Une start-up française mise sur un design non humanoïde dans la course très disputée aux robots dotés d'IA information fournie par Reuters 16/06/2026 à 19:20
par Leo Marchandon et Gianluca Lo Nostro
Genesis AI, la start-up française de robotique soutenue par l'ancien PDG de Google, Eric Schmidt, a dévoilé mardi son premier robot polyvalent, à un moment où les capacités de l'IA s'étendent au-delà des chatbots pour s'appliquer à des machines physiques.
Baptisé Eno, ce robot rompt avec le design humanoïde généralement privilégié par les principaux fabricants : il est doté d’une base à roues plutôt que de jambes, d'une tour repliable et de mains qui, selon l’entreprise, reproduisent la forme d’une main humaine.
Eno fonctionne grâce au modèle d’IA propre à Genesis et n’est pas conçu pour ressembler à un humain, mais pour étendre les capacités humaines, selon l’entreprise.
Dans un communiqué, Eric Schmidt a déclaré que cette avancée technologique ne remplacerait pas l’expertise humaine, mais qu’elle la "renforcerait" afin de débloquer ce qu’il a qualifié de "l’une des plus grandes opportunités économiques de l’ère de l'IA".
Porté par les progrès de l’IA, le marché mondial de la robotique connaît une expansion rapide, suscitant un débat sur son impact sur l'emploi.
Un sondage Reuters/Ipsos réalisé ce mois-ci a révélé que 53% des Américains craignaient que l’IA ne les prive eux ou un membre de leur foyer de leur emploi, même si des défis techniques, principalement liés à la puissance de calcul et à l’autonomie des batteries, subsistent.
Fondée début 2025, Genesis AI a levé environ 91 millions d’euros, l’un des plus importants montants en France, égalant le record de Mistral AI, leader européen de l’IA. La valorisation de Genesis AI n’était pas immédiatement disponible.
Genesis AI prévoit de lancer la production et les déploiements chez ses clients cibles d’ici fin 2026, en commençant par les clients des secteurs de la logistique et de l’industrie, puis en s’étendant aux hôtels, aux hôpitaux et aux particuliers.
Genesis AI a construit des dizaines d’unités à ce jour et prévoit d’accélérer la production au cours du second semestre 2026, a déclaré à Reuters Vivian Sun, vice-présidente chargée du commerce et de la stratégie chez Genesis AI.
Vivian Sun a dit que le choix d’une base à roulettes s’expliquait par le fait que la plupart des clients industriels opèrent sur des sols plats, ajoutant que des jambes n’auraient de sens que pour des cas d’utilisation tels que monter des escaliers.
"Nous imitons les humains dans leurs capacités, pas dans leur forme. Les humains peuvent monter et descendre, tout comme le robot, grâce à cette conception pliable."
(Rédigé par Leo Marchandon and Gianluca Lo Nostro; Version française Matthieu Huchet, édité par Benoit Van Overstraeten)