Trump durcit le ton face à l'Iran, ambiance morose en Europe
information fournie par Zonebourse 11/05/2026 à 12:04

Le regain de tensions entre Washington et Téhéran ravive les craintes sur l'approvisionnement mondial en pétrole. Les investisseurs se montrent prudents, à la veille de la publication des chiffres de l'inflation outre-Atlantique. A mi-séance, Paris recule de 0,77%, à 8050 points, mais est affecté par le détachement des dividendes de Schneider Electric, AXA et Veolia qui pèse mécaniquement sur ces titres. De son côté Francfort est quasi-stable, tandis que Londres grapille 0,15%.

"Voilà 47 ans que les Iraniens nous font languir, nous tiennent en haleine, tuent nos concitoyens avec leurs bombes artisanales, répriment les manifestations (...) tout en se moquant de notre pays désormais GRAND. Mais ils ne riront plus !". Le message publié par Donald Trump au cours de la nuit donne le ton : les négociations entre Washington et Téhéran sont au point mort et la Maison-Blanche s'impatiente.

Les espoirs, déjà maigres, d'une réouverture rapide du détroit d'Ormuz s'éloignent donc encore un peu et les données de suivi maritime sont formelles : seuls trois navires sont parvenus à se faufiler dans le passage au cours des 24 dernières heures.
Conséquence : le baril de Brent a franchi les 105 USD et le WTI frôle désormais les 99 USD.

Au regard de la situation, les analystes de chez Bernstein relèvent ce matin leur prévision sur le Brent de 80 à 90 USD pour 2026 et de 70 à 78 USD pour 2027. Le cabinet évoque un marché physique "nettement plus tendu" avec plus d'un milliard de barils retirés du marché en raison des perturbations d'approvisionnement et des prélèvements sur les stocks.

Le scénario central de Bernstein repose sur une fin du conflit avant juin, avec une normalisation progressive des flux au troisième trimestre. Le broker souligne également que ses prévisions restent supérieures au consensus de marché et à la courbe actuelle des prix à terme, les investisseurs sous-estimant selon lui la persistance des contraintes d'offre et des coûts marginaux élevés.

Les valeurs en mouvement

Dans ce contexte tendu, l'indice parisien recule de 0,77% ce matin, plombé par LVMH (-3,11%), Renault (-2,83%) et Hermès (-1,87%) et par les détachements de dividendes de Schneider Electric, AXA et Veolia.

Ailleurs en Europe, Hannover recule de 3,2%, pénalisé par l'érosion des tarifs dans le segment dommages (IARD).
IAG progresse de son côté de 4% après le rachat de l'intégralité de ses obligations convertibles de premier rang non assorties de sûretés en circulation, d'un montant de 825 MEUR, assorties d'un coupon de 1,125%.

Novo Nordisk gagne 3,5%, soutenu par une note de SB1 Markets qui relève son objectif de cours sur le géant pharmaceutique de 280 à 350 DKK. La banque nordique réitère par ailleurs sa recommandation d'achat sur le titre.

Enfin, Compass avance de 1,4% vers 30,20 USD, porté par une publication solide au titre de son 1er semestre 2025-2026, qui conduit le groupe à relever ses objectifs pour l'ensemble de l'exercice.

"La renaissance européenne a du plomb dans l'aile. Les indices européens font grise mine, tandis que les marchés américains enchaînent les séances dans le vert", analyse ce matin Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.

Selon lui, cette divergence entre marchés US et européens s'explique principalement par les annonces de rachats d'actions des entreprises du S&P 500, qui ont dépassé 500 milliards de dollars au cours des trois derniers mois. "C'est une véritable force de rappel pour les indices américains. Dans ce contexte, difficile pour les indices européens de rivaliser", souligne-t-il.

Chez UBS, on estime par ailleurs que le plan de relance budgétaire allemand dans la défense et les infrastructures constituera "un thème clé des perspectives européennes". Selon les analystes, ce plan devrait soutenir la croissance du PIB allemand d'environ 60 points de base en 2026 comme en 2027, une contribution qui ne devrait pas être affectée par le choc énergétique.

"En réalité, notre nouvelle prévision de croissance du PIB de 0,6% cette année repose essentiellement sur le levier budgétaire (nous prévoyons 1,5% en 2027)", souligne la banque.

Agenda allégé avant l'inflation US

Sur le front des statistiques, l'actualité reste relativement légère en ce début de semaine avec seulement les ventes de logements attendues à 16h aux Etats-Unis. Les investisseurs attendront surtout demain la publication des très attendus chiffres de l'inflation américaine, déterminants pour les anticipations de politique monétaire de la Fed. Le consensus table sur 3,7% pour l'inflation globale et 2,7% pour l'inflation sous-jacente.

En attendant, l'euro reste stable face au billet vert, autour des 1,177 USD.