USA-Accord à $18 mds trouvé par Meta pour clore un procès sur l'addiction des jeunes à ses plateformes
information fournie par Reuters 26/08/2026 à 22:34

(Actualisé avec validation)

par Diana Novak Jones et Jonathan Stempel

Meta Platforms META.O a accepté d'apporter des modifications majeures à Facebook et Instagram ainsi que de verser près de 18 milliards de dollars pour clore des poursuites judiciaires engagées par nombre d'Etats américains reprochant au groupe d'avoir conçu ses plateformes de manière à créer une dépendance chez les enfants et d'avoir été malhonnête sur leur sécurité.

Cet accord, annoncé mercredi et validé plus tard dans la journée par un tribunal, doit mettre fin à un procès fédéral au Etats-Unis qui constituait l'une des plus importantes actions en justice engagées contre les géants technologiques pour le rôle considéré néfaste des réseaux sociaux sur la santé des enfants.

S'il n'est pas attendu que Meta opère une réforme fondamentale, le groupe dirigé par Mark Zuckerberg va être contraint de modifier grandement la manière dont ses plateformes sont utilisées par les jeunes.

Le procureur général de l'Etat du Colorado, le démocrate Phil Weiser, a souligné que "le coeur de ce dossier était de protéger nos enfants". "Nous obtenons avec cet accord un soulagement très important, qui va au-delà de ce qu'un quelconque tribunal a ordonné ou pourrait ordonner", a-t-il ajouté dans un communiqué.

Meta a accepté de restreindre pendant dix ans l'utilisation de ses réseaux sociaux par les adolescents, avec une limite quotidienne de deux heures d'utilisation et un accès bloqué de minuit à 06h00 du matin en l'absence de consentement parental.

Ces limites pourraient devenir plus strictes si d'autres plateformes prennent des mesures similaires.

Aux termes de l'accord dévoilé mercredi, Meta va également renforcer les mesures prises pour garantir que les mineurs ne peuvent pas accéder à des contenus pour adultes.

Il n'est pas demandé au géant technologique, qui a nié tout inconduite dans ce règlement à l'amiable, de mettre fin aux recommandations de contenus et aux publicités ciblées sur ses plateformes.

La somme que l'entreprise basée à Menlo Park en Californie va verser représente trois à quatre mois de bénéfices.

L'ACCORD EXAMINÉ PAR UNE JUGE FÉDÉRALE

"Garantir que les adolescents ont une expérience sûre et productive sur nos plateformes est un impératif absolu pour Meta", a-t-elle dit dans un message publié sur son blog. "Nous voulons faire les choses correctement pour les parents et les adolescents", a ajouté l'entreprise.

L'accord prévoit le versement de plus de 17,6 milliards de dollars à la quasi-totalité des Etats américains ainsi que le district de Columbia, où se trouve la capitale fédérale Washington, Porto Rico et les Samoa américaines.

La Californie va recevoir le montant le plus important - 2,2 milliards de dollars - tandis que les Etats de New York et du Texas vont recevoir plus d'un milliard de dollars chacun.

Une partie de ces indemnités dépend de la mise en oeuvre ou non de mesures similaires de protection des jeunes par les plateformes YouTube, propriété d'Alphabet GOOGL.O , et TikTok de ByteDance. Aucun commentaire n'a été obtenu dans l'immédiat auprès de ces groupes.

Après avoir fait savoir plus tôt dans la journée qu'elle suspendait le procès qui avait débuté le 18 août, la juge de district Yvonne Gonzalez Rogers a validé l'accord, montrent des documents de justice déposés mercredi après-midi.

Il était attendu que Mark Zuckerberg témoigne lors du procès. Le patron d'Instagram, Adam Mosseri, était à la barre lors de la dernière journée d'audience avant la suspension.

Meta nie de longue date les allégations le visant, affirmant avoir tout mis en oeuvre pour protéger les enfants sur ses plateformes. L'entreprise a fait valoir qu'elle n'aurait pas pu induire les consommateurs en erreur quant au caractère addictif de ses services, car la "dépendance aux réseaux sociaux" n'est pas un trouble psychiatrique reconnu.

Plus tôt ce mois-ci, un tribunal du Nouveau-Mexique a ordonné à Meta de verser 567 millions de dollars et de modifier la façon dont ses réseaux sociaux fonctionnent pour les utilisateurs mineurs dans cet Etat américain, jugeant le groupe responsable de nuire à la santé mentale des jeunes.

En mars dernier, Meta et Google GOOGL.O ont été reconnus coupables de négligence sur l'addiction des jeunes aux réseaux sociaux, selon le verdict d'un jury de Los Angeles.

(Diana Novak Jones à Chicago et Jonathan Stempel à New York; version française Benoit Van Overstraeten et Jean Terzian, édité par Jean-Stéphane Brose)