Une sénatrice démocrate américaine demande à Capital One des précisions sur l'examen anti-blanchiment du compte de Trump information fournie par Reuters 02/09/2026 à 18:15
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par Nupur Anand
Une sénatrice démocrate américaine a demandé à Capital One Financial COF.N des précisions concernant un examen interne en matière de lutte contre le blanchiment d'argent qui, selon la banque le mois dernier, l'a conduite à fermer des comptes liés au président Donald Trump et à ses entreprises.
Dans une lettre adressée mardi soir à Richard Fairbank, directeur général de Capital One, et dont Reuters a été le premier à faire état, la sénatrice Maggie Hassan, démocrate du New Hampshire, a demandé les documents décrivant les transactions, les alertes et les autres éléments ayant motivé cet examen, ainsi que toute communication avec les forces de l’ordre ou les autorités de régulation concernant cette affaire.
“Le peuple américain mérite de savoir”, a écrit Hassan, principale représentante démocrate au sein de la commission économique mixte.
Capital One n’a pas souhaité faire de commentaire.
Les porte-parole de la Maison Blanche et de la Trump Organization n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.
La Trump Organization et Eric Trump, le fils du président, ont poursuivi Capital One en justice en mars 2025, affirmant que la fermeture par la banque, en 2021, de centaines de comptes affiliés était motivée par des considérations politiques.
La banque américaine a nié avoir agi pour des raisons politiques. Dans un mémoire déposé en juillet devant le tribunal, elle a déclaré que ces fermetures résultaient d’un examen minutieux mené par l’équipe de lutte contre le blanchiment d’argent (AML) de Capital One “conformément aux politiques de la banque et aux directives réglementaires”. Elle n’a jamais accusé la Trump Organization de blanchiment d’argent. Dans un mémoire déposé ultérieurement, les plaignants ont affirmé que cet examen AML n’était qu’un prétexte.
Si Capital One se conforme à cette demande, celle-ci pourrait apporter un éclairage supplémentaire sur les transactions financières des sociétés du président, ainsi que sur le bien-fondé des allégations de “debanquisation” formulées par Trump.
Le “debanking” — le refus de fournir des services pour des motifs religieux ou politiques — a pris de l’importance au cours du second mandat de Trump. Le président et les responsables de son administration ont relayé les affirmations conservatrices selon lesquelles les grandes institutions financières “woke” — ou de gauche — auraient pris pour cible des particuliers, des groupes et des entreprises de tendance conservatrice en leur restreignant l’accès aux services bancaires. Le secteur a déclaré que les prêteurs s’étaient contentés de respecter la réglementation fédérale en fermant ces comptes.
En août 2025, Trump a signé un décret visant à lutter contre les pratiques discriminatoires de “debanking” et a intenté une action en justice contre JPMorgan Chase JPM.N en janvier pour des motifs similaires. La banque nie ces allégations. Une autorité de régulation bancaire de premier plan, le Bureau du contrôleur de la monnaie (OCC), mène également une enquête sur le “debanking” au sein de plusieurs établissements.
Dans sa lettre adressée à Fairbank, Hassan a indiqué que des informations supplémentaires étaient nécessaires pour permettre au Congrès d’exercer son contrôle.
La lettre demandait à Capital One d’identifier l’activité ayant déclenché son examen, d’expliquer les politiques qu’elle a appliquées, de décrire les conclusions ayant conduit aux fermetures de comptes et, dans la mesure où la loi le permet, de divulguer tout signalement ou toute communication avec les autorités fédérales ou d’État en lien avec cette affaire.