Une économie américaine qui ne crée plus d'emplois ?
information fournie par Zonebourse 11/02/2026 à 16:28

Les chiffres du mois de janvier sont ressortis nettement au-dessus des attentes. Mais les révisions annuelles montrent que les créations d'emplois ont été très faibles au cours de l'année 2025.

En janvier, l'économie américaine a créé 130 000 emplois, soit le double des attentes du consensus (65 000). Le taux de chômage est lui retombé à 4.3%, contre 4.4% attendu.

Des chiffres qui confortent la Fed. Fin janvier, celle-ci a laissé ses taux inchangés, citant des "signes de stabilisation du taux de chômage".

Ce rapport vient aussi contrebalancer une série de données sur l'emploi publiées la semaine dernière. L'enquête JOLTS a montré que le nombre de postes ouverts est tombé à son plus bas niveau depuis 2020, tandis que les licenciements ont atteint leur plus haut niveau pour un mois de janvier depuis 2009, selon l'enquête Challenger.

Le rapport du mois de janvier est donc plutôt rassurant. Mais les révisions publiées par le BLS dressent un tableau un peu plus sombre.

En effet, ce rapport sur l'emploi était aussi accompagné de la révision annuelle du benchmark. Une révision qui soustrait 862 000 emplois. Si le chiffre est important, il était attendu. Le consensus tablait sur 825 000 emplois en moins.

Lors de la conférence de presse du meeting de la Fed du mois de décembre, Jerome Powell quantifiait à 60 000 par mois cette surestimation, soit 720 000 emplois en rythme annuel.

La moyenne des créations d'emplois a donc fortement reculé après cette révision. En 2025, ce sont seulement 15 000 emplois qui ont été créés en moyenne chaque mois (contre 49 000 avant la révision).

Et lorsqu'on décompose les créations d'emplois, celles-ci sont concentrées dans trois secteurs : l'éducation privée et la santé, les loisirs et l'hospitalité, et la fonction publique. Une tendance que l'on observe depuis plusieurs années. Tous les autres secteurs combinés ont détruit des emplois depuis trois ans (400 000 selon un décompte réalisé par ING).

Le bilan que l'on peut faire, c'est que le marché du travail américain est dans cet équilibre dit de "low hiring, low firing" (faibles embauches, faibles licenciements). En effet, malgré de très faibles créations d'emplois, le taux de chômage reste sur des niveaux historiquement bas. Et cela s'explique en grande partie par le durcissement de la politique migratoire (les créations d'emplois sont plus faibles parce qu'il y a moins d'offre de travail).

La grande inconnue pour les économistes, c'est le "breakeven" - le nombre d'emplois qu'il faut créer chaque mois pour maintenir le taux de chômage. En 2024, ce chiffre était estimé aux environs de 150 000.

Lundi, le conseiller de la Maison Blanche, Kevin Hassett, estimait qu'il faut s'attendre à de faibles créations d'emplois dans les prochains mois, compte tenu des dynamiques démographiques et des gains de productivité.