Une mission de sécurisation du détroit d'Ormuz va être créée information fournie par Reuters 17/04/2026 à 16:35
(Actualisé avec annonce de création de la mission, déclarations)
par John Irish
Une mission "neutre et indépendante" va être créée pour garantir la liberté de circulation dans le détroit d'Ormuz une fois la guerre entre les États-Unis et l'Iran terminée, a déclaré vendredi Emmanuel Macron à l'issue d'une réunion co-organisée avec la Grande-Bretagne à Paris.
Le président français a fait cette déclaration peu après l'annonce par l'Iran de la réouverture du détroit d'Ormuz à la navigation commerciale jusqu'à la fin du cessez-le-feu conclu avec les États-Unis.
Une quarantaine de pays européens, moyen-orientaux et asiatiques ont participé à la réunion de Paris, la plupart par visioconférence.
"La réunion d'aujourd'hui d'un groupe d'états indépendants distinct des hostilités en cours permet d'adresser un message simple que je résumerai ainsi : nous demandons tous la pleine réouverture immédiate, inconditionnelle par toutes les parties du détroit d'Ormuz", a déclaré Emmanuel Macron au cours d'une conférence de presse.
"Nous demandons la restauration des conditions de libre passage qui étaient en vigueur avant la guerre et le plein respect du droit de la mer. Nous nous opposons tous à toute restriction, tout régime de conventions qui équivaudrait dans les faits, à une tentative de privatiser le détroit et évidemment tout système de péage", a-t-il ajouté.
Keir Starmer a précisé qu'une dizaine de pays s'étaient pour le moment portés volontaires pour participer à la future mission de sécurisation du détroit d'Ormuz.
Une nouvelle réunion consacrée à ce sujet doit se tenir la semaine prochaine à Londres.
Depuis le début de la guerre, l'Iran avait de facto fermé le détroit d'Ormuz à tous les navires à l'exception des siens, affirmant que le passage serait soumis à un contrôle iranien. Près d'un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz transitaient auparavant par cette voie maritime.
Le président américain Donald Trump a critiqué les pays de l'Otan, qui n'ont pas répondu favorablement à sa demande d'aider à garantir la liberté de circulation dans le détroit d'Ormuz en marge de la campagne militaire lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février.
Plusieurs pays, dont la France et la Grande-Bretagne, se sont dit prêts à contribuer à maintenir le détroit d'Ormuz ouvert dès qu'un cessez-le-feu durable serait en place ou que le conflit prendrait fin.
La mission militaire dont la création a été annoncée vendredi se veut strictement défensive et vise exclusivement à garantir la liberté de navigation.
Ni les Etats-Unis ni l'Iran ne participent pour l'instant à cette initiative, même si le chancelier allemand Friedrich Merz, qui a participé à la réunion, a émis le souhait que Washington y soit à terme associé.
(avec Sam Tabahriti à Londres; version française Camille Raynaud et Tangi Salaün)