'y avait aucune preuve crédible d'une menace imminente de la part de l'Iran justifiant que les Etats-Unis se précipitent dans une nouvelle guerre de son choix", a-t-il dit dans un communiqué.

(Katharine Jackson, Susan Heavey, Phil Stewart, Erin Banco, Idrees Ali et Jarrett Renshaw, version française Bertrand Boucey, édité par Sophie Louet)