Un pétrolier russe approche de Cuba, Trump n'y voit "pas de problème" information fournie par Reuters 30/03/2026 à 04:25
Un pétrolier russe devait arriver lundi à Cuba, ce qui pourrait permettre à l'île de recevoir une livraison de pétrole plus que bienvenue dans un contexte de coupures d'électricité massives et de restrictions sur l'utilisation d'énergie découlant de l'embargo sur le pétrole imposé par les Etats-Unis.
Le président américain Donald Trump a semblé dimanche soir assouplir cet embargo, déclarant qu'il ne voyait "aucun problème" dans le fait qu'un pays achemine du pétrole vers Cuba - que ce soit la Russie ou un autre, a-t-il dit.
D'après des données de suivi des navires, un pétrolier battant pavillon russe, l'Anatoly Kolodkine, se trouvait dimanche dans les eaux cubaines, au large de la côte orientale de l'île. L'agence de presse officielle Cubadebate a rapporté que le pétrolier devait amarrer lundi au port de Matanzas.
Une crise économique sur l'île caribéenne a été amplifiée par l'embargo sur le pétrole imposé par l'administration Trump, qui a également menacé par le passé d'instaurer des droits de douane contre tout pays qui vendrait du pétrole à Cuba. La Havane a dit plus tôt ce mois-ci n'avoir plus reçu de pétrole depuis trois mois, indiquant n'avoir d'autre choix que de mettre en place des restrictions ayant mis l'économie à l'arrêt.
S'exprimant auprès de journalistes à bord de l'avion présidentiel Air Force One le ramenant à Washington dimanche soir, Donald Trump a adouci sa rhétorique à l'égard des exportations de pétrole vers Cuba. "Si un pays veut envoyer un peu de pétrole à Cuba, à l'heure actuelle, je n'ai aucun problème avec ça, que ce soit la Russie ou non", a-t-il déclaré.
Jusqu'à présent, le chef de la Maison blanche avait bloqué toutes les livraisons de pétrole vers Cuba - notamment en provenance du Venezuela à la suite de l'intervention militaire américaine à Caracas début janvier lors de laquelle le président vénézuélien Nicolas Maduro a été capturé.
Citant dimanche un représentant américain au fait de la question, le New York Times a rapporté que les garde-côtes américains ont autorisé le pétrolier sanctionné à naviguer vers Cuba, sans que l'on ne sache pourquoi dans l'immédiat.
L'arrivée du pétrolier russe a été décrite par Cubadebate comme un défi à l'égard de l'embargo imposé par les Etats-Unis.
Washington a décidé plus tôt ce mois-ci d'assouplir temporairement les sanctions pétrolières contre Moscou afin de favoriser l'approvisionnement mondial de pétrole en parallèle à l'absence de traversée du détroit d'Ormuz en raison de la guerre en Iran.
Donald Trump a répété par le passé sa volonté de s'"occuper" de Cuba, déclarant plus tôt ce mois-ci qu'il aurait l'"honneur" de prendre le "contrôle" de l'île d'une manière ou d'une autre, ajoutant pouvoir faire tout ce qu'il voulait.
A la suite de l'opération militaire au Venezuela, le président américain avait prévenu La Havane de conclure un accord "avant qu'il ne soit trop tard". Des négociations destinées à améliorer les relations bilatérales ont été ouvertes.
(Steve Holland à bord d'Air Force One, avec Dave Sherwood à La Havane, Daniel Trotta, Marianna Parraga; version française Jean Terzian)