UBS: La ministre suisse des Finances regrette l'assouplissement des règles en matière de fonds propres
information fournie par Reuters 01/09/2026 à 14:11

PHOTO D'ARCHIVES : Le logo de la banque suisse UBS est visible à Zurich.

La ministre suisse ‌des Finances, Karin Keller-Sutter, a regretté mardi la décision prise la veille ​par une commission parlementaire d'assouplir le projet du gouvernement visant à imposer à UBS des exigences de fonds propres plus strictes, après l'effondrement de Credit ​Suisse en 2023.

S'exprimant devant la presse à Bâle, Karin Keller-Sutter a déclaré que cette décision ne ​correspondait pas à la volonté du gouvernement.

"Cela ⁠n'améliore pas la situation, bien au contraire", a-t-elle dit, ajoutant que ‌des experts de la Banque nationale suisse et de l'Autorité de surveillance des marchés financiers estimaient que la proposition de ​la commission créait une ‌incertitude juridique et était difficile à mettre en œuvre.

UBS a ⁠repris Credit Suisse après la chute de son rival historique et Karin Keller-Sutter plaide depuis pour un durcissement de la réglementation afin de protéger ⁠les contribuables et réduire ‌le risque d'une nouvelle crise bancaire.

Dans un revers pour le ⁠gouvernement, la commission a proposé qu'UBS ne couvre que 50% de ‌la valeur comptable de ses filiales étrangères en Suisse en ⁠fonds propres de première catégorie (CET1), alors que Berne souhait qu'elle ⁠en couvre l'intégralité.

Selon ‌cette proposition, UBS pourrait maintenir ses fonds propres CET1 à un niveau proche ​de l'actuel et serait autorisé à ‌recourir à des fonds propres de première catégorie supplémentaires (AT1), moins coûteux, pour couvrir ses filiales étrangères.

La ​commission était divisée sur le sujet, certains de ses membres étant bien plus proches de la position du gouvernement, selon Karin Keller-Sutter.

Le ⁠projet doit encore être soumis au vote de la chambre haute avant d'être examiné par la chambre basse, où UBS pourrait se heurter à un accueil plus hostile.

La ministre a également déclaré qu'il était possible que les nouvelles règles soient à terme soumises à référendum.

(Marleen Kaesebier, version française par Aleksandra Kret, ​édité par Augustin Turpin)