Une semaine sur les marchés : le recap du 13 au 17 avril
information fournie par Boursorama 17/04/2026 à 09:13

recap (Crédits: Boursorama - A. Morris)

Lundi 13 avril

CAC 40 : -0,29% à 8.235,98 points et 3,8 milliards d'euros échangés

La séance

La Bourse de Paris a démarré la semaine en baisse, minée par la perspective d'un blocus du détroit d'Ormuz promis par l'administration américaine, et en attendant les premiers résultats d'entreprises pour le premier trimestre. Sur l'ensemble de la semaine dernière, le CAC 40 avait rebondi de 4% avec l'annonce d'un cessez-le-feu et de négociations entre l'Iran et les États-Unis. Mais les négociations du weekend ont échoué, le président Trump a même annoncé un "blocus" sur le détroit d'Ormuz, renvoyant les investisseurs à la crainte de voir rester paralysé ce passage stratégique, par lequel transite quelque 20% des flux mondiaux de pétrole et de gaz.

Reste que l'heure fixée par les Etats-Unis pour le blocus des ports iraniens, à 14H00 GMT lundi, est passée, sans que l'armée américaine ne confirme l'effectivité du blocus. Ce regain de tensions autour du détroit d'Ormuz a de nouveau propulsé les prix du pétrole au-dessus du seuil des 100 dollars le baril.

Les marchés s'en sont mieux tirés outre-Atlantique : l'indice Dow Jones .DJI a gagné 0,63%, à 48.218,25 points. Le S&P 500 a pris 1,02%, à 6.886,24 points. Le Nasdaq Composite .IXIC a avancé de son côté de 1,23% à 23.183,736 points. Après un début de séance morose, le S&P 500 et le Nasdaq ont repris de la vigueur dans l'après-midi à la suite de déclarations de Donald Trump affirmant que l'Iran souhaitait conclure un accord, mais qu'il ne validerait aucun arrangement permettant à Téhéran de se doter de l'arme nucléaire. Le fait que les contrats à terme sur le pétrole brut aient effacé leurs gains antérieurs pour s'établir sous la barre des 100 dollars a également soutenu le marché.

Les investisseurs se sont montrés peu convaincus par l'ouverture de la saison des résultats du premier trimestre par Goldman Sachs GS.N , dont l'action a perdu 1,87% tandis que les inquiétudes concernant la faiblesse des revenus issus des activités obligataires, des changes et des matières premières l'emportaient face à des résultats supérieurs aux attentes.

Valeurs en vue

Sandisk signe une 4e séance de hausse d'affilée et accélère avec une progression de 11,83% sur la séance. Le cours a notamment été portée par Jefferies qui a relevé son objectif de cours de 700 à 1000 dollars sur le leader mondial du stockage à mémoire flash, spécialisé dans les technologies NAND, SSD, cartes mémoire et solutions embarquées. Porté par la vague IA, le titre progresse désormais de 300% depuis le début de l'année et de 648% sur six mois !

Mardi 14 avril

CAC 40 : +1,12% à 8.327,86 points et 4,6 milliards d'euros ajoutés

La séance

Une séance de rebond sur le CAC 40. Comme les autres marchés boursiers, les investisseurs parisiens restent focalisés sur la situation au Moyen-Orient, après plusieurs jours de cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran. Malgré l'échec de négociations au Pakistan, le président américain Donald Trump a assuré lundi que l'Iran voudrait "faire un accord, à tout prix". Son vice-président, JD Vance, a lui déclaré que la "balle est dans le camp" des Iraniens. Dans ce contexte, les cours du pétrole reculent mardi, sous les 100 dollars. Reste que l'économie mondiale devrait pâtir cette année des conséquences de la guerre au Moyen-Orient, selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) actualisées mardi, avec une croissance dans l'ensemble limitée à 3,10%, contre 3,30% attendu auparavant.

Valeurs en vue

Séance volatile pour LVMH, première capitalisation du CAC 40. De janvier à fin mars, le numéro un mondial du luxe a enregistré 19,1 milliards d'euros de ventes, un chiffre inférieur à la moyenne des prévisions des analystes recueillies par FactSet, qui tablaient sur 19,3 milliards d'euros. A taux de change et périmètre comparables, les ventes ont progressé de 1%, le conflit coûtant environ un point de croissance durant la période, précise l'entreprise, tout en notant l'effet défavorable marqué des effets de change, liés à l'euro fort. Son titre a d'abord reculé une bonne partie de la séance en raison de ces résultats décevants. Avant de se reprendre, et de finir à l'équilibre (-0,06% à 481,45 euros).

Mercredi 15 avril

CAC 40 : -0,64% à 8.274,57 points et 4,1 milliards d'euros échangés

La séance

Le repli des valeurs du luxe a pesé sur la séance à la Bourse de Paris, malgré l'accalmie relative au Moyen-Orient et sur les prix du pétrole. De très loin, Kering (contrôlé par la famille Pinault) et Hermès ont enregistré les deux plus mauvaises performances de la journée. La maison-mère de marques globales (Gucci, Balenciaga...) a reculé de 9,29% à 254 euros l'action. Kering a annoncé un chiffre d'affaires en recul de 6% au premier trimestre, toujours lesté par Gucci, et la guerre au Moyen-Orient. Le titre d'Hermès, de loin le plus cher parmi les 40 valeurs du CAC, a reculé de 8,22% à 1.636,50 euros (avec un volume portant sur 351.878 actions).

L'accalmie s'est traduite par une relative pause sur les marchés du pétrole et des taux d'intérêts, qui anticipent des risques d'inflation. Les taux d'intérêt naviguent également à vue: le rendement à échéance dix ans de l'emprunt français atteignait 3,68%, en légère progression par rapport à la veille (+3,65%), signe que les risques d'inflation ne se sont pas dissipés.

Valeurs en vue

Sale temps pour le luxe. Après LVMH, ce sont les résultats de Hermès et de Kering qui ont déçu. Pour ce dernier le repli se monte à -9,3% sur la séance. En cause, les ventes de Gucci pour ​la période de janvier à mars sont ressorties ⁠à 1,35 milliard d'euros, légèrement en-deçà des attentes et marquant un onzième trimestre ‌consécutif à la baisse. Les analystes tablaient sur 1,37 milliard d'euros dans un consensus Visible Alpha. Les analystes de JPMorgan soulignent dans une note que toutes les régions à l'exception des États-Unis, ont affiché des baisses à deux ⁠chiffres, et ajoutent ne ‌pas déceler de signes d'un redressement significatif.

Les ventes de Kering, qui détient également des marques ⁠telles que Balenciaga, Bottega Veneta et Yves Saint Laurent, sont ressorties ⁠à 3,57 milliards d'euros, ‌stables sur un an à taux de change constants, alors que les analystes tablaient sur ​une baisse de 5,8%.

Jeudi 16 avril

CAC 40 : -0,14% à 8.262,70 points et 4,3 milliards d'euros

La séance

Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé. À Paris, le CAC 40 a fini sur une perte de 0,14% à 8.262,7 points. Le Footsie britannique a avancé de 0,29% et le Dax allemand a progressé de 0,35%. L'indice EuroStoxx 50 a perdu 0,12%, le FTSEurofirst 300 0,13% et le Stoxx 600 0,05%.

La Bourse de New York a fini en légère hausse, le S&P 500 et le Nasdaq battant à nouveau leurs records de clôture, dans un contexte d'optimisme sur une issue au conflit au Moyen-Orient, alors que Donald Trump a annoncé une trêve entre Israël et le Liban ainsi que des avancées dans les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran.

Après s'être déjà établis mercredi à des pics inédits depuis plusieurs mois, le S&P 500 et le Nasdaq ont à nouveau grimpé. Pour le Nasdaq, il s'agit d'une douzième séance consécutive dans le vert, une série sans précédent depuis 2009.

Valeur en vue

Pernod Ricard a vu son chiffre d'affaires reculer de 14,6% au 3e trimestre de son exercice décalé (stable (+0,1%) à taux de change et périmètre constants), à 1,945 milliard d'euros, toujours pénalisé par ses ventes en Chine et aux Etats-Unis, et revoit ses objectifs en raison de la guerre au Moyen-Orient. Le géant des vins et spiritueux anticipe désormais une baisse de 3 à 4% son chiffre d'affaires annuel en organique (taux de change et périmètre constants), "en raison du conflit en cours au Moyen-Orient", indique un communiqué jeudi. Jusqu'alors il évoquait "une année de transition avec une amélioration des tendances en chiffre d'affaires organique se matérialisant au 2e semestre".

Dans un contexte général morose pour le secteur des boissons alcoolisées, le géant français et l'américain Brown-Forman, propriétaire du whisky Jack Daniel's, ont annoncé fin mars être en discussion en vue d'une fusion.

Vendredi 17 avril

La séance

Le CAC 40 est en légère hausse à l'ouverture, les investisseurs évaluant ‌les perspectives d'une reprise des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran ce week-end après l'entrée en vigueur d'une trêve de dix jours entre Israël et le Liban.

Valeur en vue

Alstom chute très lourdement ce matin (-30%) après avoir abaissé la veille ses perspectives de marge et de performance financière pour l'exercice 2025-26, ayant dû inscrire une provision pour couvrir des retards de livraison de matériel roulant ferroviaire, a annoncé le groupe jeudi soir. La marge d'exploitation ajustée, qui traduit le ratio entre le résultat d'exploitation et le chiffre d'affaires du groupe sans les éléments exceptionnels, sera "autour de 6%, en recul par rapport à l'exercice précédent et inférieure à la prévision d'environ 7% faite précédemment".

Le montant de la provision n'est pas précisé. Mais deux autres éléments de dérapage financier sont mentionnés dans le communiqué. A plus long terme, en incluant l'exercice qui vient de débuter, "l'objectif de cash-flow libre cumulé de 1,5 milliard d'euros sur les trois années allant de l'exercice 2024-25 à 2026-27 n'est pas maintenu". Et "l'ambition à moyen terme d'une marge d'exploitation ajustée de 8 à 10% ne sera pas atteinte à l'horizon 2026-27".

Laurent Grassin, avec Reuters, AFP et ZoneBourse