UE-Meta sommé de modifier les fonctions addictves d'Instagram et Facebook information fournie par Reuters 10/07/2026 à 13:33
* Instagram et Facebook accusés d'avoir enfreint la loi sur le DSA
* Meta conteste les accusations de la Commission européenne
* Meta doit renoncer aux outils créant une dépendance - Commission
par Foo Yun Chee
Les réseaux sociaux Instagram et Facebook de Meta Platforms META.O enfreignent la réglementation européenne sur les technologies avec notamment des fonctionnalités jugées addictives, a déclaré vendredi la Commission européenne, qui enjoint le groupe américain à modifier ses pratiques, sous peine d'amendes.
L'exécutif européen reproche au géant des réseaux sociaux, au terme d'une enquête de deux ans portant sur le respect de la loi sur le Digital Services Act (DSA), d'avoir conçu des outils pour "accrocher" les utilisateurs sur ses plateformes avec notamment la lecture automatique de contenus, le défilement à l'infini des pages, ou encore les recommandations ultra personnalisées.
La Commission estime que Meta n'a pas évalué de manière adéquate les risques de dépendance posés par ces fonctionnalités qui alimentent en permanence les utilisateurs en nouveaux contenus et encouragent une utilisation prolongée.
Elle note par exemple que les "reels" et les "stories" sur Facebook et Instagram peuvent contribuer à une utilisation excessive ou compulsive.
La Commission juge que les mesures prises par Meta pour atténuer ces risques sont insuffisants, notant que les outils de gestion du temps passé sur les réseaux sociaux peuvent être facilement ignorés, tandis que les contrôles parentaux nécessitent beaucoup de temps, d'efforts et de connaissances techniques pour être utilisés efficacement.
Pour l'exécutif européen, Meta devrait désactiver par défaut des fonctionnalités comme la lecture automatique et le défilement à l'infini des pages, mettre en place des pauses efficaces dans le temps d'écran et rendre son système de recommandations moins tourné vers une demande d'engagement de la part de l'utilisateur.
"Nous ne sommes pas d'accord avec ces conclusions préliminaires, qui ne tiennent pas suffisamment compte des mesures importantes que nous avons prises pour protéger les adolescents", a reagi Ben Walters, porte-parole de Meta.
"Depuis le début de cette enquête, nous avons lancé les comptes pour adolescents, qui protègent automatiquement ces derniers et donnent le contrôle aux parents, leur permettant de bloquer l'accès à Instagram la nuit et de limiter le temps d'écran quotidien à seulement 15 minutes", a-t-il ajouté.
Meta a souligné qu'il continuerait à collaborer de manière constructive avec les autorités de régulation de l'UE.
"Notre point de départ est que, d'après nos conclusions, cette conception est trop addictive et que des changements doivent être apportés", a déclaré à Reuters Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée de la Souveraineté technologique, de la Sécurité et de la Démocratie.
"La prochaine étape consistera soit en une modification de la conception (de ces outils) par Meta, soit en une décision de non-conformité", a-t-elle prévenu.
Meta, qui risque une amende pouvant atteindre 6% de son chiffre d'affaires annuel mondial, peut répondre à ces accusations avant que la Commission ne rende sa décision définitive dans les mois à venir.
(Reportage Foo Yun Chee, avec la contribition d'Essi Lehto à Helsinki; version française Claude Chendjou, édité par Benoit Van Overstraeten)