1er août (Reuters) - Uber Technologies, le géant américain
des VTC, va céder ses activités chinoises à son concurrent local
Didi Chuxing et se contenter d'une participation minoritaire
dans le nouvel ensemble, le tout dans le cadre d'un accord à 35
milliards de dollars (31 milliards d'euros), a-t-on appris lundi
de source proche du dossier.
Didi a confirmé l'accord via un message sur internet mais
sans donner de chiffre.
Le montant de 35 milliards de dollars correspond à la
valorisation de 28 milliards de Didi ajoutée aux sept milliards
d'Uber China, selon la source.
Uber, basé à San Francisco, aura une participation de 5,89%
dans Didi mais des "intérêts économiques" évalués à 17,7% de
l'ensemble, plus 2,3% pour les actionnaires de sa filiale
chinoise.
"Bien desservir les villes chinoises, et servir les
conducteurs qui y habitent, n'est possible qu'en étant rentable.
Cette fusion va nous permettre d'embarquer avec Didi pour une
mission énorme et elle libère d'importantes ressources pour des
initiatives audacieuses comme les technologies de conduite
autonome ou la logistique du futur", a déclaré dans un message à
son personnel Travis Kalanick, le directeur général d'Uber, qui
aura un siège au conseil d'administration de Didi.
Uber, a-t-il dit, est présent dans plus de 60 villes en
Chine où il sert plus de 40 millions de clients chaque semaine.
Le marché chinois n'en est pas moins compliqué pour le
groupe américain, qui brûle du cash dans une guerre des prix
avec Didi alors qu'il gagne de l'argent aux Etats-Unis, au
Canada et dans une centaine d'autres villes.
"C'est complètement logique. Uber était engagé dans une
course impossible face à Didi qui est plus gros et dispose d'un
meilleur maillage du territoire", déclare Richard Ji,
cofondateur de All-Stars Investment à Hong Kong et actionnaire
de Didi.
"L'issue est favorable pour les deux groupes qui vont
pouvoir réduire leurs coûts. La nouvelle entité, en tant
qu'acteur dominant des voitures de transport avec chauffeur,
aura plus de pouvoir pour fixer ses prix et pourra ainsi devenir
rentable."
L'accord prévoit aussi que Didi investisse un milliard de
dollars dans Uber.
Didi, né l'an dernier du rapprochement de deux firmes
soutenues respectivement par le groupe de commerce en ligne
Alibaba Group BABA.N et le réseau social Tencent 0700.HK , a
déjà investi 100 millions de dollars dans Lyft, le principal
rival d'Uber aux Etats-Unis, avec qui il a un accord d'alliance.
Il a aussi noué des accords en Inde avec Ola et en Asie du
Sud-Est avec Grab. Dans son message sur internet, Didi fait part
de son souhait de se renforcer encore à l'international en
pénétrant des marchés comme Hong Kong, Taiwan, Macao, le Japon,
la Corée du Sud, l'Europe et la Russie.
Apple AAPL.O a récemment effectué un rare investissement
d'un milliard de dollars dans Didi.
La Chine a publié la semaine dernière un cadre réglementaire
que le secteur des VTC attendait depuis longtemps, levant ainsi
les dernières incertitudes pour des sociétés comme Uber et Didi.
(Heather Somerville à San Francisco et Denny Thomas à Hong
Kong, avec Rama Venkat Raman à Bangalore, Jake Spring à Pékin et
Jeremy Wagstaff à Singapour ; Véronique Tison pour le service
français)