Trump reporte sa visite en Chine, désormais attendue sous 5 à 6 semaines
information fournie par Reuters 17/03/2026 à 18:25

par Trevor Hunnicutt

Donald Trump a annoncé mardi qu'il reportait sa visite très attendue en Chine pour y rencontrer son homologue Xi Jinping, initialement prévue à la fin du mois, une décision qui intervient dans un contexte de guerre avec l'Iran et ralentit les efforts pour apaiser les tensions entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales.

"Nous reprogrammons la réunion (...). Nous travaillons avec la Chine. Cela leur va", a déclaré le président américain aux journalistes dans le Bureau ovale, confirmant une hypothèse que des représentants de son administration et lui-même avaient évoquée ces derniers jours.

Initialement prévue du 31 mars au 2 avril, cette visite officielle à Pékin pour un sommet avec Xi Jinping devrait désormais avoir lieu dans cinq à six semaines environ, a ajouté Donald Trump, dont il s'agirait du premier déplacement en Chine depuis le début de son second mandat en janvier 2025.

L'ambassade de Chine à Washington n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire.

Pékin a pour habitude de ne pas annoncer officiellement de date pour de telles visites, ni ne communique longtemps à l'avance l'agenda de Xi Jinping.

Alors que se dessinait la perspective d'un report du sommet Trump-Xi, des analystes ont souligné qu'une telle démarche laisserait planer une ombre sur la refonte des relations bilatérales entre les deux puissances mondiales.

Cette décision vient alimenter l'incertitude à la fois pour les marchés financiers et sur le plan diplomatique, dans un contexte de guerre au Moyen-Orient qui a fait grimper les prix du pétrole, menacé le fret maritime via le détroit d'Ormuz et incité les investisseurs à s'intéresser encore davantage à la sécurité énergétique.

Bien que des délégations américaine et chinoise aient mené le week-end dernier à Paris un cycle de négociations commerciales, décrites comme "remarquablement stables" par des sources informées de la question, le report de la visite de Donald Trump va ralentir les efforts pour apaiser les tensions sino-américaines à propos de Taïwan, des droits de douane, des terres rares ou encore de l'agriculture et des semiconducteurs.

La guerre avec l'Iran, déclenchée par les bombardements des Etats-Unis et d'Israël le 28 février, focalise l'attention de l'administration américaine dans son ensemble.

Il semblait de plus en plus inopportun d'organiser une visite d'Etat fastueuse de Donald Trump en Chine au moment même où l'économie américaine est secouée par les répercussions du conflit et alors que les corps des soldats américains tués au Moyen-Orient viennent d'être rapatriés, a déclaré une source informée des préparatifs entre Washington et Pékin.

Donald Trump avait suggéré récemment qu'il serait propice que Pékin aide à garantir la circulation dans le détroit d'Ormuz, voie cruciale par laquelle transite habituellement 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, déclarant que la Chine était de loin le principal importateur de pétrole iranien.

Le gouvernement chinois n'a pas répondu directement à la demande du président américain, tandis que des alliés occidentaux de Washington ont déclaré qu'ils n'entendaient pas pour l'heure envoyer des bâtiments de guerre pour contribuer à débloquer le détroit d'Ormuz. La cheffe de la diplomatie européenne a dit ainsi mardi que l'Union européenne cherchait une solution diplomatique sur cette question.

(Trevor Hunnicutt et Steve Holland; version française Jean Terzian, édité par Sophie Louet)