USA: CVS Pharmacy va payer 315 millions pour clore des poursuites liées aux opiacés information fournie par Boursorama avec AFP 14/10/2026 à 09:06
La chaîne américaine CVS Pharmacy a accepté de payer 315 millions de dollars pour éteindre des poursuites au civil l'accusant d'avoir délivré des opiacés illégalement prescrits et d'en avoir, en sus, demandé le remboursement aux autorités, a annoncé mardi le ministère de la Justice (DoJ).
Selon un communiqué détaillant l'accord hors tribunal conclu mardi, les faits reprochés se sont déroulés entre le 17 octobre 2013 et le 2 décembre 2025.
Le groupe était poursuivi depuis décembre 2024 par le gouvernement fédéral devant un tribunal civil du Rhode Island (nord-est), où se trouve son siège social. Il avait pris le relais d'une plainte d'une ancienne employée de la chaîne, qui devrait recevoir une partie de la somme.
CVS était accusé d'avoir "illégalement délivré des ordonnances pour des opiacés et d'autres substances contrôlées (...), et d'avoir demandé un remboursement pour beaucoup de ces ordonnances invalides auprès de Medicare et d'autres programmes fédéraux de santé", rappelle le ministère.
Medicare est un dispositif fédéral d'assurance santé pour les plus de 65 ans.
"Nous sommes en fort désaccord avec les accusations dans cette affaire et notre entente avec le DoJ ne reconnaît aucun acte répréhensible", a réagi l'entreprise, dans une déclaration transmise à l'AFP.
"Nous avons mis en place des programmes nec plus ultra et innovants pour aider nos pharmaciens à prendre les meilleures décisions au nom des patients", a-t-elle poursuivi.
La chaîne, qui vend également de la parapharmacie et des produits grand public (nourriture, jouets, confiseries, etc), emploie actuellement plus de 27.000 pharmaciens.
"Non seulement cet accord place les mauvais acteurs devant leurs responsabilités pour leurs activités frauduleuses, mais les Américains sont davantage en sécurité grâce à cela", a commenté Stanley Woodward, un adjoint au ministre de la Justice, cité dans le communiqué.
Ordonnances illégitimes
Selon lui, c'est un "jalon important" dans la lutte contre la crise des opiacés "en sévissant contre les pharmacies ayant illégalement remis des substances contrôlées".
La plainte gouvernementale affirmait que CVS savait que les prescriptions "manquaient de légitimité médicale, de conformité et/ou n'avaient pas été rédigées dans un cadre professionnel normal" et, entre autres, que la chaîne avait remis "des quantités dangereuses et excessives d'opiacés".
En particulier des ordonnances contenant l'association très addictive surnommée "la trinité" (opiacé, benzodiazépine et relaxant musculaire).
Le ministère considérait aussi que le groupe avait "ignoré des signaux d'alerte clairs", au seul dessein des "performances financières de l'entreprise".
Selon les données des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), près de 727.000 personnes ont succombé aux États-Unis entre 1999 et 2022 à une overdose liée à la prise d'opiacés (principalement le fentanyl), obtenus sur ordonnance ou de manière illégale.
L'action CVS Pharmacy a terminé la séance en recul de 0,21% à la Bourse de New York.
Outre la sanction pécuniaire, CVS s'est également engagé auprès de l'agence américaine anti-drogues (DEA) à plusieurs mesures, comme une ligne téléphonique pour employés et clients afin de signaler des pratiques suspectes.
Le groupe avait déjà accepté en novembre 2022 de verser environ 5 milliards de dollars sur dix ans dans le cadre d'un accord avec des Etats et des collectivités locales. Sa concurrente Walgreens devait payer, dans la même transaction, 4,95 milliards de dollars sur quinze ans.
Les autorités américaines ont récolté plusieurs dizaines de milliards en lien avec l'épidémie des opiacés, en particulier des laboratoires pharmaceutiques - comme Purdue qui est considéré comme le déclencheur de cette crise - mais aussi des distributeurs de médicaments (y compris Walmart), une agence publicitaire, un cabinet de conseils, etc.