Une hausse des taux la BCE en juin considérée comme acquise, une autre probable en septembre
information fournie par Reuters 03/06/2026 à 16:50

Vue du siège de la BCE, à Francfort (Crédits: BCE)

La Banque centrale européenne (BCE) devrait relever son taux de dépôt à 2,25% le 11 juin prochain, et une nouvelle hausse est probable en septembre, afin de trouver une réponse équilibrée face à un contexte d'inflation alimentée par les prix de l'énergie et à un ralentissement économique, selon un sondage réalisé par Reuters auprès d'économistes

L'inflation dans la zone euro s'est à nouveau accélérée en mai, restant ainsi bien au-dessus de la cible de 2% de la BCE, tandis que l'inflation sous-jacente a augmenté plus rapidement que prévu à 2,5%, ce qui suggère que l'impact de la guerre au Moyen-Orient commence à se répercuter sur les prix.

Une série d'indicateurs récents, notamment les enquêtes PMI et les données officielles, laissent à la fois entrevoir un ralentissement de l'économie, tandis que les perspectives pourraient encore se dégrader si la guerre se prolonge et si le détroit d'Ormuz reste bloqué comme c'est le cas actuellement.

La plupart des responsables de la politique monétaire ont laissé entendre qu'une hausse des taux en juin était inévitable et que même un éventuel accord de paix entre Washington et Téhéran ne devrait pas l'empêcher.

Plus de 90% des économistes, soit 74 sur 80, interrogés par Reuters entre le 29 mai et le 3 juin, affirment s'attendre à une hausse des coûts d'emprunt de 25 points de base la semaine prochaine, contre environ 85% le mois dernier et un peu plus de la moitié en avril.

Cependant, selon les économistes, le ralentissement de l'économie, la stagnation du marché du travail et des taux d'intérêt plus élevés qu'au moment de la vague d'inflation de 2022 ne plaident pas en faveur d'une politique monétaire restrictive agressive.

"Je pense que pour l'instant, il ne s'agira que d'une ou deux hausses. Mais bien sûr, si la situation perdure, la BCE devra peut-être aller plus loin", a déclaré Bas van Geffen, stratège macroéconomique chez Rabobank.

Plus de 60% des personnes interrogées, soit 49 sur 80, s'attendent à une hausse supplémentaire des taux cette année, probablement en septembre, ce qui correspond globalement aux anticipations du marché.

"Il est probablement judicieux de faire passer les taux d'intérêt du bas vers le haut de la fourchette neutre, simplement pour parer à toute menace de montée des pressions inflationnistes", souligne pour sa part Dean Turner, chef économiste pour la zone euro et le Royaume-Uni chez UBS Global Wealth Management.

"Je ne considère pas cela comme une mesure visant à ralentir délibérément l'économie parce que tout le monde panique à l'idée d'effets de second tour. Il s'agit davantage d'un exercice de gestion des risques", dit-il.

Deux tiers des économistes affirment par ailleurs que le risque de stagflation, c'est-à-dire un scénario caractérisé par une croissance faible et une inflation forte, était élevé, ce qui contraste avec la position de la présidente de la BCE, Christine Lagarde, qui a déclaré en avril que ce terme décrivait les années 1970 et non l'économie actuelle.

(Reportage Indradip Ghosh. Sondage réalisé par Anant Chandak et Aman Kumar Soni, version française Diana Mandia)