21 juin (Reuters) - Libra, le projet de cryptomonnaie de
Facebook FB.O , risque de transférer l'essentiel du contrôle de
la politique monétaire des banques centrales vers des
entreprises privées, avertit vendredi l'un des fondateurs du
réseau social, Chris Hughes, dans une tribune publiée dans le
Financial Times.
"Si les autorités de régulation dans le monde n'agissent pas
maintenant, il pourrait très rapidement être trop tard",
écrit-il.
Pour cet ancien camarade de Mark Zuckerberg, le PDG de
Facebook, à Harvard, les sociétés qui superviseront cette future
monnaie numérique, dont le lancement est prévu l'an prochain,
privilégieront leurs intérêts privés, c'est-à-dire leurs
bénéfices et leur influence, à l'intérêt public.
Facebook n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de
commentaire de Reuters.
Le réseau social a dévoilé mardi sa cryptomonnaie qui doit
lui permettre de s'imposer dans les paiements, les services
financiers et le commerce en ligne dans le monde entier grâce à
ses milliards d'utilisateurs.
Chris Hughes a prôné le mois dernier un éclatement de
Facebook en trois entités afin qu'Instagram et WhatsApp, deux
applications phares du réseau social, soient séparées du
groupe.
Facebook fait l'objet de multiples enquêtes dans le monde au
sujet de la protection des données de ses utilisateurs et des
contenus haineux ou des fausses informations qu'il peut
véhiculer.
(Akanksha Rana à Bangalore
Claude Chendjou pour le service français, édité par Bertrand
Boucey)