Unicredit veut accélérer en Europe en s'automatisant information fournie par Boursorama avec AFP 09/02/2026 à 12:49
La banque Unicredit compte fortement accélérer dans les prochaines années en améliorant et automatisant ses opérations, sans exclure de nouvelles acquisitions pour grandir comme géant européen, selon sa stratégie "Unlimited" 2026-2030 présentée lundi.
Après avoir dépassé les 10 milliards d'euros de bénéfice net en 2025, la deuxième banque italienne a amélioré ses objectifs, prévoyant d'atteindre 11 milliards d'euros de bénéfice net dès 2026 et dépasser les quinze milliards d'euros en 2030.
Unicredit compte sur une croissance annuelle de 5% de son chiffre d'affaires en maintenant la bonne rentabilité de ses prêts, en augmentant celle de ses commissions et des assurances. En parallèle, ses coûts doivent baisser de 1% par an et le nombre de ses salariés diminuer.
Les investisseurs ont salué ces résultats et ces ambitions lundi à la Bourse de Milan, où le titre Unicredit gagnait 6,67% à 78,87 euros, à 12H22.
Le groupe milanais compte ainsi résister aux nouveaux acteurs de la banque mais aussi aux banques américaines qui tentent de gagner des parts de marché "là où ça fait mal", en Europe, a commenté le directeur général d'Unicredit, Andrea Orcel, lors d'une conférence pour les analystes financiers.
Les banques traditionnelles doivent "défendre leurs bureaux" en les modernisant grâce à l'intelligence artificielle par exemple, mais aussi devenir "plus efficaces, rapides, et dynamiques". "Je ne pense pas qu'avec ces services, 100% des clients préféreront parler à un robot plutôt qu'à un humain", a souligné M. Orcel.
"Nous automatisons à grande échelle, en intégrant l’IA dans chaque flux de travail essentiel, accélérant l’exécution dans les domaines de la conformité aux risques, de la finance, des opérations et des RH, en réduisant les frictions et en éliminant les tâches répétitives. Avec ces outils, nous pouvons redéployer des capacités (ailleurs)", a souligné Andrea Orcel.
- Dividendes -
Unicredit a publié lundi un bénéfice net pour l'année 2025 de 10,58 milliards d'euros, en hausse de 13,6% sur an mais conforme à ses prévisions, pour un chiffre d'affaires en légère baisse (-1,3%) à 24,5 milliards d'euros.
La hausse des commissions alliée à une baisse des coûts a compensé le recul des revenus engendrés par les taux d'intérêt.
La banque va redistribuer 80% de son bénéfice net 2025 à ses actionnaires, soit 9,5 milliards d'euros, dont la moitié en dividendes (3,1 euros par action au total), et considère que cette générosité devrait être mieux récompensée en Bourse.
Elle promet de continuer sur ce rythme en redistribuant encore 30 milliards au cours des trois prochaines années.
L'année a été frustrante en Italie pour la grande banque milanaise: lancée dans le rachat de sa concurrente Banco BPM, elle a été bloquée par le gouvernement de Giorgia Meloni, sur fond d'une restructuration massive du secteur bancaire italien.
Des rumeurs ont ensuite circulé sur sa montée au capital de la banque Monte dei Paschi, niées par la banque, ou un rapprochement avec l'assureur Generali. "Nous parlons régulièrement avec Generali, c'est un de nos partenaires (...) mais le reste sont des inventions de la part de gens qui ont besoin de créer des histoires", a souligné Andrea Orcel.
Les acquisitions "ne sont pas une nécessité, mais un accélérateur", a répété lundi Andrea Orcel. "Nous les faisons seulement si elles s'alignent clairement avec notre stratégie et que les bénéfices sont supérieurs à notre participation".
"L'Europe a besoin de plus grandes banques pour atteindre ses ambitions", a-t-il souligné cependant, alors que le groupe est monté au capital de l'Allemande Commerzbank.