Trump en campagne sur des terres républicaines avant des élections à haut risque
information fournie par AFP 20/10/2026 à 11:28

Donald Trump en campagne le 19 octobre 2026 à Wichita, dans le Kansas, avant les élections législatives américaines ( AFP / Kent NISHIMURA )

À deux semaines des élections de mi-mandat, Donald Trump poursuit une campagne éclair en faveur de ses poulains républicains dans des États remportés à la présidentielle de 2024, où ses adversaires démocrates espèrent la victoire le 3 novembre.

Le président américain use de tout son poids pour faire pencher la balance en faveur de son parti, menacé de perdre la majorité à la Chambre des représentants, voire au Sénat.

Au lendemain du Kansas, direction la Caroline du Nord mardi. Suivront la Caroline du Sud mercredi, l'Iowa jeudi, la Floride vendredi avant la Géorgie et le Michigan au cours du week-end. Un programme chargé pour le milliardaire octogénaire.

"Quoi que vous fassiez, allez voter" : dans le Kansas lundi, Donald Trump a exhorté ses partisans à se rendre aux urnes.

"Tout ce que vous avez à faire, c'est vous déplacer. Si vous vous déplacez, nous gagnons", a-t-il martelé à la foule venue l'écouter à Wichita, principale ville de l'État.

Le parcours de la tournée n'est pas anodin : même dans des États habituellement ancrés à droite, les mauvais sondages s'accumulent pour les candidats républicains.

Dans le Kansas, par exemple, une enquête YouGov récente donne trois points d'avance au démocrate Adam Hamilton, pasteur d'une méga-église, sur le sénateur sortant, le républicain Roger Marshall.

À la présidentielle de 2024, Donald Trump avait emporté l'État avec 16 points d'avance.

Kim Klein, metteuse en scène de théâtre, est venue au meeting de Wichita avec sa soeur. Comme plusieurs centaines d'autres personnes, les deux supportrices n'ont pas pu rentrer en raison de l'affluence.

"Les gens doivent aller voter (...) Les conservateurs doivent quitter leur canapé !", dit-elle, casquette "Make America Great Again" vissée sur la tête.

Interrogée sur la hausse des prix, contre laquelle le républicain avait promis de lutter lors de sa campagne, cette sexagénaire répond que le président "a besoin de temps. Ça ne fait que deux ans. Ce genre de chose prend du temps".

"Opération de sauvetage"

État du centre du pays, le Kansas n'a pas élu de sénateur démocrate depuis les années 1930, mais l'espoir de le voir basculer à gauche renaît chez les démocrates.

La venue de Donald Trump peut être vue comme un signe de l'urgence ressentie dans le camp républicain à l'approche du scrutin.

Le sénateur républicain Roger Marshall écoute le vice-président américain JD Vance lors d'un événement dans une usine d'Olathe, au Kansas, le 14 septembre 2026 ( POOL / Mark Schiefelbein )

Et les flux d'argent semblent le souligner.

L'organisation républicaine Senate Leadership Fund a ainsi décidé de financer une nouvelle campagne de publicité dans le Kansas, selon la firme spécialisée AdImpact, obligeant à annuler celle prévue en Caroline du Nord.

Dans cet État du sud-est remporté trois fois par Donald Trump, les sondages sont tellement unanimes à donner une victoire du démocrate Roy Cooper que les républicains ont décidé de cesser en grande partie leurs efforts pour conserver le siège afin de mieux les consacrer ailleurs.

Le Center for Politics de l'université de Virginie souligne dans une note récente qu'"une véritable opération de sauvetage semble avoir été entreprise par les républicains pour Marshall", leur candidat dans le Kansas. Les auteurs disent cependant demeurer "sceptiques" quant à la perspective d'une victoire démocrate dans l'État.

Pour reprendre la majorité au Sénat, les démocrates n'auront à gagner que quatre sièges actuellement tenus par les républicains. Outre la Caroline du Nord, ils visent particulièrement le Maine, l'Alaska, l'Ohio, et même le Texas.

Mécontentement

Ces espoirs d'une "vague bleue" reposent en grande partie sur l'impopularité historique à laquelle est confronté Donald Trump.

Car si les élections de mi-mandat sont traditionnellement défavorables au parti qui occupe la Maison Blanche, les sondages montrent que le milliardaire républicain pourrait être confronté à un vote sanction inédit depuis longtemps.

Une manifestation "No Kings" contre Donald Trump devant la mairie de Los Angeles, en Californie, le 17 octobre 2026 ( AFP / David Swanson )

Sa cote de popularité auprès des Américains n'est qu'à 33 %, au plus bas depuis son retour au pouvoir, selon une enquête Ipsos pour le Washington Post et ABC News publiée dimanche.

Pour expliquer leur mécontentement, les électeurs interrogés donnent une raison majeure : le coût de la vie.

Alors qu'il avait fait campagne en 2024 en promettant de faire baisser l'inflation, le républicain a échoué de manière patente. La situation a même empiré avec sa politique de droits de douane et la guerre déclenchée contre l'Iran aux côtés d'Israël.