Une porte se claque, les Emirats arabes unis quittent l'OPEP
information fournie par Zonebourse 28/04/2026 à 15:33

Membre de l'organisation depuis 1967, les EAU tourneront la page de l'OPEP à compter du 1er mai. La raison ? Des tensions accumulées depuis des années avec l'Arabie saoudite au sujet des quotas, le tout sur fond de crise iranienne et de blocage d'Ormuz.

C'est un petit coup de tonnerre pour les marchés : les Emirats arabes unis viennent d'annoncer leur départ de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de l'OPEP à compter du 1er mai.
Même s'il ne fait pas partie des membres les plus importants, l'Emirat représentait tout de même entre 8 et 10% de la production quotidienne de l'OPEP, avec une production estimée à 3,5 Mb/j.
"Cette décision répond à l'intérêt national et à l'engagement du pays à contribuer efficacement à la satisfaction des besoins urgents du marché, dans un contexte de volatilité géopolitique à court terme - notamment les tensions dans le Golfe arabo-persique et le détroit d'Ormuz, qui influencent la dynamique de l'offre", a indiqué l'émirat dans son communiqué.

Selon Frédéric Lorec, analyste spécialiste du pétrole chez AlphaValue, interrogé par Zonebourse, le départ des EAU de l'organisation est surtout lié aux tensions récurrentes entre les Emirats et l'Arabie saoudite. "Chaque membre de l'OPEP est soumis à un quota de production, explique l'analyste. Mais ces dernières années, les Émirats ont fortement développé leurs infrastructures et se sentaient de plus en plus bridés par cette limite".

En quittant l'OPEP, les EAU vont pouvoir s'affranchir des quotas de production imposés par l'organisation. Le pays visait d'ailleurs une production de 5 Mb/j d'ici à 2027 et pourrait atteindre ce niveau bien plus tôt que prévu.

Assez discrète depuis le début de la crise, l'OPEP avait augmenté sa production quotidienne de 206 000 b/j - une mesure avant tout symbolique quand on sait que sa production est de l'ordre de 27 Mb/j.

"La crise en Iran et ses répercussions sur le détroit d'Ormuz poussent les membres de l'OPEP à adopter une logique de chacun pour soi", ajoute l'analyste.

Cette incertitude géopolitique se ressent d'ores et déjà sur les cours, avec un WTI et un Brent en hausse de 3,5%, à respectivement 100 et 111 USD le baril.

Pour rappel, les Emirats arabes unis avaient rejoint l'OPEP en 1967 via l'émirat d'Abou Dhabi et ont maintenu leur adhésion après la création de la fédération en 1971. Durant cette période, le pays a joué un rôle actif dans le soutien à la stabilité du marché pétrolier mondial et dans la promotion du dialogue entre pays producteurs.