Une alliance entre poids-lourds français : Bruxelles valide la co-entreprise CMA CGM-Total Energies sur le ravitaillement GNL information fournie par Boursorama avec Media Services 21/08/2026 à 18:33
Elaborée dans le cadre des efforts de décarbonation du transport maritime, la structure vise à développer un service de "soutage" de GNL pour les navires propulsés à cette énergie. Le déploiement d'un navire avitailleur dans la région d'Amsterdam-Rotterdam-Anvers est attendu à l'horizon 2028.
La Commission européenne a annoncé vendredi 21 août avoir autorisé le projet de coentreprise dans le ravitaillement des bateaux propulsés au gaz naturel liquéfié (GNL), présenté il y a un an par l'armateur CMA CGM et le géant pétrogazier TotalEnergies.
L'exécutif européen a estimé que cette alliance ne soulèverait aucun problème de concurrence, au vu du caractère "négligeable" de l'activité de la future coentreprise à l'échelle de l'Espace économique européen et des parts de marché combinées "limitées" qui résulteront de ce rapprochement.
La coentreprise à égalité entre CMA CGM et TotalEnergies proposera un service logistique complet dans la zone Amsterdam-Rotterdam-Anvers (ARA), aux Pays-Bas, premier ensemble portuaire européen. Les deux groupes français avaient expliqué lors de l'annonce de ce projet que l'activité irait du ravitaillement au sein du terminal de stockage de GNL de Rotterdam jusqu'au ravitaillement en mer des navires opérant dans la zone, qu'ils appartiennent à CMA CGM ou à d'autres compagnies.
Un nouveau navire-avitailleur (conçu pour le ravitaillement d'autres navires) commun aux deux groupes, d'une capacité de 20.000 mètres cubes devrait ainsi appuyer à partir de 2028 un autre navire appartenant à TotalEnergies et déjà en service dans la région depuis 2020. Un nouvel accord de long terme prévoit par ailleurs que la conentreprise fournira jusqu'à 360.000 tonnes de GNL à la CMA CGM.
Transition
Le GNL, gaz naturel refroidi à très basse température pour passer à l'état liquide, est le carburant alternatif le plus prisé des compagnies maritimes pour remplacer le fuel lourd. Mais il ne réduit les émissions de gaz à effet de serre que de 20% par rapport au fuel classique et peut entraîner des fuites de méthane, très nocives pour l'environnement. Il évite en revanche les émissions de soufre et les particules fines.
Cette validation de la Commission européenne "encourage l'ambition" de CMA CGM à "atteindre le Net Zéro Carbone d'ici 2050", a souligné le groupe dans un commentaire transmis à l'AFP. L'Organisation maritime internationale (OMI) vise la neutralité carbone vers 2050 et aujourd'hui le transport maritime représente environ 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Selon l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), cela équivaut aux émissions d'un grand pays industrialisé comme l'Allemagne ou le Japon.