Une semaine sur les marchés : le recap du 14 au 18 septembre information fournie par Boursorama 18/09/2026 à 17:35
Lundi 14 septembre
CAC 40 : -0,76%, à 8.117,78 points et 3,9 milliards d'euros échangés
La séance
La Bourse de Paris a fini en baisse lundi, ployant face au recul généralisé des valeurs liées à l'intelligence artificielle, sur fond de hausse des prix de l'énergie et des taux d'intérêt des dettes souveraines. Depuis plusieurs mois, les investissements massifs des géants de la tech dans l'intelligence artificielle sont le principal moteur de la hausse des marchés, malgré les incertitudes macroéconomiques et géopolitiques grandissantes. Or, le patron d'Anthropic, Dario Amodei, a appelé samedi à ralentir la vitesse de développement de l'intelligence artificielle (IA), un message auquel se sont rapidement ralliés Elon Musk et Sam Altman (OpenAI). Résultats, les entreprises bénéficiant du développement de cette technologie ont reculé en Bourse.
Soitec et STMicroelectronics ont fortement chuté, respectivement de 12,58% à 123,40 euros et de 6,58% à 41,74 euros. Les fournisseurs d'infrastructures pour les centres de données de l'IA ont eux aussi sombré. Schneider Electric a cédé 6,54%, à 272,05 euros, et Legrand 6,70%, à 132,35 euros. Les entreprises de logiciels ont en revanche repris du poil de la bête, car le développement de l'IA faisait douter les investisseurs quant à l'avenir de leur modèle économique. Capgemini a pris 6,61%, à 109,70 euros, et Dassault Systemes 4,99%, à 21,25 euros.
Le taux d'intérêt à dix ans de l'obligation française a dépassé lundi 4,50%, pour la première fois depuis 2008. Il a finalement terminé la séance à 4,47%, contre 4,45% vendredi. Son équivalent allemand a atteint 3,51%, contre 3,50%.
C'est la même défiance qui a pesé sur les marchés américains, avec les mêmes résultats. L'action Nvidia a reculé de 3,4%, tandis que celle de Micron Technology a chuté de plus de 5%. Broadcom et Advanced Micro Devices ont chacune perdu plus de 4%. L'indice PHLX des puces électroniques .SOX a chuté de 5,9 %, ramenant sa progression pour 2026 à 57%.
Mardi 15 septembre
CAC 40 : -0,34% à 8.090,28 points
La séance
Mêmes causes mêmes effets et c'est une nouvelle séance de repli à la Bourse de Paris. Le CAC 40 finit dans le rouge au fil d'une séance où L'Oréal (-0,78%) s'est offert le luxe de passer devant LVMH (-2,64%) en tête du classement des plus grosses capitalisations de l'indice.
La hausse du pétrole amorce l'inflation qui accélère à son tour l'envolée des taux. Les investisseurs demandent désormais un rendement de 4,50% pour prêter de l'argent à dix ans à l'Etat français, en écart croissant de près de 100 points avec l'Allemagne (3,53%).
Valeurs en vue
Sale temps pour le luxe. Le contexte géopolitique pèse un peu plus sur une tendance déjà défavorable. Les deux géants du luxe Hermès (-2,76% à 1.375 euros) et LVMH (-2,64% à 406,45 euros) ont subi les deux mouvements de vente les plus importants. Le désaveu a également touché L'Oréal (-0,78% à 381,20 euros) qui a néanmoins dépassé LVMH en tête du classement de la plus forte capitalisation. Le géant des cosmétiques pèse désormais plus de 203 milliards en termes d'action en circulation, contre environ 201 milliards d'euros pour LVMH, selon les calculs de l'AFP à la clôture des marchés européens. LVMH sort du top 10 européen, derrière les mastodontes des semi-conducteurs ASML ou Arm Holdings, le champion des logiciels SAP ou les géants pharmaceutiques Roche, Novartis et AstraZeneca.
Mercredi 16 septembre
CAC 40 : +0,62% à 8.140,59 points
La séance
C'est le rebond à Paris qui a patienté avant la décision de la Fed. En attendant, la pause observée dans la hausse des cours du pétrole et le recul des rendements obligataires ont suffi à raviver l'appétit pour le risque. Les indices de la volatilité à Wall Street et sur l'Euro Stoxx 50 ont reflué d'environ 5%, passant respectivement autour de 16 points et 19 points.
Et la Fed justement a rendu son verdict à 20h, heure de Paris. relevant son taux directeur de 25 points de base, dans une fourchette de 3,75% à 4%, pour la première fois en plus de trois ans afin de lutter contre une hausse de l'inflation provoquée par la flambée des prix du pétrole en raison de la guerre au Moyen-Orient. Cette décision sans surprise a été prise à l'unanimité, a indiqué la Fed dans le communiqué publié à l'issue de sa réunion de deux jours de politique monétaire. La banque centrale américaine a fait savoir que des hausses supplémentaires des taux allaient vraisemblablement être effectuées à court terme.
Avant le communiqué de la Fed, publié en début d'après-midi à Washington, les trois principaux indices de Wall Street avaient enregistré des gains, le Nasdaq profitant notamment du rebond du secteur des semiconducteurs. Finalement, le Dow Jones a cédé 1,21%, à 51.461,78 points, le S&P 500 .SPX a perdu 0,44%, à 7.552,14 points. Le Nasdaq Composite .IXIC, lui, a reculé de son côté de 3,15 points (0,01%) à 25.978,43 points.
Valeurs en vue
Intel a grimpé de 4% aujourd'hui. Selon des sources de Reuters, le coréen SK Hynix mène des discussions exploratoires avec le groupe américain afin de produire pour la première fois des puces mémoire aux Etats-Unis. Parmi les scénarios envisagés figure la location d'une partie du futur complexe d'Intel dans l'Ohio, dont les premières usines sont désormais attendues en 2030 et 2031. Une autre possibilité serait la création d'une coentreprise associant Intel et de grands groupes du cloud souhaitant sécuriser leurs approvisionnements en mémoires face à la forte demande liée à l'intelligence artificielle. La nature des puces concernées reste indéterminée. SK Hynix produit notamment des mémoires DRAM et NAND et domine le marché des mémoires HBM, essentielles aux accélérateurs d'IA. Une fabrication américaine de technologies avancées comme les HBM ou les DRAM pourrait toutefois nécessiter un examen des autorités sud-coréennes en raison de leur caractère stratégique. SK Hynix affirme étudier différentes possibilités pour accroître ses capacités, mais souligne qu'aucune décision concernant une production aux Etats-Unis ou une coopération avec Intel n'a été finalisée.
Jeudi 17 septembre
CAC 40 : +0,57% à 8.186,93 points
La séance
Deuxième séance de progression consécutive à Paris. Le CAC 40 a ainsi terminé sur un gain de 0,57%, à 8 186,93 points, à Francfort, le DAX 40 s'est adjugé 0,77% et à Londres, le FTSE 100 a fini en hausse de 1,20%.
Le catalyseur haussier est lié à la baisse des cours du pétrole pour la deuxième séance consécutive. Au moment de la clôture en Europe, le WTI à New York perdait 1,23%, à 100,74 dollars, et le Brent de la mer du Nord à Londres cédait 1,84%, à 103,66 dollars. Les prix de l'or noir sont au plus bas depuis un peu plus d'une semaine, en partie grâce à une intervention chinoise.
Selon Reuters, la Chine aurait demandé en privé à l'Iran de contenir ses alliés Houthis au Yémen. Cet appel intervient après une demande de l'Arabie saoudite à Pékin, à la suite de l'offensive militaire menée ces derniers jours par les Houthis.
Valeur en vue
Belle séance pour Exosens qui a profitédu net relèvement de ses objectifs 2026 avec une montée en cadence industrielle plus rapide que prévu. Le groupe vise désormais une croissance d'environ 20% de son chiffre d'affaires et de 25% de son EBITDA ajusté à mi-fourchette par rapport à 2025. Le spécialiste des technologies d'amplification, de détection et d'imagerie vise désormais un chiffre d'affaires compris entre 558 et 570 millions d'euros, contre une précédente fourchette de 520 à 540 millions. L'EBITDA ajusté est désormais attendu entre 186 et 192 millions, (vs entre 168 et 178 auparavant).
Vendredi 18 septembre
CAC 40 : -1,49%, à 8.065,02 points
La séance
Les Bourses européennes ont clôturé la dernière séance de la semaine dans le rouge. Cette semaine a été marquée par les décisions de politique monétaire de plusieurs banques centrales : Fed, Banque d'Angleterre et Banque du Japon. Dans le même temps, les investisseurs gardent toujours un oeil sur les tensions géopolitiques incessantes au Moyen-Orient. Après deux hausses consécutives, le CAC 40 a perdu 1,49% repassant à nouveau sous la barre des 8 100 points : 8 065,02. L'indice phare parisien aura cédé 1,40% sur l'ensemble de la semaine. Londres, Francfort et Amsterdam ont reculé respectivement de 1,50%, 1,63% et 0,52%.
A Wall Street, la tendance est similaire. Le Nasdaq cède 0,09% après 17h45. Le Dow Jones perd 0,41% et le S&P 500 fléchit de 0,15%.
Valeur en vue
Orange accuse la plus forte baisse du CAC 40 (-5,8%), pénalisé par une dégradation de Morgan Stanley. La banque américaine abaisse sa recommandation de "pondération en ligne" à "sous-pondérer" et ramène son objectif de cours de 16,50 à 15 euros, estimant que les principaux catalyseurs positifs ayant soutenu le titre ces derniers mois sont désormais largement intégrés.
Selon la banque américaine, la politique française, entre l'élection présidentielle et les débats budgétaires, ainsi que les enjeux liés à la concurrence, avec un processus réglementaire qui pourrait s'étendre sur une quinzaine de mois, devraient rester au coeur des préoccupations des investisseurs d'Orange et peser sur les perspectives du titre jusqu'à fin 2027.
Laurent Grassin, avec Reuters, AFP et ZoneBourse