Un exercice de transition FY25, alourdi par des impacts non monétaires. (Drone Volt) information fournie par AlphaValue 19/03/2026 à 15:56
Un exercice de transition FY25, alourdi par des impacts non monétaires.
PUBLICATION RES./CA
Drone Volt vient d’annoncer des résultats annuels FY25 audités contrastés, pénalisés par des dépréciations d’actifs sans impact sur la trésorerie et par un alourdissement des contraintes réglementaires. Cette situation ouvre néanmoins la voie à un retour à la croissance en 2026, avec un accent attendu sur le marché américain, potentiellement via des acquisitions complémentaires (« add-on ») et une cotation au NASDAQ, ainsi qu’une montée en puissance des commandes liées à la défense. Nous réitérons en conséquence notre opinion positive sur le titre, au regard des nombreux catalyseurs attendus au cours des douze prochains mois, susceptibles de soutenir une revalorisation significative de la valeur.
ACTUALITÉ
Le chiffre d’affaires avait déjà été communiqué à 8,732 M€, en repli de 73% par rapport à l’an dernier.
La marge brute a été légèrement révisée à la baisse à 3,220 M€, en diminution de 24% sur un an et inférieure à la précédente estimation de 3,6 M€.
En revanche, l’EBIT s’est davantage dégradé, passant de -7,143 M€ à -11,886 M€, sous l’effet d’une charge de dépréciation de -5 M€ liée à la fermeture d’Aerialtronics et de Drone Volt Benelux. L’EBIT ressort ainsi en deçà de notre estimation de -9,787 M€, notre scénario intégrant notamment des niveaux d’amortissements plus faibles.
Le résultat net (part du groupe) s’établit en conséquence à -13,813 M€, contre -11,901 M€ précédemment, et inférieur à notre estimation (estimation AlphaValue : -10,691 M€).
Le bilan a été renforcé par la levée de fonds de 25 M€ réalisée sur l’exercice (portant les capitaux propres de 10 M€ à 21 M€), ce qui devrait permettre au groupe de saisir des opportunités de croissance externe ; une opération serait d’ailleurs en cours selon le communiqué de presse.
Les perspectives pour 2026 semblent inchangées.
ANALYSE
Une nouvelle année marquée par des effets non cash
La dégradation de l’EBIT s’explique intégralement par la comptabilisation d’une charge de dépréciation de 5 M€ liée à la fermeture de deux filiales. Cet élément se reflète dans le résultat opérationnel courant, qui ne recule que d’environ 140 k€ pour s’établir à -6,856 M€, soutenu par une nette amélioration de la marge brute sur l’exercice, à 37% contre 13% l’an dernier, et ce malgré la baisse du chiffre d’affaires. La trajectoire aurait pu être plus favorable si la société n’avait pas été pénalisée par des contraintes réglementaires dans l’obtention de licences d’exportation, lesquelles ont limité son potentiel de croissance du chiffre d’affaires en 2025 et expliquent probablement en partie l’absence d’EBITDA positif.
Un ensemble de catalyseurs favorable pour 2026
Le renforcement du bilan ouvre des perspectives de croissance externe, et la société est actuellement engagée dans une opération qui, selon le communiqué de presse, pourrait se finaliser prochainement. Nous estimons que cette acquisition pourrait concerner une société disposant d’une présence aux États-Unis, marché particulièrement attractif en raison de l’exclusion de facto des acteurs chinois, offrant ainsi une opportunité de gagner des parts de marché.
La cotation au NASDAQ vise également, de manière évidente, à accroître la notoriété de Drone Volt sur ce marché ; une acquisition de ce type, susceptible de donner davantage de consistance à l’« equity story », ne nous surprendrait donc pas. Nous continuons par ailleurs de penser que cette cotation pourrait soutenir le cours de l’action, compte tenu de l’écart de valorisation entre les sociétés de drones cotées aux États-Unis et leurs homologues européennes, les investisseurs américains affichant généralement un appétit plus marqué pour des sociétés à fort potentiel, encore peu matures.
Sur le plan opérationnel, les perspectives pour 2026 nous semblent inchangées (montée en puissance des activités à forte marge), notamment grâce à la demande soutenue observée depuis le début de l’année pour les drones développés en interne, structurellement plus margés, portée par le renforcement de la présence aux États-Unis et par l’émergence de commandes dans la défense. La prise de conscience politique actuelle selon laquelle l’ensemble des dépenses de défense ne doit pas nécessairement être orienté vers des systèmes d’armement traditionnels devrait, selon nous, accélérer ce type de commandes. Enfin, la commercialisation des capacités de R&D auprès de grands comptes, tels qu’Hydro-Québec, devrait également constituer un levier déterminant pour transformer les coûts d’ingénierie en contribution positive et favoriser l’atteinte d’une rentabilité EBITDA.
IMPACT
Nous intégrerons ces données à notre modèle, ce qui devrait entraîner un léger impact négatif, dans la mesure où les indicateurs de rentabilité se sont révélés légèrement inférieurs à nos estimations.