Une semaine sur les marchés : le recap du 19 au 23 janvier
information fournie par Boursorama 23/01/2026 à 09:07

recap (Crédits: Boursorama - A. Morris)

Lundi 19 janvier

CAC 40 : -1,78% à 8.112,02 points et 3,3 milliards de dollars

La séance

Les Bourses européennes ont terminé dans le rouge lundi, alors que Donald Trump menace d'imposer de nouveaux droits de douane en Europe sur fond de tensions autour du Groenland, ce qui fait grimper l'or et d'autres actifs refuge et pèse sur les ‍marchés d'actions. À Paris, le CAC 40 a perdu 1,78% à 8.112,02 points. A Francfort, le Dax a reculé de 1,33% et à Londres, le FTSE 100 a abandonné 0,39%.

Les cours de l'or et de l'argent ont atteint de nouveaux sommets ⁠historiques, tandis que le pétrole a chuté en raison des inquiétudes suscitées par les répercussions qu'une éventuelle guerre commerciale entre les États-Unis et l'Europe pourrait avoir sur la croissance et la demande mondiales.

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a mis en garde les Européens contre toute mesure de rétorsion "malavisée" envers les Etats-Unis dans la confrontation qui les oppose sur le sort du Groenland. "Je pense que ce serait très malavisé", a-t-il déclaré à des journalistes qui l'interrogeaient à ce sujet en marge du Forum ​de Davos.

Les menaces douanières américaines devraient tendre l'atmosphère à Davos, où les dirigeants du monde entier se réunissent à l'occasion du Forum économique mondial, notamment une importante délégation américaine menée par Donald Trump.

Wall Street était fermé pour le Martin Luther King Jr. Day, un jour férié fédéral célébré chaque année le troisième lundi de janvier.

Valeurs en vue

C'est un coup d'arrêt au rebond d' Ubisoft qui gagne toutefois encore plus de 10% en Bourse sur un mois. En cause, une note de Bernstein sur l'éditeur de jeux vidéo. Le bureau d'analyses a abaissé son objectif de cours de 9,50 à 6,90 euros sur l'action. Celle-ci avait récemment prolongé sa hausse alors que, dans une note, les analystes d'AllInvest Securities évoquaient des rumeurs jugées "crédibles" d'un éventuel remake d' Assassin's Creed IV: Black Flag , le volet "pirate" de la célèbre franchise d'action et d'aventure, sorti en 2013. Lacorrection de x% du jour vient en tout cas confirmer la forte volatilité actuelle du titre, qui reste très spéculatif.

Mardi 20 janvier

CAC 40 : -0,61% à 8.062,58 points et 3,9 milliards d'euros échangés

La séance

Le CAC 40 se replie logiquement, plombé par les tensions entre Bruxelles et Washington autour du Groenland. Le Parlement européen a décidé de suspendre le processus de ratification de l'accord commercial entre l'Union européenne et les Etats-Unis, qui avait été conclu l'été dernier. Les valeurs européennes du luxe, pour qui les Etats-Unis sont un marché crucial, ont encore reculé, après une séance en net repli lundi. LVMH a perdu 2,20% à 570 euros, Hermès 1,18% à 2.088 euros et Kering 2,60% à 269,65 euros. Même mouvement du côté des entreprises du secteur automobile exportant sur le marché américain. Stellantis a perdu 1,69% à 8,08 euros. Donald Trump a aussi menacé d'imposer des droits de douane de 200% sur les vins et champagnes français en réponse au refus d'Emmanuel Macron de rejoindre son "Conseil de paix", qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde. Les discussions autour du budget 2026 à l'Assemblée nationale était l'autre point d'attention du jour. Sébastien Lecornu a engagé la responsabilité de son gouvernement sur la partie recettes du budget, un premier 49.3 d'une série de trois, qui devrait permettre la promulgation du texte avant la mi-février, sauf censure.

La Bourse de New York a, elle, fini en nette baisse : l'indice Dow Jones a cédé 1,76%, à 48.488,59 points. Le S&P 500 a perdu 2,06%, à 6.796,86 ‌points. Le Nasdaq Composite a reculé de son côté laché 2,39% à 22.954,32 points. Les trois principaux indices de Wall Street ont connu mardi leur plus important repli quotidien depuis le 10 octobre dernier. Alors que Wall ​Street était fermée lundi, il s'agissait de la première séance depuis que Donald Trump a annoncé samedi ⁠qu'il imposerait à compter du 1er février des surtaxes douanières de 10% sur les produits en provenance de huit pays européens, dont la France et la Grande-Bretagne, pour leur opposition à ⁠son projet de prise de contrôle du ‍Groenland. Ces surtaxes, a-t-il ajouté, seraient portées à 25% au 1er juin en l'absence ⁠d'un accord à propos du Groenland et continueraient de grimper tant qu'une solution ne sera pas trouvée à propos du territoire autonome danois, que le président dit vouloir acquérir, si nécessaire par la force.

Valeur en vue

Belle séance pour Renault qui gagne 2,25% sur la journée. Renault Group a fait état d'une troisième année de croissance consécutive de ses ventes mondiales, qui ont même accéléré grâce au succès de ses petites berlines en Europe et du développement de la marque au losange hors du continent. Le constructeur automobile français a vendu l'an dernier 2,34 millions de véhicules à travers le monde, une croissance de 3,2%. L'année précédente, ses ventes avaient ralenti à +1,3% après un rebond de 9% en 2023 à la faveur d'une salve de nouveautés venue interrompre quatre années de baisse des ventes. Le groupe a vu sa croissance en Europe s'essouffler à +0,5% à cause d'un marché du véhicule utilitaire toujours en berne, même s'il a donné des signes d'amélioration sur la deuxième moitié de 2025. La dégradation de ces ventes très rentables l'an dernier a contribué à l'avertissement de Renault sur ses prévisions annuelles en juillet dernier. Pour les seules voitures, les ventes du constructeur ont au contraire accéléré avec une croissance presque doublée à 5,9% grâce à des petits modèles comme la Dacia Sandero ou la Renault Clio, les deux voitures les plus vendues du marché européen, ou encore la Renault 5 électrique, devenue la numéro un des citadines électriques en Europe, et le nouveau petit SUV Symbioz, désormais l'hybride le plus vendu de la marque Renault.

Mercredi 21 janvier

CAC 40 : +0,08% à 8.069,17 points et 3,8 milliards d'euros échangés

La séance

Après avoir passé la première partie de la séance dans le rouge, le CAC 40 a fini proche de l'équilibre (+0,08%), après le discours à Davos du président américain Donald Trump, qui a réitéré son intention d'annexer le Groenland mais a exclu le recours à la force, ce qui a un peu rassuré les investisseurs.

En France, le premier ministre Sébastien Lecornu a engagé mardi la responsabilité de son gouvernement sur la partie recettes du budget de l'État pour 2026, premier d'une série de trois 49.3 qui devrait permettre la promulgation du texte avant la mi-février, sauf censure.

Du côté du marché de la dette, le taux d'intérêt de l'emprunt français à échéance dix ans a atteint 3,53%, au même niveau que la veille.

Côté américain, après sa forte chute de la veille, la Bourse de New York a inversé la tendance avec les déclarations de Donald Trump intervenues après la clôture de Paris. L'indice élargi S&P 500 a gagné 1,16%, le Dow Jones a progressé de 1,21% et l'indice Nasdaq a pris 1,18%. La veille, les trois indices vedettes étaient tombés d'environ 2%.

Peu après son intervention à Davos, le chef d'Etat américain a levé la menace de surtaxes commerciale brandie contre certains pays européens, assurant avoir "conçu le cadre d'un futur accord concernant" le Groenland. "Sur la base de cette entente, je n'imposerai pas les droits de douane qui devaient entrer en vigueur le 1er février", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social, sans donner aucun détail sur le "cadre" en question.

Vers 21H15, le rendement de l'emprunt d'Etat américain à dix ans se détendait ainsi par rapport à la veille, à 4,25% contre 4,29% la veille. Côté valeur, Netflix a terminé dans le rouge (-2,18% à 85,36 dollars) au lendemain de la publication de ses résultats trimestriels. Le géant du divertissement a pourtant dépassé pour la première fois les 12 milliards de dollars de chiffre d'affaires lors des trois derniers mois de 2025, en hausse de près de 18% sur un an, et prévoit de retrouver un bénéfice de plus de 3 milliards au prochain trimestre. Le géant des puces Intel (+11,72% à 54,25 dollars) s'est envolé poussé par l'optimisme des analystes pour son titre avant la publication de ses résultats jeudi.

Valeurs en vue

Edenred a progressé de près de 8% après la suspension provisoire d'un décret réformant le secteur au Brésil, qui représente près de 10% de son activité. De son côté, Pluxee progressait de 7,79% à 12,05 euros à la même heure. Les marchés ont accueilli favorablement la suspension en référé de la réforme du Programme d'alimentation du travailleur (PAT). Le décret du président Lula annoncé en novembre prévoit notamment de plafonner les commissions versées par les commerçants aux émetteurs de titres-restaurants et de réduire les délais de remboursement des émetteurs aux fournisseurs, ce qui affecterait les fruits du placement de ces flux financiers. Dans le cadre d'une procédure de référé, un juge brésilien a temporairement suspendu tous les effets de ce décret, a indiqué Edenred à un journaliste de l'AFP. Cette décision ne s'applique qu'à Edenred, a précisé l'entreprise, "même si d'autres émetteurs ont également saisi la justice". Selon Edenred, le gouvernement dispose désormais de 30 jours pour faire appel. L'éventuelle décision en appel sera aussi provisoire, "jusqu'à ce qu'un jugement définitif soit rendu sur le fond". Cette décision définitive devrait être rendue fin 2026 ou début 2027, a précisé Edenred. L'activité de titres-restaurants et titres-alimentations au Brésil a représenté 9,5% du chiffre d'affaires opérationnel mondial du groupe en 2024.

Jeudi 22 janvier

CAC 40 : +0,99% à 8.148 points et 4 miliards d'euros échangés

La séance

La Bourse de Paris a fini en solide hausse, soulagée par la levée des menaces douanières de Donald Trump contre certains pays européens, dont la France, qui s'opposaient à l'annexion du Groenland par les États-Unis. Après des semaines de déclarations agressives, le président américain a subitement annoncé mercredi au forum économique de Davos "le cadre d'un futur accord" sur le Groenland, conclu lors d'une réunion avec le chef de l'Otan, Mark Rutte. Peu de détails ont en revanche filtré concernant cet l'accord.

Même ambiance à Wall Street : le Dow Jones a gagné 0,63%, l'indice Nasdaq 0,91% et l'indice élargi S&P 500 a pris 0,55%. En deux jours, les trois principaux indices de la place américaine ont effacé l'essentiel de leurs pertes liées aux tensions sur le Groenland. Côté statistique, l'indice d'inflation PCE montre que celle-ci s'est stabilisée sur un an en novembre, tout en restant nettement au-dessus de la cible fixée par la banque centrale (Fed). La croissance du produit intérieur brut (PIB) du pays a été légèrement révisée à la hausse au troisième trimestre 2025, à 4,4% en rythme annualisé, contre 4,3% lors de la précédente estimation. Côté valeurs, le groupe aéronautique GE Aerospace a chuté (-7,38% à 295,00 dollars) malgré des résultats supérieurs aux attentes au quatrième trimestre 2025, profitant notamment d'un bond des livraisons de moteurs et des ventes de pièces détachées.

Valeur en vue

Si les investisseurs étaient tous des joueurs, il y aurait de quoi casser sa manette. Ubisoft s'est effondré de près de... 40% sur la séance, le titre cotant x euros à la clôture. En cause, une série d'annonces qui a secoué les investisseurs.Empêtré dans des difficultés financières depuis plusieurs années, le géant français des jeux vidéo se dote d'une nouvelle organisation inédite pour être plus compétitif, au prix de plusieurs jeux annulés et d'une nouvelle cure d'austérité. Première victime de ce grand chambardement interne: "Prince of Persia: les Sables du temps" ne verra jamais le jour malgré plusieurs années de développement. Cinq autres jeux sont également abandonné alors que sept autres jeux bénéficieront "d'un temps de développement supplémentaire". Confronté à un marché plus sélectif et concurrentiel, la direction du groupe a annoncé prévoir finalement une perte opérationnelle d'un milliard d'euros pour l'exercice en cours et vouloir recentrer ses efforts, en repartant avec une nouvelle organisation interne. Ce modèle opérationnel sera lancé début avril et s'articulera autour de cinq "maisons de créations" réunissant une partie de ses studios. La première, Vantage Studios, a vu le jour en octobre et réunit les marques phares d'Ubisoft ("Assassin's Creed", "Rainbow Six" et "Far Cry"), avec pour objectif de générer un milliard d'euros par an. Valorisée à 3,8 milliards d'euros, cette filiale est détenue à hauteur de 26,32% par le groupe chinois Tencent, en échange de 1,16 milliard d'euros. Elle est désormais rejointe par quatre autres "maisons" thématiques: une consacrée aux jeux de tirs ("The Division", "Ghost Recon", "Splinter Cell"), une dédiée aux univers fantastiques ("Rayman", "Prince of Persia", "Beyond Good & Evil"...), une autre réunissant des titres comme "For Honor" et "The Crew", tandis qu'une dernière est centrée sur les jeux familiaux comme "Just Dance". Côté salariés, la direction souhaite réduire fortement le télétravail pour revenir à une présence sur site de cinq jours par semaine. Un souhait qui pourrait passer difficilement: plusieurs grèves avaient paralysé les studios en 2024 en France pour défendre le travail à distance. Enfin, le groupe, qui a réduit ses effectifs de plus de 3.000 salariés dans le monde et fermé plusieurs studios ces dernières années dans le cadre d'un plan d'économie de 300 millions d'euros, engage "une troisième et dernière phase" de ce plan, pour réduire ses coûts "d'au moins 200 millions d'euros" d'ici deux ans.

Vendredi 23 janvier

CAC 40 : -

La séance

Les Bourses européennes ont ouvert en légère baisse, le soulagement lié à l'annonce d'un protocole d'accord sur le Groenland laissant place à la prudence. Dans les premiers échanges, la Bourse de Paris perdait 0,26% et Milan 0,53%, quand Londres (+0,04%) et Francfort (-0,07%) évoluaient autour de l'équilibre.

Valeur en vue

Est-ce l'année de la recovery pour Worldline. Alors que le titre perd encore plus de 60% en six mois, il s'affiche parmi les plus fortes hausses du SBF 120. Qu'est ce qui peut expliquer cette progression ? Morgan Stanley a repris le suivi de la valeur mais le bureau d'analyses de la grande banque américaine a émis une recommandation à "sous-pondérer" eassortie d'un objectif de cours à 1,35 euro. Aujourd'hui, le consensus d'analystes recensé par Factset Estimates fait ressortir 8 analystes à conserver, pour 2 à acheter ou renforcer et 5 à alléger ou vendre pour un objectif de cours moyen de 2,14 euros.

Laurent Grassin, avec Reuters, AFP, ZoneBourse et AOF