Un ancien officier ukrainien va comparaître en Allemagne dans l'affaire Nord Stream
information fournie par Reuters 14/10/2026 à 03:50

par Miranda Murray

Un ancien officier de l'armée ukrainienne, accusé d'avoir participé aux explosions survenues en 2022 sur le gazoduc Nord Stream, doit comparaître mercredi devant un tribunal allemand.

Le suspect, identifié uniquement sous le nom de Serhii K., est accusé d'avoir dirigé un groupe d'agents ukrainiens - dont des plongeurs et un expert en explosifs - afin de mener l'une des plus grandes opérations de sabotage d'infrastructures de l'époque moderne.

Cette comparution va permettre d'entendre publiquement, pour la première fois, les éléments de preuve recueillis au cours de l'enquête.

Les procureurs ont affirmé que Serhii K., arrêté l'année dernière en Italie en vertu d'un mandat d'arrêt international, avait, avec d'autres militaires, planifié cette opération clandestine pour le compte d'entités étatiques ukrainiennes.

Serhii K. a nié toute implication dans les explosions qui ont endommagé le gazoduc de la mer Baltique.

Le gouvernement ukrainien a également nié toute implication dans l'incident, qui constitue un point sensible dans les relations entre Kyiv et Berlin.

Le gouvernement russe a déclaré lundi qu'il s'attendait à un "verdict juste" qui verrait les noms des auteurs et de ceux qui ont ordonné l'opération être révélés.

Les procureurs allemands affirment que les actes dont Serhii K. est accusé — attaquer des cibles civiles et provoquer des explosions qui ont détruit des infrastructures et endommagé des services publics — constitueraient un crime de guerre.

Serhii K. comparaîtra seul mercredi. Un deuxième suspect, un ressortissant ukrainien identifié uniquement sous le nom de Vladimir Z., a été arrêté en Croatie au mois d'août et sera extradé vers l'Allemagne.

Les explosions ont endommagé le gazoduc Nord Stream 1, une voie vitale pour les exportations de gaz russe vers l'Europe, ainsi que la branche Nord Stream 2, qui n'était pas encore mise en service.

Au moment de l'attaque présumée, Moscou venait de suspendre les livraisons de gaz via Nord Stream 1, invoquant les sanctions occidentales et des problèmes techniques, bien que l'Europe l'ait accusée d'utiliser l'approvisionnement énergétique comme une arme.

(Rédigé par James Mackenzie; version française Camille Raynaud)