Une semaine sur les marchés : le recap du 2 au 6 février
information fournie par Boursorama 06/02/2026 à 09:00

recap (Crédits: Boursorama - A. Morris)

Lundi 2 février

CAC 40 : +0,67%, à 8.181,17 points et 3,7 milliards d'euros

La séance

La Bourse de Paris a terminé en hausse, gagnée par l'optimisme sur les marchés mondiaux après un indicateur manufacturier meilleur que prévu aux Etats-Unis. L'indice ISM manufacturier a en effet atteint 52,6, au plus haut depuis 2022, alors même que le consensus d'analystes cités par Factset tablait sur 48,9.

Ces données ont contribué à soutenir les cours, malgré la chute des métaux précieux qui a ébranlé les marchés financiers ces derniers jours : or et argent ont respectivement perdu plus de 13% et 30% de leur valeur depuis jeudi. Ces deux métaux avaient bondi ces derniers mois, contre les fluctuations du dollar et les pressions de Donald Trump contre l'indépendance de la Fed. Mais une partie de ces risques a semblé s'atténuer vendredi quand le président américain a choisi Kevin Warsh, jugé plus conventionnel que les candidats précédemment pressentis, pour diriger la banque centrale américaine. Ce choix doit encore être confirmé par le Sénat américain.

L'ambiance était aussi bonne à Wall Street avec un indice Dow Jones qui a gagné 1,05%, à 49.407,66 points. Le Standard & Poor's 500 a pris 0,54% à 6.976,44 points et le Nasdaq Composite a +0,56%, à 23.592,107 points. L'indice Russell 2000 des petites capitalisations a cependant gagné 1,02%, surperformant largement le S&P 500 et le Nasdaq depuis le début de l'année. Selon LSEG, les ​analystes s'attendent à ce que les bénéfices ​des entreprises du S&P 500 aient progressé de près de 11% au quatrième trimestre, contre une estimation de hausse d'environ 9% début janvier.

Côté valeurs, Walt Disney a ​chuté de 7,40% malgré des bénéfices trimestriels supérieurs aux attentes, les investisseurs sanctionnant la ⁠baisse des visiteurs internationaux dans ses parcs à thème aux Etats-Unis et la baisse des résultats de sa division divertissements, incluant la production de films et son service de vidéos en continu.

Valeurs en vue

Eramet ERMT.PA nettement commence la semaine nettement dans le rouge. Et pour cause : dimanche, le groupe a déclaré avoir décidé de mettre un terme au mandat de Paulo Castellari, à la tête d'Eramet depuis moins d'un an, en raison "de divergences avec ce dernier sur les modes de fonctionnement". Le conseil d'administration de l'entreprise minière et métallurgique française a précisé dans un communiqué que le mandat prenait fin dimanche à 20h, la présidente du groupe, Christel Bories, assurant la fonction "le temps de mener un processus de désignation d'un nouveau directeur général". Christel Bories a précisé à la presse que cette décision n'avait "rien a voir avec les résultats" et que la stratégie du groupe n'était pas modifiée. Selon Nicolas Delmas, analyste financier chez Portzamparc, "le retour de Christel Bories devrait assurer une certaine stabilité durant la phase d'intérim". Toutefois, cette décision a été une "surprise" pour le courtier, qui souligne dans une note que "Paulo Castellari semblait prendre progressivement ses marques et avait lancé un plan ambitieux visant à adresser les sujets de performance opérationnelle (ReSolution)".

Mardi 3 février

CAC 40 : -0,02% à 8.179,50 points et 4,4 miliards d'euros échangés.

La séance

La Bourse de Paris a terminé la séance à l'équilibre. La place parisienne, qui a vu le gouvernement parvenir enfin à faire adopter son budget par le Parlement, se consacre au suivi des résultats d'entreprises, nombreux cette semaine, notamment pour le secteur bancaire. Sur le marché de la dette, le taux de rendement français à échéance dix ans est légèrement remonté, à 3,46%, contre 3,45% la veille, suivant la même tendance que son équivalent allemand, référence en Europe, à 2,89%, contre 2,88% la veille.

Outre-Atlantique, l'indice Dow Jones a cédé 0,34%, à 49.240,99 points. Le Standard & Poor's 500, 0,84% e le Nasdaq Composite a, lui, reculé de 1,43% à 23.255,185 points. L'attention du marché s'est portée sur les entreprises du secteur de la ⁠technologie capables de faire face à une compétition accrue et à une baisse de leurs marges en raison de l'IA. L'un des catalyseurs de ces inquiétudes a été ⁠le lancement d'un outil juridique ‍pour le chatbot Claude d'Anthropic, qui, selon la start-up, accélère, par exemple, ⁠la révision des contrats et le triage des accords de confidentialité. Nvidia et Microsoft ont tous deux reculé. Alphabet a chuté avant la publication mercredi ⁠de ses résultats. Amazon.com, qui doit publier ses résultats jeudi, a également terminé en ​baisse.Salesforce, Adobe, Synopsys, Datadog, Atlassian et Intuit ont tous fortement chuté.

Les ​valeurs du secteur de la ​santé ont également été sous pression après que le laboratoire danois Novo Nordisk, fabricant du traitement contre ​l'obésité Wegovy, a averti d'une baisse de ses ⁠ventes en 2026.

Valeur en vue

Publicis (-9%) émarge à la dernière place de l'indice CAC 40 en dépit d'une performance annuelle solide. Ce sont ses perspectives qui sont froidement accueillies par les investisseurs, le géant de la publicité anticipant pour cette année une croissance organique comprise entre 4 et 5%, après une progression de 5,6% en 2025. Le revenu net de Publicis a progressé de 4,2% en 2025 pour atteindre un niveau record de 14,55 MdEUR. La croissance organique a été positive dans l'ensemble des régions, avec des performances particulièrement marquées au Moyen-Orient-Afrique (+10,8%) et en Amérique latine (+8,7%). La marge opérationnelle a progressé de 5,1% pour atteindre 2,65 MdEUR, portant le taux de marge à un niveau record de 18,2%, au-delà des 18% enregistrés en 2024. Au 31 décembre 2025, Publicis affichait une trésorerie nette de 548 MEUR, contre 775 MEUR un an plus tôt. Sur l'ensemble de l'exercice, la dette nette moyenne du groupe s'est établie à 971 MEUR, après 585 MEUR en 2024. Par ailleurs, Publicis prévoit de consacrer en 2026 environ 900 MEUR à des acquisitions ciblées, principalement dans des domaines liés, directement ou indirectement, à l'intelligence artificielle, a indiqué son PDG Arthur Sadoun. "Le momentum reste toujours très bon et Publicis continue de gagner des parts de marché. Il a obtenu de nombreux gains de budgets en 2025 qui devraient mécaniquement soutenir sa croissance en 2026 à situation économique et publicitaire constante", souligne Oddo BHF, qui a réitéré sa recommandation à surperformance.

Mercredi 4 février

CAC 40 : +1,01% à 8.262,16 points et 5 milliards d'euros échangés

La séance

La Bourse de Paris termine cette journée en nette hausse. L'indice phare, le CAC 40, a notamment profité d'une "rotation" des investisseurs de leurs actifs provenant "du secteur technologique américain", explique Amélie Derambure, gérante de portefeuille diversifié chez Amundi. En cause, l'annonce mardi soir par Anthropic, l'entreprise derrière le modèle de langage Claude, d'un nouvel outil d'IA conçu pour traiter les tâches juridiques. De quoi raviver les craintes des éditeurs de logiciels qu'une "disruption par l'intelligence artificielle rendrait leur business model moins lucratif", analyse Amélie Derambure.

Wall Street finit de son côté en ordre dispersé, la large vague de vente des grands noms technologiques n'ayant pas suffi à complètement ébranler le reste de la place américaine. Parmi les déclencheurs de cette baisse, l'accueil glacial réservé aux résultats pourtant reluisants du groupe de semi-conducteurs Advanced Micro Devices (AMD). L'un des principaux fournisseurs de puces électroniques dédiées à l'intelligence artificielle (IA) a dépassé les attentes lors des trois derniers mois de 2025, affichant même un bénéfice net multiplié par trois par rapport à un an plus tôt. Et les prévisions d'AMD pour le trimestre en cours ont aussi été supérieures aux anticipations des analystes. Mais le titre a décroché, chutant de 17,31% à 200,19 dollars, soit environ 60 milliards de dollars de capitalisation boursière envolés en fumée.

Valeurs en vue

Soitec SOIT.PA s'est envolé (+23%) en Bourse après des résultats trimestriels jugés rassurants dans un contexte toujours difficile pour le fournisseur français de matériaux semi-conducteurs. C'est sa plus forte hausse journalière depuis décembre 2024. Le groupe a fait état mardi soir d'un chiffre d'affaires de 160 millions d'euros pour son troisième trimestre alors que les analystes attendaient en moyenne 149 millions, selon un consensus Vara partagé par Soitec. Les revenus ressortent néanmoins en baisse de 29% sur un an, le groupe citant notamment la faiblesse de sa division Automobile & Industrie. "Après une série de déceptions constantes depuis plus d'un an, les résultats du troisième trimestre de Soitec ont été exceptionnellement 'ennuyeux', une bonne nouvelle pour les actionnaires de Soitec, qui ont longtemps souffert de ces résultats décevants", souligne dans une note intitulée "Pas de nouvelle, bonne nouvelle !" Aleksander Peterc, analyste chez Bernstein. Les analystes de Jefferies soulignent pour leur part des résultats trimestriels au-delà de leurs attentes mais une prévision pour le trimestre à venir inférieure. Soitec prévoit que le chiffre d'affaires du quatrième trimestre progresse d'environ 20% par rapport au troisième trimestre. L'activité de la division Automobile & Industrie devrait "rester atone sur l'exercice".

Jeudi 5 février

CAC 40 : -0,29% à 8.238,17 points et 4,45 milliards d'euros.

La séance

La Bourse de Paris a fini en légère baisse, digérant prudemment la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de laisser ses taux inchangés, sur fond d'inquiétude généralisée des marchés pour le secteur de la tech. Selon la BCE, "l'inflation devrait se stabiliser au niveau de son objectif de 2% à moyen terme", dans un "environnement mondial difficile". Autre point d'attention des investisseurs: les doutes grandissants sur les valorisations du secteur de la tech et de l'intelligence artificielle, l'un des moteurs de la hausse des marchés mondiaux. Sur le marché obligataire, le taux français à échéance dix ans a atteint 3,44%, contre 3,45% la veille en clôture.

Le mouvement de repli a été beaucoup plus marqué à la Bourse de New York, le Nasdaq reculant à un plus bas depuis novembre dernier, dans le sillage des ‍pertes subies par Microsoft, Amazon et d'autres géants technologiques, après qu'Alphabet a déclaré que ses dépenses en capital pourraient doubler en 2026 afin d'accélérer dans la course à l'intelligence artificielle (IA). L'indice Dow Jones a cédé 1,20% à ‌48.908,72 points. Le S&P 500 a perdu 1,23% à 6.798,40 points et le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 1,59% à 22.540,59 points.

Communiquant mercredi après-clôture ses résultats trimestriels, Alphabet a dit prévoir d'effectuer ​jusqu'à 185 milliards de dollars de dépenses d'investissement cette année. La maison-mère de Google a cédé 0,55%. Au ⁠total, les géants de la "tech" devraient investir plus de 500 milliards de dollars pour le développement de l'IA en 2026. Les investisseurs attendaient après la clôture les résultats d'Amazon, ⁠qui a fini la séance en recul ‍de 4,4%, alors que seront scrutés ses projets d'investissements dans l'IA. Bien qu'il devrait ⁠profiter de ces dépenses massives allouées dans la course à l'IA, le poids lourd Nvidia a également terminé en baisse, cédant 1,4%. Microsoft, Palantir et Oracle ont tous décliné, respectivement de 5%, 6,8% et 7%.

Valeur en vue

Le groupe automobile Stellantis a reculé de 5,69% à 8,17 euros, comme une grande partie du secteur automobile en Europe, qui a pâti des mauvais résultats de Volvo Car. Ce dernier s'est effondré de 22,53% à 22,93 euros à la Bourse de Stockholm, après avoir annoncé un bénéfice d'exploitation en recul de 51% à 1,9 milliard de couronnes au dernier trimestre, loin des 4,6 milliards de couronnes attendus par le consensus des analystes établi par Bloomberg.

Vendredi 6 février

CAC 40 : -

La séance

Le CAC 40 évolue en repli de 0,4% peu après l'ouverture, plombé par Stellantis qui décroche de plus de 17%.

Valeur en vue

Bis repetita pour Stellantis. Le groupe a annoncé des charges exceptionnelles massives d'environ 22,2 milliards d'euros au second semestre 2025, reflétant un ‍virage stratégique passant notamment par une révision en baisse de ses ambitions 100% électriques et conduisant à une lourde perte nette qui privera ses actionnaires de dividende. Le ‌constructeur automobile né de la fusion entre PSA et FCA a vu sa situation financière se dégrader fortement courant 2024 à la suite d'une ​baisse de ses ventes en Amérique du Nord et en Europe ⁠qui a précipité le départ de l'ancien directeur général Carlos Tavares. "Le 'reset' annoncé aujourd'hui s'inscrit dans la démarche décisive engagée en 2025, visant ⁠à remettre nos clients ‍et leurs attentes au cœur de toute notre action", a ⁠déclaré le nouveau directeur général Antonio Filosa cité dans un communiqué. "Les charges exceptionnelles annoncées aujourd'hui reflètent en grande partie le coût d'avoir surestimé le rythme de ​la transition énergétique, ce qui nous a éloignés des besoins, des moyens financiers et des désirs réels de nombreux acheteurs."

Laurent Grassin, avec Reuters, AFP, ZoneBourse et AOF