Un fragile rebond se dessine, mais les incertitudes demeurent
information fournie par Zonebourse 15/01/2026 à 08:35

La Bourse de Paris devrait tenter jeudi matin de mettre un terme à son mouvement de consolidation à l'oeuvre depuis le début de la semaine, dans un contexte qui reste toutefois dominé par un retour des tensions géopolitiques et les interrogations grandissantes quant à l'indépendance de la Réserve fédérale américaine.

Vers 8h10, le contrat "future" sur l'indice CAC 40 - livraison fin janvier - prend 53,5 points à 8 385 points, annonçant un timide rebond après trois séances consécutives dans le rouge.

Après un début d'année 2026 en trombe, la tendance est devenue moins favorable à la prise de risques ces derniers jours, alors que les investisseurs se montrent de plus en plus préoccupés par les conséquences des manifestations en Iran, les projets d'annexion du Groenland par la Maison Blanche ou encore l'interventionnisme de Donald Trump dans la politique monétaire aux Etats-Unis.

Ce climat d'incertitude sur une multitude de fronts a encore pesé sur le sentiment de marché hier, entraînant au passage un repli généralisé des actions.

Si aucun catalyseur précis n'a pu être identifié pour expliquer cette petite vague de prises de bénéfices, si ce n'est des informations évoquant l'ordre d'évacuer le personnel de la base américaine d'Al Udeid au Qatar, déjà visé par une attaque de missiles iraniens en juin dernier, l'éventail des risques s'est clairement élargi, avertissent les stratégistes.

"La géopolitique, la crédibilité des politiques économiques, l'incertitude économique et la rotation observé dans l'IA sont autant de facteurs de nature à influencer les marchés en 2026, souvent de manière brutale et avec des gagnants et des perdants aux profils différents", prévient Charu Chanana, la directrice des investissements chez Saxo.

D'après l'analyste, la diversification constitue plus que jamais une nécessité dans l'allocation des portefeuilles.

"L'objectif n'est pas de tout détenir, mais d'éviter un portefeuille reposant sur une seule dynamique: par exemple une stabilité du pétrole, un seul scénario en matière d'évolution des de taux, un seul style au niveau des actions ou un seul segment au sein de l'IA", explique-t-elle.

Certaines dynamiques sectorielles ont d'ailleurs été évidentes hier à Wall Street, où le S&P 500 a terminé en baisse de 0,5% tandis que le Nasdaq lâchait autour de 1%

Les valeurs défensives ont surperformé les cycliques, la technologie et la consommation non essentielle ayant enregistré les plus fortes baisses du jour, aux côtés du secteur de la finance dans le sillage des résultats trimestriels toujours diversement accueillis de plusieurs grandes banques américaines.

La saison des résultats du quatrième trimestre va se poursuivre aujourd'hui avec les publications de trois grandes institutions financières, à savoir Morgan Stanley, Goldman Sachs et BlackRock, avec l'espoir que leurs copies soient mieux accueillies que celles de leurs homologues ces derniers jours.

"Il faut dire qu'on arrive dans cette saison des résultats avec des attentes particulièrement élevées, avec des révisions à la hausse et des perspectives largement favorables, contrairement aux tendances historiques. Cela place évidemment la barre très haut", reconnaissent ce matin les équipes de Danske Bank.

Au chapitre économique, l'attention des marchés se portera aujourd'hui sur les inscriptions hebdomadaires au chômage et l'indice Empire State aux Etats-Unis, ainsi que sur la production industrielle en Europe attendue en fin de matinée.

Sur le marché obligataire, le rendement des Treasuries à 10 ans se détend de plus de trois points de base, à 4,14%, alors qu'il dépassait les 4,20% il y a moins d'une semaine. En Europe, le Bund allemand de même échéance se stabilise au-dessus de 2,81%.

Du côté des devises, le dollar gagne 0,2% face au yen, qui ne jour pas son rôle de valeur refuge dans un climat d'aversion au risque du fait de la perspective de prochaines élections législatives anticipées au Japon. L'euro recule pour sa part de 0,1% face au billet vert, mais se maintient au-dessus de 1,1660.

Les cours du brut repartent en forte baisse, à moins de 60 dollars le baril pour le brut léger texan (WTI) et à 64,3 dollars pour le Brent de mer du Nord alors que Donald Trump a laissé entendre hier soir qu'il pourrait renoncer à une action militaire contre l'Iran, un revirement perçu comme un signe d'apaisement, atténuant les craintes d'une perturbation de l'approvisionnement mondial en brut depuis une région stratégique.

Le peu d'appétit pour les actifs risqués ne profite ni à l'or, qui perd 0,5% à 4 612,8 dollars l'once, ni à l'argent, qui décroche de 2,3% après avoir volé de records en records au cours des dernières séances.