Un peu de rouge pour finir la semaine en Europe
information fournie par Zonebourse 19/06/2026 à 17:58

La prudence s'est imposée sur la plupart des grandes places financières du Vieux Continent pour le dernier acte d'une semaine particulièrement chargée. Le manque d'enthousiasme des investisseurs européens est lié d'une part à la récente hausse des marchés, et d'autre part à l'absence de leurs homologues américains et chinois.

Vendredi, les places financières en Chine et aux Etats-Unis étaient fermées en raison de jours fériés pour célébrer la Fête des Bateaux-Dragons en Asie et Juneteenth au pays de l'Oncle Sam. Cette fête doit son nom à la contraction de June et nineteenth, soit le 19 juin, et célèbre la fin effective de l'esclavage aux Etats-Unis.

Lors de cette séance, le DAX 40 à Francfort est resté stable et a perdu seulement 1,2 point, le FTSE 100 à Londres a cédé 0,41% et le CAC 40 à Paris a perdu 0,55%, à 8 421,14 points.

En dépit de ce léger repli, la place parisienne a réussi à afficher un gain hebdomadaire de 0,84%, sa cinquième semaine consécutive de hausse, une série inédite depuis la mi-février 2025. Au cours de cette période, le CAC 40 a réussi à reprendre 5,89%, mais il reste encore sous les 8 580 points, son niveau à la veille du début des hostilités au Moyen-Orient.

Une semaine chargée...

Les investisseurs ont commencé par apprécier le protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis. Ils se sont ensuite focalisés sur le G7 organisé à Evian en France, avant de revenir sur le dossier moyen-oriental avec la signature surprise de cet accord entre Washington et Téhéran. On parle de signature surprise car elle aurait dû avoir lieu quelques jours plus tard.

Toujours sur le dossier iranien, malgré ce nouvel accord, qui prévoit un cessez-le-feu sur tous les fronts, l'armée israélienne a procédé à des frappes au cours de la nuit.

En outre, les discussions prévues à Lucerne, en Suisse, aujourd'hui ont été reportées, elles devaient voir Américains, Iraniens, Qatariens et Pakistanais se rencontrer pour commencer à négocier le véritable accord de paix.

Outre le conflit au Moyen-Orient, les investisseurs ont également eu les yeux braqués sur la Réserve fédérale américaine mercredi soir. Si cette dernière a, sans surprise, laissé ses taux inchangés, la première conférence de son nouveau président a été particulièrement suivie et il n'a pas manqué de se démarquer.

Le nouveau patron de la Fed, attendu dans le rôle d'une "colombe", s'est plutôt révélé "faucon". Il s'est montré préoccupé par l'inflation persistante et élevée. Sur les 18 banquiers centraux de la Fed, 9 ont indiqué tabler sur une hausse des taux avant la fin de l'année.

Dans l'actualité du jour

Aucune statistique macro-économique d'envergure n'était programmée ce vendredi.

Au moment de la clôture en Europe, sur le marché des devises, l'euro était en petite hausse ( 0,08%) et se négociait contre 1,1466 dollar.

Du côté des valeurs, à Paris, le secteur du luxe a été particulièrement délaissé à l'image d'Hermès ou de Kering qui ont respectivement perdu 2,35 et 1,66%. Pour EssilorLuxottica (-2,28%), il y a également eu un abaissement d'objectif de cours de Bank of America, de 330 à 237 euros, malgré une opinion maintenue à l'achat, le tout sur fond de nouvelles tensions entre Israël et le Liban qui vont peser dans les négociations de paix.

Dans le haut du palmarès, Sanofi s'est repris et s'est offert un gain de 1,09%, après deux replis consécutifs. Outre quelques achats à bon compte, le titre du laboratoire a profité de l'annonce de l'approbation de son produit Sarclisa en formulation sous-cutanée au Japon, pour les patients atteints de myélome multiple.

L'action 2CRSi a été suspendue à la demande de la société au lendemain d'une chute de 43,05% consécutives à des allégations du vendeur à découvert Grizzly Research, qui a indiqué avoir pris une position vendeuse sur le titre. Grizzly Research estime que la société strasbourgeoise a "fabriqué une histoire de croissance à l'intention des investisseurs" et ajoute que les investisseurs, les régulateurs et les auditeurs ont été délibérément trompés. 2CRSi a réfuté ces allégations et devait organiser un webinaire ce vendredi à 18h pour présenter ses premiers éléments de réponse.

Ailleurs en Europe, Evonik a repris 5,24% après la réaction de plusieurs analystes portant sur de nouvelles mesures structurelles et de réduction de coûts au cours des prochaines années.

Givaudan s'est apprécié de 1,85%, Jefferies s'est montré plutôt optimiste sur le spécialiste des arômes et parfums pour le deuxième trimestre et l'ensemble de l'exercice 2026 et en a profité pour confirmer sa recommandation à l'achat, en relevant sa cible de cours de 3 300 à 3 700 francs suisses.