(Actualisé avec collectif basque Bake Bidea, derniers §§)
MADRID/PARIS/BONNEVILLE, Haute-Savoie, 16 mai (Reuters) -
J osu Ternera, ancien cadre de l'organisation séparatiste basque
ETA, a été arrêté jeudi à Sallanches (Haute-Savoie) lors d'une
opération menée par les polices française et espagnole, puis
placé en détention dans la ville voisine de Bonneville.
Egalement connu sous le nom d'Antonio Urrutikoetxea, l'homme
de 68 ans est notamment soupçonné d'implication dans un attentat
qui a fait onze morts, dont cinq enfants, dans une caserne de la
Guardia Civil à Saragosse en 1987.
"La coopération franco-espagnole a démontré une fois de plus
son efficacité", s'est félicité Pedro Sanchez, président du
gouvernement espagnol, dans un communiqué publié peu après
l'annonce de l'arrestation par le ministère espagnol de
l'Intérieur.
Selon une source judiciaire française, Josu Ternera a été
interpellé en vertu d'un mandat d'arrêt du tribunal
correctionnel de Paris, qui l'a condamné le 1er juin 2017 à huit
ans de prison pour association de malfaiteurs terroriste.
Il fait également l'objet d'un mandat d'arrêt international
émis en 2002 par le Tribunal Suprême espagnol pour l'attentat de
1987.
Selon le parquet de Paris, l'arrestation a eu lieu sur la
voie publique. Josu Ternera a été placé en rétention dans les
locaux de la brigade de gendarmerie et il a demandé à être
examiné par un médecin, avant d'être admis à l'hôpital.
"INACCEPTABLE", SELON UN COLLECTIF BASQUE
Jeudi après-midi, des journalistes de Reuters ont vu un
homme cagoulé semblant correspondre à Josu Ternera sortir du
palais de justice de Bonneville (Haute-Savoie) entouré de forces
de l'ordre qui l'ont fait monter à bord d'un véhicule.
Le militant basque a été écroué à la maison d'arrêt de
Bonneville et il sera déféré vendredi au parquet de Paris où lui
sera notifié le mandat d'arrêt décerné à son encontre, a précisé
le parquet.
Le parquet de Paris a aussi précisé que sa condamnation de
2017 ayant été prononcée par défaut, en son absence, il a la
possibilité de faire opposition et de demander à être jugé à
nouveau.
L'ETA a annoncé en mai 2018 la dissolution de toutes ses
structures, après cinquante ans de lutte armée. Josu Ternera,
alias Urrutikoetxea, avait été au nombre de ceux ayant proclamé
cette dissolution.
Dans un communiqué, le collectif Bake Bidea (Le chemin de la
paix) proteste contre l'arrestation de celui qu'il présente
comme "l'ancien dirigeant historique du groupe armé ETA".
"Cette arrestation est inacceptable et une insulte dans le
contexte actuel. Les Etats français et espagnol n’assument pas
de façon responsable, les avancées décisives réalisées ces huit
dernières années, sous l’impulsion d’une société civile basque
refusant d’être enchaînée au passé", peut-on lire.
"Au-delà de l’inacceptabilité de cette arrestation nous
continuerons à oeuvrer et porter ce processus jusqu’à son
terme", ajoute le collectif.
(Denis Balibouse, Cécile Montovani, John Stonestreet avec
Emmanuel Jarry et Elizabeth Pineau pour le service français,
édité par Yves Clarisse)