Une semaine sur les marchés : le recap du 2 au 6 novembre information fournie par Boursorama 06/11/2026 à 09:22
Lundi 2 novembre
CAC 40 : +0,98% à 8.047,69 points et 3,7 milliards d'euros échangés
La séance du jour
La Bourse de Paris commence la semaine en hausse, profitant de l'amélioration du sentiment des investisseurs avec la chute des prix du brut liée aux espoirs de désescalade au Moyen-Orient. Les positions restent très éloignées mais, selon l'Iran, les consultations sont "intenses", pour éviter une reprise des hostilités avec les États-Unis, un climat qui a fait chuter les cours du pétrole lundi d'environ 6%.
La Bourse de New York a, elle, fini en ordre dispersé : l'indice Dow Jones a gagné 0,41%, à 51.983,98 points. Le Standard & Poor's 500 a perdu 0,51%, à 7.541,40 points. Le Nasdaq Composite a reculé de son côté de1,07%, à 25.164,315 points. Les principaux indices de Wall Street avaient ouvert en hausse d'environ 1% à la faveur du regain d'optimisme sur le conflit au Moyen-Orient, mais cette tentative de rebond n'a pas résisté à une nouvelle débâcle des valeurs technologiques, à l'image d'Oracle ORCL.N , qui a reculé de près de 9% après que l'éditeur de logiciels, acteur majeur de l'intelligence artificielle, a annoncé son intention de lever 20 milliards de dollars par le biais d'une émission d'actions et d'obligations.
Dans son sillage, Marvel Technology MRVL.O a plongé de près de 13% après avoir annoncé un accord de 115 milliards de dollars pour le rachat de Lumentum LITE.O , dont le titre a lui-même chuté de 18%. Intel INTC.O a perdu 8,8% lundi, prolongeant ainsi sa chute spectaculaire de 29% enregistrée vendredi. Apple AAPL.O a reculé de 1,5% avant la publication de ses résultats trimestriels.
Valeur en vue
Alstom, a lourdement chuté en Bourse après son deuxième avertissement sur résultat de l'année lié à des difficultés de production de trains Coradia Max en Allemagne, sur fond de carnet de commandes bien rempli. Le titre Alstom a dévissé de 26,09% à 11,69 euros. Depuis janvier, l'action a chuté de 53% environ. Sa capitalisation boursière est tombée lundi à 5,4 milliards d'euros à la clôture. Ce sont donc 1,9 milliard d'euros qui se sont envolés en une séance. Sur l'exercice 2026-27 en cours, le deuxième constructeur ferroviaire mondial, a expliqué qu'il s'attendait désormais à produire seulement 4.000 voitures contre 4.400 à 4.500 attendues auparavant. En avril, le groupe avait déjà abaissé ses objectifs de performance et subi une première dégringolade boursière, en raison de ses difficultés d'exécution, juste après l'arrivée de Martin Sion, qui a succédé à Henri Poupart-Lafarge.
Mardi 3 novembre
CAC 40 : -0,34%, à 8.020,31 points
La séance du jour
La Bourse de Paris a terminé dans le rouge mardi, dans un climat de prudence et d'aversion pour le risque avant le dénouement des élections américaines de mi-mandat. Le secteur pharmaceutique profite d'une série de résultats encourageants. Le géant allemand Bayer a grimpé à Francfort après avoir relevé ses prévisions annuelles, porté par sa pharmacie, malgré une perte nette au troisième trimestre due à des dépréciations exceptionnelles et au reflux de l'agrochimie.
Le groupe pharmaceutique américain Pfizer a publié mardi un bénéfice net en recul de 8 % sur un an au troisième trimestre, à 3,24 milliards de dollars, inférieur aux attentes, mais a relevé ses prévisions annuelles.
La Bourse de New York a, elle, terminé sans direction claire, les investisseurs saluant le rebond du secteur technologique dans un climat néanmoins prudent avant les résultats des élections législatives de mi-mandat ("midterms") aux États-Unis. L'indice Nasdaq a progressé de 0,83%, le S&P 500 a gagné 0,36% tandis que le Dow Jones a perdu 0,38%. Les achats de valeurs liées à l'intelligence artificielle (IA) ont été le principal moteur du marché après plusieurs séances de fort repli : les géants des puces et autres composants électroniques, en première ligne de l'engouement pour l'IA, ont ainsi terminé en hausse, à l'image de Nvidia (+2,29%), Micron (+2,58%), Broadcom (+3,07%) ou Intel (+0,97%).
En parallèle, les opérateurs ont les yeux rivés sur les résultats des élections de mi-mandat qui ont lieu mardi, l'opposition démocrate espérant reprendre la majorité au Congrès et ainsi tenter de brider le président américain pour les deux dernières années de son mandat.
Valeur en vue
BioMérieux a profité d'une publication appréciée. Au troisième trimestre, le leader mondial du diagnostic in vitro a enregistré 1,04 milliard d'euros de chiffres d'affaires, en hausse organique de 8,1% sur un an. Les ventes dépassent les attentes des analystes, qui tablaient sur croissance organique de 5,9%, selon un consensus fourni par l'entreprise. BioMérieux a confirmé son objectif annuel de croissance organique des ventes entre 3 et 5%. Le groupe a toutefois ajusté sa prévision de résultat opérationnel courant contributif (ROCC), désormais attendu avec un effet de change négatif d'environ 35 millions d'euros, contre une fourchette précédente comprise entre -40 millions et -50 millions d'euros.
Mercredi 4 novembre
CAC 40 : +1,96%, à 8.177,89 points et 6,3 milliards d'euros échangés
Séance du jour
Les Bourses européennes ont terminé en nette progression, portées par la conviction des investisseurs que la nouvelle majorité au Congrès américain après la victoire écrasante des démocrates aux élections de mi-mandat, n'entraînera pas de changements réglementaires de grande envergure pour le secteur technologique, compte tenu des prérogatives que conservera la Maison blanche face au pouvoir législatif. À Paris, le CAC 40 a enregistré sa plus forte hausse journalière depuis le 6 mai dernier. A Francfort, le Dax a pris 2,22% et à Londres, le FTSE 100 a progressé de 1,79%. L'indice EuroStoxx 50 s'est octroyé 1,97%, le FTSEurofirst 300 1,87% et le Stoxx 600 1,82%.
Les investisseurs ont accueilli avec soulagement la fin de l'incertitude concernant la seconde partie du mandat de Donald Trump : les républicains perdent leur majorité à la Chambre des représentants et au Sénat et seront soumis à un contrôle parlementaire renforcé, mais le président américain peut toujours faire usage de son droit de veto et le prévisible blocage législatif rend difficile la mise en oeuvre de mesures politiques radicales.
Les actions des banques du Stoxx 600 se sont clairement démarquées (+4,32%), les analystes soulignant que les établissements européens pourraient faire l'objet d'une surveillance moins stricte de la part des Etats-Unis, tout comme les titres du secteur des énergies renouvelables, généralement la bête noire des politiques de Donald Trump, farouche défenseur des énergies fossiles. BNP Paribas, Société Générale et Crédit agricole ont gagné 4,66%, 3,8% et 3,3% et figurent ainsi parmi les valeurs les plus performantes du CAC 40.
Les groupes du secteur des énergies renouvelables Vestas, Orsted et Nordex ont pris 2,8%, 4,6% et 4,8% après le revers des Républicains. Sur le front des résultats d'entreprise, Novo Nordisk a bondi de 5,5%, la laboratoire danois ayant relevé ses prévisions alors que son traitement anti-obésité Wegovy a dépassé les attentes au troisième trimestre.
C'est vert très net aussi à New York alors que les résultats des élections de mi-mandat au Congrès américain dessinaient une victoire écrasante des démocrates, avec pour effet d'atténuer l'incertitude politique et de soutenir les prises de risque, même si un pan lié à l'intelligence artificielle (IA) a décliné par crainte de régulation accrue. L'indice Dow Jones a gagné 3%, à 53.356,12 points. Le S&P 500 a pris 1,6%, à 7.688,62 points. Le Nasdaq Composite a avancé de son côté de 1,4%, à 25.736,51 points.
Microsoft MSFT.O et Amazon AMZN.O , poids lourds de l'IA, ont tous deux pris mercredi plus de 6%, tandis que Meta META.O et Alphabet GOOGL.O ont progressé respectivement de 1,4% et 3,2%. Les opérateurs de centres de données IREN IREN.O et Hut 8 HUT.O ont plongé, de même qu'Applied Digital APLD.O et Core Scientific CORZ.O .
A noter, SpaceX SPCX.O et Tesla TSLA.O , détenues par Elon Musk, ont reculé de plus de 3%. L'homme d'affaires a dépensé près d'un demi-milliard de dollars pour soutenir des candidats républicains lors des "midterms", notamment au Texas, où sont basées les deux sociétés.
Valeur en vue
Viridien signe la plus forte hausse du SBF 120. Au 3e trimestre, la dette nette a reculé de 18% sur un an pour s'établir à 656 millions de dollars. Viridien reste pleinement engagé dans cette trajectoire financière, le cash-flow net généré étant en priorité affecté à la réduction de la dette. Fidèle à cette stratégie et aux dispositions de sa documentation obligataire, l'entreprise a annoncé un nouveau remboursement anticipé partiel de ses obligations en novembre, portant sur la tranche libellée en euros. Derrière la nette amélioration du bilan, les résultats opérationnels du trimestre se révèlent plus contrastés : le chiffre d'affaires consolidé IFRS s'est élevé à 236 millions de dollars, en repli de 12%. Toutefois, les revenus de son segment d'activité Geoscience renoue avec la croissance : 3% sur un an à 112 millionz et 17% par rapport au 2e trimestre. En revanche, la rentabilité opérationnelle subit un net coup d'arrêt. L'EBITDAs ajusté des activités ressort à 100 million (- 40% sur un an), pénalisé par une base de comparaison défavorable liée à des commissions de transfert exceptionnelles au 3e trimestre 2025.
Jeudi 5 novembre
CAC 40 : +0,34%, à 8.205,37 points et 6,6 milliards d'euros échangés
Séance du jour
La plupart des Bourses européennes ont terminé en baisse jeudi, avec tous les regards tournés vers les États-Unis. Exception notable : le CAC 40 qui a gagné 0,34%, malgré le repli des valeurs liées à l'IA comme STMicro. À Francfort, le Dax a reculé de 0,41% et à Londres, le FTSE 100 a perdu 0,43%. L'indice EuroStoxx 50 a terminé sur un recul de 0,61%. Les valeurs du secteur des semi-conducteurs Siltronic, ASML et Soitec ont perdu entre 6% et 16%.
A Wall Street, c'est carrément un mini krach auquel on a assisté. Le Nasdaq Composite a plongé de 5,52 %, accusant sa plus forte chute depuis avril 2025. L'indice est entré en phase dite de correction, ce qui signifie qu'il a perdu plus de 10 % par rapport à son sommet début octobre. Effaçant également l'intégralité de leurs gains enregistrés la veille, l'indice S&P 500 a glissé de 4,35 % et le Dow Jones a perdu 3,44 %.
Le marché analyse finalement les résultats des "midterms" comme un frein au développement de l'IA, alors que plusieurs nouveaux élus démocrates ont fait campagne pour ralentir la construction de centres de données dans leurs circonscriptions. Et les habitants de dizaines de villes américaines ont adopté mardi des restrictions ou des interdictions aux data-center, dont la multiplication implique des besoins massifs en puces.
Les géants du secteur des semi-conducteurs, déjà à la peine la veille, ont d'autant plus dégringolé, à l'image de Broadcom (-10,15 %), Micron (-17,77 %), AMD (-17,39 %) ou Intel (-10,39 %). Le mastodonte Nvidia, deuxième capitalisation mondiale, a décroché de 8,91%, soit une perte d'environ 400 milliards de dollars.
Les Sept Magnifiques - surnom donné aux poids lourds de la tech américaine ont lâché environ 800 milliards de dollars. C'est plus que le PIB de la Suède.
Des résultats financiers décevants ont aussi accentué la pression : l'action Qualcomm a cédé 9% après que ses ventes de puces pour smartphones se sont révélées inférieures aux prévisions. Selon les analystes d'UBS, environ 30% de l'augmentation de la capacité des centres de données américains prévue d'ici 2028 pourrait être compromise par d'éventuels arrêts de la construction, ce qui met en évidence le risque qui pèse sur un secteur dont la croissance dépend du déploiement rapide de nouvelles installations.
Valeur en vue
Air France-KLM a survolé cette séance orageuse avec une progression de 12%. Le groupe a enregistré un résultat opérationnel de 1,34 milliard d'euros au 3e trimestre, supérieur au 1,1 milliard d'euros attendus par les analystes selon un consensus compilé par le groupe. La filiale néerlandaise du transporteur, KLM, a par ailleurs présenté un plan de restructuration ambitieux visant à accroître son résultat annuel d'un milliard d'euros. KLM, qui a fusionné avec Air France en 2004, représente environ 40% à 45% du chiffre d'affaires et des effectifs du groupe.
Vendredi 6 novembre
CAC 40
Séance du jour
Les Bourses européennes sont en net repli vendredi, emportées à leur tour par la déroute des valeurs technologiques à Wall Street et en Asie, les investisseurs redoutant que la victoire des démocrates aux élections américaines ne freine l'essor de l'intelligence artificielle (IA).
Moins exposés au secteur technologique, les indices européens subissent tout de même le contrecoup des baisses asiatiques et américaines. Vers 08H15 GMT, la Bourse de Paris reculait de 1,28 %, Londres cédait 1,45 %, Francfort 1,44 % et Milan 0,96 %.
En Asie, le Nikkei, indice vedette de la Bourse de Tokyo, a terminé en chute de 5,96 % et le Kospi de Séoul sur un plongeon de 6,02 %.
Valeur en vue
Grosse chute pour TP. Le groupe a révisé à la baisse jeudi son objectif annuel de chiffre d'affaires, disant vouloir prendre en compte la faiblesse de ses services "Trust & Safety" et l'environnement sectoriel. Le spécialiste français des centres d'appel, qui confirme par ailleurs ses objectifs 2026 de marge d'Ebita récurrent et de cash-flow net disponible, prévoit désormais une croissance à données comparables du chiffre d'affaires comprise entre -1,5% et -2,5%, contre une fourchette précédente de 0% à +2%. "Alors que TP poursuit sa transformation dans un paysage sectoriel en évolution rapide, les objectifs financiers 2028 seront mis à jour au premier semestre 2027", prévient également le groupe dans un communiqué. TP a par ailleurs enregistré une baisse de 1,2% sur un an à données comparables de son chiffre d'affaires au troisième trimestre, qui atteint 2,53 milliards d'euros, la zone "Europe, MEA & APAC" connaissant la plus forte baisse à -1,5%.
Laurent Grassin, avec Reuters, AFP et ZoneBourse