Une filiale US de Capgemini en contrat avec la controversée police de l'immigration (ICE) aux Etats-Unis
information fournie par Zonebourse 27/01/2026 à 10:15

Alors que la fronde contre la police de l'immigration (ICE) ne cesse d'enfler aux Etats-Unis, l'Observatoire des multinationales révèle que Capgemini , géant du CAC 40, vend ses services à cette force de police extrêmement controversée via sa branche Capgemini Government Solutions (CGS).

Les données fournies par le gouvernement américain sont explicites : le 18 décembre 2025, un contrat a été signé entre les deux parties pour un montant de 4,8 millions de dollars. L'objet de la transaction ? Des "services d'enquêtes et de vérifications des antécédents personnels" pour le compte de l'ICE.

Dans une page aujourd'hui supprimée de son site mais toujours consultable dans les archives de la toile, CGS indiquait apporter une expertise "en planification stratégique et analyse de données" à l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) tout en "appliquant les meilleures pratiques de la gestion de la chaîne logistique ( Supply Chain ) afin d'aider à "gagner en efficacité dans le transport, la gestion des capacités et la conformité aux normes de détention".

Les liens entre Capgemini et l'ICE ne sont pas nouveaux. Toujours selon les données de l'administration américaine, les deux parties ont signé pour plusieurs millions de dollars de contrats en 2025, principalement pour des services de conception de systèmes informatiques ou des services de consultation en gestion administrative et gestion générale.

Capgemini propose des services de nature technique et administrative, visant à améliorer l'efficacité opérationnelle, et n'a donc (même s'il semble inutile de le préciser) aucune responsabilité dans les actions de l'ICE. En revanche, on peut s'interroger sur le soutien technologique apporté à une agence impliquée dans des politiques d'immigration contestées comme les centres de détention, les expulsions et les déportations massives de migrants.

D'autant que sur sa page ESG, Capgemini se prévaut d'avoir franchi des étapes importantes notamment en matière d'atténuation et d'adaptation au changement climatique, d'égalité des chances ou encore... d'inclusion. Autant de valeurs qui ne sont plus en odeur de sainteté au sein de l'administration Trump.

Capgemini engage "un processus d'examen du contenu et de la portée" du contrat

Invité à réagir ou à commenter ses liens avec l'ICE, le service de presse de Capgemini a indiqué avoir récemment pris connaissance, par des sources publiques, de la nature d'un contrat attribué à CGS par l'agence Immigration and Customs Enforcement (ICE) en décembre 2025. "La nature et la portée de ce travail ont soulevé des interrogations au regard de ce que nous faisons habituellement en tant qu'entreprise de services technologiques", indique Aiman Ezzat, CEO de Capgemini.

"Dans le plein respect de la gouvernance spécifique de CGS et des restrictions qui lui sont applicables, j'ai été informé que le conseil d'administration indépendant de CGS a d'ores et déjà engagé un processus d'examen du contenu et de la portée de ce contrat, ainsi que des procédures de contractualisation de CGS", ajoute le dirigeant.

Capgemini rappelle par ailleurs que Capgemini Government Solutions (CGS) est la filiale du groupe Capgemini qui collabore avec les institutions fédérales et qu'à ce titre, CGS est soumise à un dispositif d'encadrement des influences étrangères (FOCI) et opère dans le cadre d'un accord spécial de sécurité (Special Security Agreement). "Ce statut lui permet de travailler sur des missions classifiées pour le gouvernement américain et impose une séparation de ses opérations par rapport au groupe Capgemini".

En ce début de matinée, le titre cède près de 3,2% à Paris, soit la plus forte baisse du CAC 40.