Trump et Rodriguez ont discuté de la restructuration de la dette du Venezuela - Rubio information fournie par Reuters 23/09/2026 à 18:42
(Actualisé tout du long avec commentaires de Rubio, Rodriguez, précisions)
Le président américain Donald Trump et la présidente vénézuélienne par intérim Delcy Rodriguez ont discuté de la restructuration de la dette souveraine massive de Caracas lors de leur rencontre en marge de l'Assemblée générale de l'Onu, a déclaré mercredi le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio.
Delcy Rodriguez effectue à l'occasion de l'Assemblée générale de l'Onu sa première visite aux Etats-Unis depuis que Donald Trump a ordonné en janvier dernier la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro, dont Rodriguez était alors la vice-présidente. Elle devait prononcer mercredi après-midi un discours à la tribune des Nations unies.
S'exprimant à New York devant les journalistes, Marco Rubio a qualifié la rencontre entre Donald Trump et Delcy Rodriguez, mardi soir, en marge de l'Assemblée générale, comme courte mais "importante".
"Beaucoup de choses doivent être réparées pour que le Venezuela puisse réussir", a-t-il déclaré. "La restructuration de la dette en est une clé", a-t-il ajouté, décrivant la dette de Caracas comme "probablement la plus lourde au monde ayant besoin d'être restructurée".
Le gouvernement vénézuélien et le groupe pétrolier public Petroleos de Venezuela PDVSA.UL disposent d'environ 60 milliards de dollars d'obligations qui sont en défaut, un montant que des analystes estiment toutefois à plus de 150 milliards de dollars en prenant en compte les intérêts et d'autres pénalités.
Deux sources proches de la délégation du Venezuela s'étant déplacée aux Nations unies, qui comprend notamment le ministre du Pétrole et des responsables de PDVSA, ont déclaré à Reuters que Caracas était désireux de faire apparaître le pays d'Amérique latine comme "investissable".
Via la messagerie Telegram, Delcy Rodriguez a décrit sa rencontre avec Donald Trump comme un pas historique vers un renforcement des liens entre le Venezuela et les Etats-Unis dans les secteurs énergétique, minier et sécuritaire.
Les deux pays "partagent une relation historique que nous voulons, dans cette nouvelle phase, piloter grâce au dialogue", a-t-elle écrit. Caracas veut mener une diplomatie destinée à obtenir des "résultats concrets et des gains collectifs" pour la population vénézuélienne, a ajouté la dirigeante.
DES MANIFESTANTS DEMANDENT DES ÉLECTIONS LIBRES
Un responsable de la Maison blanche a rapporté que Marco Rubio, Scott Bessent, la secrétaire générale de présidence américaine, Susie Wiles, et le secrétaire général adjoint de la Maison blanche, Stephen Miller, ont assisté à la réunion entre Donald Trump et Delcy Rodriguez.
Des détracteurs reprochent à Washington d'avoir tenu à l'écart la cheffe de file de l'opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado, et d'avoir abandonné toute exigence de la tenue d'élections libres au profit de la signature de contrats pétroliers et d'investissements avec l'administration intérimaire à Caracas.
Selon ses équipes, Maria Corina Machado, qui vit en exil depuis la fin d'année dernière, a tenté à trois reprises de rentrer au Venezuela ces dernières heures, par voie maritime et par voie aérienne, en vain.
Un groupe restreint de contestataires s'est rassemblé à New York pour appeler à la tenue d'élections au Venezuela.
Au cours de son discours à la tribune des Nations unies, mardi matin, Donald Trump a qualifié Nicolas Maduro de "dictateur hors-la-loi" et revendiqué que des centaines de prisonniers politiques ont été libérés depuis sa capture.
L'opération menée par l'armée américaine à Caracas en janvier dernier est la preuve que les Etats-Unis protégeront leurs intérêts dans l'Hémisphère Ouest, a dit le président américain.
"Le butin revient au vainqueur", a-t-il ajouté devant l'Assemblée générale, décrivant l'accord pétrolier signé en août par Washington avec Caracas comme "peut-être le plus grand accord jamais conclu".
Donald Trump a exprimé par le passé son souhait que 100 milliards de dollars d'investissements soient injectés dans l'industrie pétrolière vénézuélienne.
(Luc Cohen et Marianna Parraga, avec la contribution de Simon Lewis à New York, Katharine Jackson et Daphne Psaledakis à Washington; version française Camille Raynaud et Jean Terzian)