Trump tend la main à Moscou et le pétrole lui tourne le dos, les Bourses atones
information fournie par Zonebourse 13/10/2026 à 17:57

Après un début de séance dans le vert, les principales places boursières européennes se sont essoufflées à mesure que la séance avançait. Au gong final, Londres recule de 0,07%, tout comme Paris (-0,07%, à 7 826 points). Le DAX recule à peine davantage, à -0,1%. Alors que le coup d'envoi de la saison des résultats a résonné outre-Atlantique, les marchés doivent toujours composer avec des rendements obligataires élevés et un pétrole qui reste haut perché.

Le pari trumpien d'un rapprochement avec Moscou pour faire reculer le prix à la pompe n'a toujours aucun effet palpable sur les cours de l'or noir. Ceux-ci culminent ainsi toujours à des niveaux élevés, avec un Brent proche des 106 USD le baril (stable) et un WTI à 94 USD ( 1,1%).

Le Républicain, qui a largement fait campagne sur le thème du pouvoir d'achat, sent la pression monter à quelques semaines des élections de mi-mandat, alors que les sondages donnent son camp perdant. Mais Trump est prêt à tout, il a beau avoir imposé des restrictions sur les exportations d'hydrocarbures russes, il ne voit aucun problème à signer un accord avec Moscou autour du diesel avec Moscou. Et assume pleinement sa volte-face. "L'Union européenne a versé 250 milliards de dollars à la Russie pour de l'énergie, et les médias [...] ne veulent pas aborder ce sujet. J'ai fait le bon choix pour le peuple américain : TOUJOURS L'AMÉRIQUE D'ABORD !", s'est-il justifié sur son réseau favori, Truth Social.

Pour Salamandre & Auris Gestion, l'annonce relève surtout d'une mise en scène politique, où l'effet d'affichage dépasse largement celui des volumes annoncés. "Elle intervient aussi dans le prolongement du choc pétrolier provoqué par la guerre avec l'Iran : début octobre, les flux de brut à travers Ormuz ne représentaient plus que 74% de leur niveau d'avant-guerre selon Kpler", indique Sébastien Grasset, le directeur général.

Malgré les effets d'annonce du locataire de la Maison-Blanche, les analystes de Panmure Liberum restent sceptiques quant à une détente rapide des prix : "En l'absence de perspective claire de paix, nous n'envisageons pas de normalisation de l'offre avant la mi-2027", indiquent-ils. Pire, ils relèvent même leurs prévisions de prix pour le pétrole et le gaz et estiment que cette nouvelle trajectoire présente un potentiel de hausse si le conflit devait se prolonger bien au-delà de 2027.

Les marchés grincent des dents

Dans ces conditions, le CAC s'est retrouvé plombé par STMicro (-3,8%), mais aussi par les valeurs du luxe qui reculent après les résultats décevants de LVMH dans la mode et la maroquinerie.Ainsi Hermès recule de 1,95% tandis que Kering abandonne 1,45%.

En tête de l'indice, Pernod Ricard, Capgemini et Publicis s'adjugent respectivement 4,9%, 3,42% et 2,24%, sans parvenir toutefois à faire basculer l'indice dans le vert.

Il faut dire que l'indice parisien doit aussi composer avec des rendements obligataires élevés. Le rendement de l'OAT française à 10 ans gravite autour de 4,84%, soit un écart de 138 points de base avec son homologue allemand. Une pression supplémentaire pour les actions, alors que les perspectives d'assouplissement monétaire restent tributaires de l'évolution de l'inflation.

Quelques statistiques & beaucoup de résultats

Sur le front des statistiques, la séance a été plutôt calme. En Allemagne, l'indice des prix à la consommation a augmenté de 0,6% le mois dernier, portant la hausse en rythme annuel à 3,3%, des données conformes aux prévisions des analystes.

Par ailleurs, les ventes de logements existants aux Etats-Unis ont atteint 3,99 millions en rythme annualisé en septembre, contre 3,95 millions attendus par le consensus et 3,93 millions en août.

Outre-Atlantique, la séance a surtout été marquée par le coup d'envoi de la saison des résultats. J&J est pour l'instant en difficulté à Wall Street (-4,6%) après avoir dévoilé une forte baisse de son bénéfice net au troisième trimestre 2026, celui-ci étant plombé par une charge exceptionnelle liée au litige sur le talc et par des opérations de croissance externe. De son côté, UnitedHealth est stable malgré un BPA ajusté meilleur que prévu et des prévisions revues à la hausse.

Les publications bancaires suscitent, elles aussi, des réactions contrastées. Wells Fargo recule de 1,3% après des résultats globalement en ligne avec les attentes, dans un environnement où la remontée des taux, le pétrole et l'inflation continuent d'alimenter les inquiétudes. De son côté, Citigroup abandonne 3,3%, pénalisée par le ralentissement de certaines activités, dans un contexte de volatilité des marchés.

A l'inverse, JPMorgan fait preuve de résistance ( 1%), soutenue par la bonne performance de ses activités de marché et de banque d'investissement, tandis que Goldman Sachs s'adjuge 1,4% après avoir dépassé les attentes. Ces performances témoignent d'une saison des résultats pour le moment contrastée, sur fond d'incertitudes macroéconomiques persistantes.

Les entreprises européennes à la manoeuvre

Dans l'Hexagone, TotalEnergies ( 1,1%) a annoncé que la libération des stocks stratégiques de diesel, décidée par le gouvernement mercredi dernier, ferait baisser ses prix à la pompe d'environ 10 centimes d'euro par litre de diesel routier, du 1er novembre 2026 au 31 janvier 2027.

Publicis Groupe ( 2,2%) affiche un revenu net de 3 808 millions d'euros au troisième trimestre 2026, en hausse de 7,9% sur un an, avec une croissance organique de 5%, en accélération par rapport au premier semestre.

Ailleurs en Europe, CSG (-3,5%) se positionne dans le spatial avec l'acquisition d'une participation de 9,5% dans MDA Space, spécialiste canadien des technologies spatiales coté à Toronto et à New York. Cette opération fait de CSG le premier actionnaire de la société.

Equinor ( 1,6%) et le néerlandais Eneco ont signé un accord de cinq ans pour des livraisons de gaz naturel. Le contrat porte sur environ 9 TWh de gaz naturel par an (soit approximativement 900 millions de mètres cubes) injectés dans le réseau gazier néerlandais, avec un début des livraisons fixé au 1er octobre 2026.

Après un gain de 3,03% en deux séances, le titre Porsche AG cède du terrain à Francfort (-2%). Ce repli intervient alors même que Deutsche Bank se montre plutôt optimiste après la journée des investisseurs du constructeur automobile.

Enfin, Diageo s'affiche en belle hausse à la Bourse de Londres ( 2,2%) et pourrait enchaîner une sixième séance consécutive de hausse. Le spécialiste mondial des boissons alcoolisées a dévoilé ses objectifs annuels et un "aide-mémoire" sur les tendances de son premier trimestre 2026-2027, clos le 30 septembre dernier.