USA-La croissance ralentit au T2 mais la demande intérieure reste solide information fournie par Reuters 30/07/2026 à 15:27
(Actualisé avec précisions et contexte)
L'économie américaine a nettement ralenti au deuxième trimestre, dans un contexte d'aggravation du déficit commercial, mais l'accélération des dépenses de consommation et la vigueur des investissements des entreprises dans l'intelligence artificielle (IA) soulignent la solidité de la demande.
La première estimation du produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis, publiée jeudi par le département du Commerce, montre une décélération de l'économie à 1,5% en rythme annualisé sur la période allant d'avril à juin, contre une croissance de 2,1% au premier trimestre après 0,5% au quatrième trimestre 2025.
Les économistes interrogés par Reuters attendaient en moyenne une croissance au deuxième trimestre de 2,1%, avec des prévisions allant de 0,8% à 2,9%.
Cette enquête avait toutefois été réalisée avant la publication du rapport sur les indicateurs économiques avancés de juin, qui avait montré une contraction modérée du déficit commercial des marchandises, tandis que les stocks liés au commerce de détail étaient restés inchangés.
Les dépenses de consommation, qui représentent plus des deux tiers de l'activité économique américaine, ont rebondi de 3,2% au deuxième trimestre après un brusque ralentissement au rythme de 0,5% entre janvier et mars. Malgré le conflit en cours au Moyen-Orient, les dépenses ont ainsi affiché une certaine résistance, en partie grâce à d'importants remboursements d'impôts depuis le début de l'année. Ce coup de pouce gouvernemental a permis aux consommateurs de faire face à la hausse des prix de l'essence, provoquée par le déclenchement des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran le 28 février.
Outre les généreux remboursements d'impôts prévus dans le cadre du texte de loi "One Big Beautiful Bill" du président Donald Trump, les ménages à revenus élevés, qui profitent de la forte hausse des cours des actifs financiers, ont également stimulé les dépenses.
La Coupe du monde de football, organisée en juin et juillet par les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, a probablement contribué à accélérer les dépenses, tout comme les sommes déjà engagées par les organisations à but non lucratif en vue des élections américaines de mi-mandat, prévues en novembre.
L'essor des investissements dans l'IA, qui ne montre aucun signe de ralentissement malgré les inquiétudes des investisseurs quant à une éventuelle survalorisation de nombreuses entreprises technologiques, contribue également à soutenir la demande intérieure.
Les économistes estiment néanmoins que la guerre contre l'Iran, qui est entrée dans son sixième mois, constitue un risque baissier pour la demande et, à terme, pour la croissance économique au second semestre.
(Reportage Lucia Mutikani, version française Claude Chendjou)