PARIS, 23 décembre (Reuters) - Le directeur général de
Nissan, Hiroto Saikawa, a rapporté qu'une majorité des membres
du conseil d'administration du constructeur japonais partageait
son refus de convoquer une assemblée générale extraordinaire de
ses actionnaires demandée par Renault dans le contexte de
l'inculpation de Carlos Ghosn, rapporte dimanche le Wall Street
Journal https://www.wsj.com/articles/nissan-ceo-says-board-majority-rejected-renault-request-for-shareholder-meeting-11545598742?mod=hp_major_pos14.
Selon le journal, Saikawa en a informé Thierry Bolloré,
directeur général adjoint de Renault, dans une lettre en date du
17 décembre. Le constructeur français détient 43% du capitale de
Nissan.
Dans un courrier envoyé trois jours plus tôt, Thierry
Bolloré avait "demandé respectueusement que le conseil
d'administration envisage la convocation d'une assemblée
générale extraordinaire des actionnaires de Nissan aussi
rapidement que possible".
Hiroto Saikawa avait rejeté cette demande.
La convocation d'une assemblée générale anticipée des
actionnaires de Nissan aurait permis au groupe français
d'espérer pouvoir peser sur le choix du remplaçant de Carlos
Ghosn à la présidence et sur des nominations à venir au sein du
constructeur japonais.
Saikawa et Bolloré se sont vus en face à face cette semaine
à Amsterdam en marge de la réunion du conseil d'administration
de l'alliance Renault-Nissan.
Carlos Ghosn a été arrêté le 19 novembre pour des
accusations de malversations financières et évincé dans la
foulée de la présidence de Nissan. Il est toujours PDG de
Renault, même si une direction intérimaire a été mise en place,
et reste officiellement à la tête de l'alliance automobile
franco-japonaise.
Il a de nouveau été placé en état d'arrestation vendredi sur
la base de nouvelles accusations selon lesquelles il aurait fait
passer dans les comptes du constructeur japonais des pertes de
1,85 milliard de yens (14,5 millions d'euros) sur des
investissements personnels.
Le parquet de Tokyo a prolongé dimanche de dix jours sa
détention.
(Arthur Connan et Henri-Pierre André pour le service français)